In Situ

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16/20
Nom du groupe Maudits (FRA-1)
Nom de l'album In Situ
Type Album
Date de parution 07 Novembre 2025
Labels Klonosphere
Style MusicalDoom Mélodique
Membres possèdant cet album4

Tracklist

1.
 Leftovers
 04:42
2.
 Fall Over
 08:04
3.
 In Situ
 02:31
4.
 Roads (ft. Mayline Gautié)
 05:13
5.
 Précipice Part III
 09:17
6.
 Carré d'As (ft. “l'Amiral”)
 06:39
7.
 Lev-Ken
 08:19

Durée totale : 44:45

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Maudits (FRA-1)


Chronique @ JeanEdernDesecrator

07 Novembre 2025

Un album de transition et de bifurcations

Les chemins de la création sont parfois semés d'embûches, mais il se trouve que pour Maudits, à peine leur précédent long format "Précipice" paru, la source coulait encore, et bifurquait déjà dans d'autres directions...
Quelques changements sont arrivés depuis, le trio constitué de O (Olivier Dubuc (guitare, échos), E (Erwann Lombard, basse, échos, et C (Christophe Hiegel, batterie, Beats, samples) est devenu quatuor, avec l'intégration officielle de R ( Raphaël Verguin, violoncelle). Enfin, le groupe est passé de Source Atone Records à Klonosphere, chez qui "In Situ" est sorti, le 7 novembre 2025.

Un mélange d'ambiances fait office d'introduction dans la première minute de "Leftovers", un pattern de batterie presque jazzy, boisé, et des synthés cyber façon Blade Runner. Je vois presque les façades froides des immeubles, et les entrées délabrées des entrailles d'une ville. C'est en effet ce qui est illustré par le titre de l'album, "In Situ", l'artwork-montage noir et blanc, ou encore sur le visuel du single "Fall Over". Gris-beton, noir, blanc. Dès qu'il arrive, le son de batterie me percute (elle est facile, celle-là, je la garde quand même), avec cette caisse claire nette, définie à l'infini, ce charley qui danse patiemment autour , et un kick profond, ancré dans le sol. Le morceau suit une lente évolution, comme une aggravation après l'arrivée des guitares, malgré sa durée, relativement courte quand on connaît l'appétence de ces Parisiens pour les plages toutes en longueur.

Puisque ce sont des instrumentaux historiquement chez Maudits, et pour la plus grande part ici, c'est la musique qui change les panoramas, les angles de vue et de descriptions sans voix humaine,... pour l'instant. Cela rend presque palpable le sentiment, non pas de mort et de destruction, mais plutôt d'absence, pendant que le monde existe encore. On entend des oiseaux derrière la guitare acoustique qui s'égare dans des notes touchantes sur la courte piste éponyme "In Situ" ; le morceau à pour ainsi dire été pris sur le vif, et son ambiance est tout simplement la vie, calme et paisible. Si Maudits reste souvent mélancolique et évanescent, il se plombe à certains moments de guitares vraiment lourdes (ouch, les riffs de la deuxième moitié de "Fall Over" !).
Il y a un retour à l'album précédent, avec "Précipice Part III" , qui m'a téléporté au jour où j'avais fait ma première écoute de "Précipice", ce qui fait une drôle d'impression. Celle de ne plus être "In Situ", du coup, ou que "In Situ" se... situe en fait dans un univers plus vaste raconté sur plusieurs albums.
Les sons et les textures des guitares sont très travaillés, et mis en scène avec de nombreux effets bien dosés. Le violoncelle est présent dans les compositions, et particulièrement sur le dernier morceau "Lev-ken", et c'est comme si les autres instruments, surtout la basse et la guitare s'écartaient pour faire de l'espace à la finesse des mélodies de Raphaël Verguin. La vie et l'espoir refleurissent sur la fin de l'opus.

Pour un projet instrumental, la tentation d'intégrer un jour du chant est légitime ; elle ne s'est pas faite comme on s'y attendrait avec des cris, des screams ou des growls. On a une double surprise, à des extrêmes opposés. Sur la quatrième piste "Roads", une reprise de Portishead, c'est une véritable chanson, une ballade avec de douces notes de guitare, la voix soyeuse de Mayline Gautier (Lûn), et des nuages de violons. En fin de compte, je trouve que cette vibe très humaine aurait été mieux placée en fin d'album, car elle m'a un peu sorti du tableau peint dans le premier quart d'heure. Le chant fait encore une incursion, une intrusion, sur un flow d'Olivier Lacroix (Erlen Meyer, Novembre, Gallion) qui rappe en français : "Carré d'As". La musique commence en beat urbain minimal avec quelques notes et harmoniques dissonantes de guitare, mais le morceau de mue en tonnerre metal avant de finir dans une quiétude de notes de rosée matinale. Ça peut paraître hors sujet, du rap chez Maudits, mais dans le cadre de béton de "In Situ", c'est au contraire un aboutissement logique, le moment où jamais de tenter la chose.

"In Situ", avec son contenu hétéroclite me fait l'effet d'être un album de transition, peut-être pour clore le chapitre "Précipice" et ouvrir ses possibilités vers d'autres univers. Ce devait être un EP, à la base, qui s'est étendu, tout s'explique ! Si j'ai été (un peu) moins emporté que sur l'album précédent "Précipice", en revanche ma curiosité à l'endroit de Maudits a été décuplée. Oser, c'est assumer le risque de surprendre !

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