Hybris

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Nom du groupe Deadlock (GER-1)
Nom de l'album Hybris
Type Album
Date de parution 08 Juillet 2016
Style MusicalDeath Mélodique
Membres possèdant cet album14

Tracklist

1. Epitaph
2. Carbonman
3. Berserk
4. Blood Ghost
5. Hybris
6. Wrath / Salvation
7. Backstory Wound
8. Ein Deutsches Requiem
9. Vergebung
10. Welcome Deathrow
11. Uncivil Hands
12. Fight Song

Chronique @ Matai

16 Septembre 2016

De la démesure, encore et encore...

Deadlock a un parcours atypique : de ses débuts black sympho à son virage death mélodique moderne, il en aura vu de toutes les couleurs avec toujours une ambition hors du commun et une envie de s'imposer comme un des groupes majeurs de la scène allemande. En recrutant Sabine Scherer en 2004, il s'est exposé à des risques et périls pourtant la jeune chanteuse s'est imposée au sein d'une scène remplie de mâles virils, même si de nombreuses femmes ont réussi à nous mettre ko comme Angela Gossow (ex-Arch Enemy) ou Alissa White-Gluz (ex-The Agonist). Bref, tout ça pour dire que Deadlock est un groupe qui a pas mal de bouteille.

Pourtant Deadlock est loin d'être un groupe parfait, ses albums n'étant généralement pas franchement exceptionnels malgré de bonnes idées et de bonnes cavalcades de riffs. Les Allemands font dans le death mélodique teinté d'éléments hardcore et pop, une sauce moderne qui ravit pas mal de combos mais qui ne fonctionne pas à tous les coups. Mais ces Teutons là ne désespèrent jamais en enchérissant toujours encore plus, comme si leur vie en dépendait. Ces dernières années auraient pu leur être fatidiques au vu des drastiques changements de line-up : le batteur et membre fondateur Tobias Graf est décédé d'une maladie et Sabine Scherer a finalement quitté le navire. Ils se voient donc rapidement remplacés par Werner Riedl aux fûts (ex-Scars Remain) et Margie Gerlitz au micro.

"Hybris" est donc un nouvel album avec un nouveau line-up, deux ans après la compilation "The Re-Arrival" et trois ans après "The Arsonist". Deadlock accentue encore ses efforts avec douze pistes de death mélodique moderne. Mais peut-être devrait-il faire attention à ne pas provoquer la chute de la goute qui fait déborder le vase. Les Allemands en font trop, beaucoup trop, quitte à repomper leurs propres riffs et à mettre le paquet sur la surabondance des vocaux. Les screams de John Galhert sont plus imposants et autoritaires mais aussi plus typés hardcore et criards, envahissant des passages qui auraient pu faire la part belle à l'agressivité des riffs ("Berserk"). "Epitaph" jouit de très bons couplets avec des tonalités intéressantes et une technique qui n'est pas à renier mais s'essouffle vite à cause du manque de nuances dans les vocaux extrêmes. Au niveau du chant clair, le côté pop inhérent à la musique de Deadlock devient encore plus assumé avec des refrains beaucoup trop gentillets et une Margie Gerlitz en mode poupée Barbie : un timbre ultra mielleux dégoulinant et agaçant qui rappelle celui de Sophia sur un "Epsilon" de Blood Stain Child. "Carbonman" en est un bon exemple, avec en prime des paroles qui ne volent pas très haut. Le pire, c'est que la dynamique générale du titre est très bonne, mais la voix semble en décalage totale.

L'ensemble de cet opus est du même acabit, avec à la fois des accélérations purement mélo death, d'autres purement groovy et metalcore, et des moments pop, le tout n'étant pas spécialement original, d'autant plus que Deadlock utilise cette recette depuis un bon moment maintenant. Les touches trance renforcent l'aspect moderne du truc mais elles ne sont pas des plus utiles : ajouter pour ajouter n'est pas toujours une très bonne solution. Quant aux titres acoustiques ("Vergebung") ou lyrique ("Ein Deutsches Requiem"), on aurait pu s'en passer...

"Hybris", si on s'en réfère à la définition grecque, c'est la démesure, l'orgueil, l'auto-satisfaction. Et on peut dire que cet album correspond parfaitement à cette définition, même si ce terme fait partie intégrante du concept que véhicule Deadlock depuis quasiment ses débuts. Dix titres dégoulinants de prétention à travers un pop melodeath qui ne nous prend jamais aux tripes et nous donne envie de passer à autre chose.

1 Commentaire

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Evergrey69 - 17 Septembre 2016: Merci pour cette chronique
Deadlock fait du Deadlock moins bien évidemment depuis le départ de "Johannes Prem",un bon album tout de même.
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