Alors que le black symphonique américain tente de s'accroître depuis plusieurs années maintenant,
Inquinok naquit en 2000, bien avant les révélations de
Sothis ou d'
Abigail Williams. Le groupe, mené de main de maître par le multi instrumentiste Krelian, était alors influencé en majorité par la scène black metal scandinave auquel il apportait de petites touches symphoniques sans trop faire dans l'excès, ce qui donna naissance à une démo en 2002 et à un premier album en 2006, «
Entrance by
Twilight's Gaze ». Ce dernier mettait en valeur le potentiel d'
Inquinok, sans toutefois l'affirmer, l'ensemble restant approximatif bien que révélateur d'une certaine personnalité.
Peu avant 2009, la formation devint un duo, composée de Xorn à la batterie et de Krelian en ce qui concerne guitare, basse, chant et claviers. Leur collaboration fut fructueuse et mis un place un nouvel opus nommé «
Immortal Dawn », censé approfondir le travail des Américains. Tout se retrouve une nouvelle fois fait maison mais la production est bien meilleure afin de faire la part belle à l'instrumentation pour un résultat assez compact qui, parfois, ne laisse pas trop de place aux claviers. Il n'empêche que l'ensemble est porté sur un aspect black indéniable, embarqué par des riffs caractéristiques, un chant crié hargneux et une ambiance bien froide. Rien que la pochette mène sur la voie, terre solitaire et désertique sur un fond bleu glacial.
Inquinok nous propose un album cohérent et suffisamment long pour qu'on y trouve notre compte. Ne vous attendez pas à un black symphonique grandiloquent, les claviers apportent des nappes non négligeables mais loin de faire ressortir des arrangements de grande compositions. Chaque titre nous apporte son dosage réfléchi afin que tout ne devienne pas envahissant, par conséquent, les riffs tendent à être les maîtres du jeu avec le chant hargneux de Krelian et les excellentes lignes de batterie de Xorn, qui ne se contente pas que de blast beats, au contraire. Son jeu est varié et accrocheur si bien qu'il pourrait vraiment être le fil d’Ariane de cet album, en témoigne un «
Legions » très dynamique et agressif, porté sur les mélodies à la guitare et sur les techniques de batterie.
La patte scandinave reste toujours présente tandis que les jeux de claviers peuvent rappeler ceux de certains groupes polonais, comme
Crionics avant qu'ils ne se mettent vraiment au death metal. «
Torn » par exemple mettra l'accent sur un côté sombre et quelque peu apocalyptique grâce à ce panel d'éléments aux claviers. Ce titre est sans doute un de ceux les mettant plus en avant avec un «
Immortal Dawn » bien furieux et un « Bloodlines » nous gratifiant de clavecins pour un résultat quelque peu baroque, ce qui dénote totalement par rapport à un «
Vengeful Tranquility » très black et aux arpèges entraînants.
L'instrumentale « Candlelight » au piano coupe l'album en deux tout en imposant sa grâce et son élégance, telle une flamme dansant sur la bougie et illuminant chaleureusement l'obscurité...une musique à l'image de son titre. A contrario, le final « Divine
Tragedy » nous montre une facette plus guerrière mais aussi plus mélancolique et variée, entre roulements de caisse claire, riffs exécutés avec clarté, maîtrise et harmonie, basse anarchique, rythme très rapide et solo. Malgré la quasi absence de claviers, ce morceau reste sans aucun doute celui qui marque le plus.
Inquinok signe un bon album, qui à défaut de ne pas marquer, pourra certainement ravir certains amateurs, à condition qu'ils ne soient pas lassés par certaines longueurs.
Merci pour ta chronique! Album qui ne brille pas pour son originalité, mais très agréable à écouter tout de même, à conseiller pour les amateurs de black sympho / mélo !
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