Formé en 2011 sous le nom de Gary Busey Amber
Alert,
Alterbeast est un jeune groupe de death technique américain déjà auteur d’une démo en
2012. Après une année d’enregistrement à sillonner les Etats-Unis dans divers studios (Augmented Audio à
Los Angeles, Mayhemeness dans le
Sacramento et
Castle Ultimate Studios en Californie), la formation signe son premier album produit par Zack Ohren (
Fallujah,
Suffocation,
Carnifex,
All Shall Perish) et distribué par Unique Leader Records.
Les Américains frappent fort pour un premier album et, à l’image de la très belle pochette de cet «
Immortal » (réalisée par Raymond Swanland, dont le style est tout de suite reconnaissable), et rassemblent bon nombre d’influences dans ce disque, en associant les mélodies de
Spawn of
Possession,
Necrophagist ou
Decrepit Birth avec la brutalité de
Deeds of
Flesh ou de
Suffocation. Le résultat est une œuvre très dense, aux facettes multiples et variées qui rend son approche assez difficile.
Après une courte introduction au piano, "
Flesh Bound Text" déboule à grand renfort de blasts hypersoniques histoire d’en mettre pleins les yeux d’entrée de jeu. Aidé par une production sur-vitaminée,
Alterbeast présente un niveau technique impressionnant, alternant breaks lourds (comme dans "
Mutilated Marvel"), blasts-beat écrasants et solos intenses et rapides. "
Ancient’s
Retribution" est un très bon exemple de la musique distillée par les Américains : on passe tour à tour d’une intro sweepée directement empruntée à
Beneath the
Massacre, à un break purement death brutal pour finalement déboucher sur un solo aérien de toute beauté. Les solos sont d’ailleurs très présents tout au long de l’album et bien que démonstratifs, apportent un vent de fraîcheur dans les compositions grâce à leurs influences néo-classiques.
La formation américaine utilise également l’alternance de voix screamées et growlées, Cam Rogers usant et abusant de ses deux types de chant continuellement un peu à la manière de
The Black Dahlia Murder ou de Decades of
Despair. Mais était-ce réellement nécessaire ?
Outre la vision purement négative et subjective que peuvent avoir les amateurs de death brutal vis-à-vis du chant crié, cette dualité ajoute encore une variable à l’œuvre complexe qu’est «
Immortal ». On touche là à une autre facette de ce disque : bien que millimétrées et variées, les compositions passent du coq à l’âne très rapidement, mais sans vraiment ralentir, ne permettant pas de mettre en valeur un riff plus qu’un autre. Certains morceaux ne faiblissent ainsi jamais, malmenant constamment l’auditeur certes, mais ne proposant pas de point d’accroche à la détresse que celui-ci éprouvera lors de l’écoute de "Serpentspire" ou "
Into Oblivion". Heureusement, la courte durée de l’album (30 minutes) aide à faire passer la pilule. On notera également le bon "
Thrones of
Maggots" qui clôture l’album d’une bien belle manière en rendant hommage dans sa première partie à
Dying Fetus de part ce sens du riff directement emprunté aux maîtres du death/grind.
En bref,
Alterbeast livre ici un premier jet de qualité, mais devra néanmoins se détacher de ses principales influences encore palpables pour se forger une véritable identité. «
Immortal » n’est pas un disque à mettre entre toutes les oreilles et nécessite une attention de tous les moments pour apprécier pleinement son intensité et ses leads mélodiques véloces. Imposant et alambiqué ou indigeste et bruitiste, chacun appréciera (ou non) à sa manière cette puissante débauche de brutalité.
Pour Archspire, je ne suis pas fan de leur musique donc je ne peux rien en dire. Je vais me pencher sur Fuck You and Die donc ! (et je suis bien d'accord pour le Origin, ça promet du lourd).
Retour à Alterbeast si possible. Immortal vieillit plutôt bien et passe tout seul : je vais lui laisse mon 15/20 bien mérité. Par contre j'ai toujours du mal avec le chant "crié"...
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