On savait les Japonais présents dans la scène noise rock, bruitiste, évidemment la Visuel Kei dont certains représentants sont proches du metal (un
Kagerou), mais ils le sont tout autant dans le death, en l’occurrence, aujourd'hui par le biais de
Vomit Remnants. A l'image d'un
Cannabis Corpse, ils se nomment en référence détournée à un autre combo (
Vital Remains, vous aviez capté) et officient en loue-dé depuis 1997 ! Le quatuor originaire de Tokyo fête donc ses vingt ans d'existence avec son second full-length seulement, ayant vogué entre des split, des compilations, et plusieurs (!) démos depuis son premier album sorti en 1999, «
Supreme Entity ». Qu'en est-il de ce LP au titre très cool, «
Hyper Groove Brutality », et à la pochette sertie d'un artwork magnifique ?
L'introduction de l'album, avec son piano et son atmosphère ambiant inquiétante, place l'auditeur dans les perspectives horrifiques nécessaires à toute création de death metal qui se respecte. Le
SAS est de courte durée, puisque «
Burning from Within », envoie direct un très bon brutal death instrumental, au riffing assez groovy en effet, pour faire un lien avec le titre de l'album. Si la voix est absente de ce titre inaugural, c'est pour mieux se faire entendre dès la piste suivante, « Hi-Fi The Art of
Rapture » avec son growl littéralement démoniaque, parfait accompagnateur de la musique du groupe. Car leur brutal death reste brutal, sachant admonester l'auditeur avec des guitares tranchantes et une batterie martelant littéralement les enceintes, dans une double-pédale quasi-ininterrompue : des pistes comme « Wire Rope Strangle » ou « Supreme Indeterminate
Power » en sont l'illustration optimale et raviront les handbangeurs les plus énergiques.
Ce qui ressort c'est que
Vomit Remnants n'a visiblement pas passé 18 ans à s'astiquer le poireau puisqu'il semble bien avoir mûri depuis le premier album. Déjà aidé par une production de meilleure qualité (cet opus est sorti chez Unique Leader Records, ce qui était pas le cas lorsde leurs débuts), le combo dévoile une maîtrise de composition plus présente. Les morceaux sont secouants et violents mais savent être variés. De plus, ils privilégient la construction rigoureuse plutôt que la fréquente impression de bordel qui peut facilement s'immiscer dans un album de brutal death. «
Die Fast and Blasting » est à ce titre une composition presque parfaite, on évite tout sentiment de redite, tout en offrant la violence souhaitée en un temps réduit. Non vraiment, à part les blagues auditives que le groupe se permet avec quelques outros de-ci de-là (genre le générique de la série « Happy tree Friends » au sortir de « Inflicted Artificial Intelligence »), on a bien affaire à des faiseurs de death solides.
«
Hyper Groove Brutality » est efficace, même s'il ne se démarque pas des autres sorties et ne fait pas de coup d'éclat. Mais il marque une professionnalisation, une évolution significative dans le travail de
Vomit Remnants (encore une fois, en comparant leurs dernières pochettes et celle de ce dernier LP, y avait des indices)...C'est surtout un très honnête disque de brutal death, qui ne rougit pas de la comparaison avec des groupes de plus grande notoriété tels que
Sinister ou
Hate Eternal, et qui s'écoute en conséquence avec un grand plaisir.
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