III - The Sound of the Shell

Liste des groupes Heavy Metal Silver Machine III - The Sound of the Shell
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17/20
Nom du groupe Silver Machine
Nom de l'album III - The Sound of the Shell
Type Album
Date de parution 30 Mars 2016
Style MusicalHeavy Metal
Membres possèdant cet album11

Tracklist

1.
 The Sound of the Shell
 03:25
2.
 Fire on the Mountain
 04:32
3.
 Painted Faces (White Clay, Red Blood)
 03:26
4.
 Beasts from Water and Air
 04:40
5.
 Shadows and Tall Trees
 06:22
6.
 Gift for the Darkness
 05:51
7.
 View to a Death
 07:54
8.
 Cry of the Hunters
 12:59

Durée totale : 49:09

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Silver Machine


Chronique @ Luthor

24 Mai 2016

Entre tradition et modernité, un premier album réussi pour un groupe au très fort potentiel.

Un groupe qui tire son nom d'un morceau d'Hawkwind, je suis en droit d'attendre qu'il joue du Space Rock ou du Stoner, hein ?
Bernique, Silver Machine joue du Heavy Metal.
Originaire de Jonzac (dans eul' Poitou-Charentes, milodiou !), le quatuor s'est d'abord fait connaître par le palmarès de ses intervenants (pêle-mêle on trouve dedans d'ex-Asmodée/Evil Spells [entre nombreux autres] et un membre de Fall Of Seraphs), puis ensuite quand même par une paire de démos franchement pas dégueulasses (pour de l'autoproduction, ça avait franchement plus la gueule d'un truc professionnel tant au niveau visuel que sonore) qui permettaient de se dire qu'on tenait là un groupe avec un petit truc. À surveiller, donc.
Et déboule ce premier album, encore une fois auto-produit. Puis un concept-album, qui plus est : bah oui, pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?

Thématique : « Sa Majesté Des Mouches ».
Pour ceux qui ne connaitraient pas cet excellent roman écrit en 1954 par William Golding (allez, vas-y, pète-là toi comme un étudiant en fac de Lettres!), déjà c'est un gros tort. Le livre raconte comment les survivants d'un groupes de garçons de la haute société anglaise tentent vaille que vaille de reconstruire une ébauche de civilisation suite à l'atterrissage forcé de leur avion sur une île déserte et à la mort de tous les adultes. Évidemment, rien ne se passe comme prévu et le microcosme ne tarde pas à imploser entre retour à la barbarie tribale, intolérance religieuse et fin de l'innocence. Un livre très noir et désespéré, assez curieux pour son époque, qui avait déjà inspiré d'autres groupes de Metal (notamment Iron Maiden pour le titre « Lord Of The Flies » sur The X Factor). Mais, à ma connaissance, c'est la première fois qu'il est le sujet d'un album entier.

Dit comme ça, on pourrait donc croire que Silver Machine va donc déballer les oripeaux du Metal Extrême progressif et nous pondre un truc dans la lignée d'un Opeth, d'un Elvarion ou d'un Watchtower. Mais non, car comme dit plus haut, Silver Machine fait du Heavy Metal. Mais pas du Power ultra-orchestré, pas du recyclage de la scène allemande, pas du occulte des années 70. En fait, les influences de Silver Machine sont assez difficiles à identifier : mais pèle-mèle on peut citer les vieux Manilla Road et Iron Maiden, un certain côté gras dans le style du Hard Rock des années 70 (le Blue Oyster Cült et Led Zeppelin, notamment, mais aussi quelques passages à la Alice Cooper Band et des solos très Thin Lizzy) et même quelques influences plus modernes dans les passages les plus alambiqués (« View To A Death » et ses airs à la Neurosis rejouant Killers).

Cette originalité et cette personnalité très forte sont à la fois le point fort de Silver Machine (enfin un groupe de Heavy français qui ne cherche pas à copier ADX ou Killers, ou des groupes étrangers comme Symphony X et Rhapsody Of Fire) mais aussi son point faible (dans le sens où, bien que contenant tous les éléments capables de plaire à de vieux chevelus, III-The Sound Of Shell est agencé d'une manière qui peut les rebuter). Prenons l'exemple du morceau fleuve « Cry Of The Hunters » : en faisant un raccourci simple, on dirait le Voivod de la période Angel Rat/The Outer Limits qui ferait de la NWOBHM. Paradoxe : malgré ses 13 minutes au compteur, le morceau n'est jamais chiant et le quatuor sait parfaitement bien gérer l'espace. La composition tient bien la route, et s'achève dans un trip planant qui ne ferait pas tâche chez Red Sparrowes. Et pourtant, Silver Machine savent parfaitement où ils vont.

C'est dans la manière dont est structuré l'album que cela se ressent le plus : démarrage sur les morceaux les plus traditionnels (« The Sound Of The Shell », une belle pièce de Heavy à l'ancienne) pour évoluer, étape par étape, vers les morceaux que l'on qualifiera de plus expérimentaux (faute d'un meilleur terme). Ce choix d'entamer le disque par les titres les plus simples d'accès peut-être vu comme un clin d'oeil à leurs démos (au style musical plus classique) autant qu'une manière de dire : « voilà ce que nous étions, et voilà où nous allons ». Dit tel quel, Silver Machine réussit l'exploit enviable d'arriver à moderniser le Heavy Metal sans nécessairement lui refaire la gueule à coups de truelle (oui c'est bien à toi que je parle Lamb Of God !). Preuve que l'on peut réellement faire du Heavy moderne sans obligatoirement citer Pantera (et c'est une bonne chose, si vous voulez mon avis) et sans que cela sonne comme une insulte. Finalement, Silver Machine ont peut-être trouvé la bonne formule qui permet de faire un Heavy original sans trahir les origines du genre.

III-The Sound Of The Shell est un bon premier album, mais c'est surtout un album rempli de promesses. Car il présente un groupe avec un très fort potentiel, capable de complexité sans que cela nuise à la capacité de déclencher du headbanging nerveux, qui maîtrise ses arrangements et ses thèmes. Si l'on regrettera que l'album ne soit pas forcément facile d'accès, le nombre de points positifs est assez élevé pour vous pousser à vous procurer cette galette le plus vite possible et soutenir un groupe dont je ne doute pas qu'on reparlera dans les années à venir.

1 Commentaire

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LostPhoenix - 24 Mai 2016: L'illustration de la pochette et ta chronique suffisent à éveiller ma curiosité. Peut-être qu'un peu de chauvinisme, et une envie d'écouter du Heavy Metal travaillé, sont également des arguments déterminants...
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