Hope Springs Eternal

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17/20
Nom du groupe Snow White Blood
Nom de l'album Hope Springs Eternal
Type Album
Date de parution 13 Novembre 2020
Labels 7Hard
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album13

Tracklist

1.
 Shared Hearts (ft. Lilly Seth)
 05:32
2.
 Longing for the Sea
 06:24
3.
 Drop a Stitch
 06:02
4.
 Never-Ending Waltz
 05:26
5.
 You Belong to Me (ft. Danny Meyer & Stimmgewalt)
 07:36
6.
 The Court Jester
 06:15
7.
 Rising of the Sun
 06:50
8.
 Falling Stars (ft. Stimmgewalt)
 06:26

Durée totale : 50:31

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Snow White Blood


Chronique @ ericb4

10 Décembre 2020

Un message musical aussi épique et solaire que racé et pétri d'élégance...

Dans un souci de démarcation de leur pairs, condition si ne qua non pour espérer perdurer dans un espace metal symphonique aujourd'hui surinvesti, certaines formations se sont prudemment lancées dans la bataille, dont cet expérimenté quartet allemand fondé à Dreieich (Land de Hesse) en 2013. En effet, ce n'est que trois années suite à sa sortie de terre qu'il nous gratifiera de son introductif et émouvant EP « Once Upon a Fearytale ». Une longue phase de latence s'ensuivra avant de le voir revenir dans la course, le temps pour nos acolytes de faire mûrir chacune des portées de leur projet, à commencer par une fluidification de leurs lignes mélodiques. Doté en prime d'une technicité instrumentale dorénavant plus affûtée et d'une plume au délié aujourd'hui plus assuré, le collectif teuton annonce d'ores et déjà la couleur de ses louables et légitimes intentions. Disposerait-il désormais d'armes suffisamment aiguisées pour offrir une farouche opposition face aux Elvellon, Beyond The Black, Metalwings, Tales Of Evening et autres Walk In Darkness ?

A cet effet, il faudra patienter la bagatelle de quatre années depuis son dernier bébé avant de nous livrer son premier et présent album full length « Hope Springs Eternal », une galette généreuse de ses 50 minutes sur lesquelles se dispatchent huit pistes inédites et de longue durée, dont les deux vibrants singles « Shared Hearts » et « Drop a Stitch » sortis quelques semaines plus tôt. Une patience récompensée par une œuvre rock'n'metal mélodico-symphonique aux relents power, folk, progressif et cinématique, aussi tonitruante et émoustillante qu'authentique et pétrie d'élégance, dans le sillage de Delain, Ancient Bards, Nightwish (première mouture), Diabulus In Musica, Lyriel et consorts, et mise en valeur par une ingénierie du son plutôt soignée, dont une qualité d'enregistrement difficile à prendre en défaut et fort peu de sonorités résiduelles. Indices révélateurs d'une sérieuse envie d'en découdre de la part de nos quatre valeureux gladiateurs...

Aussi, effeuille-t-on un message musical intégralement concocté par le groupe lui-même, à savoir : Christian Weber aux guitares, Thomas Schmitt à la basse, Max Rudolph (ex-Clouds Over Antwerpen) à la batterie, sans oublier Ulli Perhonen, mezzo-soprano au grain de voix à mi-chemin entre Tarja (ex-Nightwish), Ailyn Giménez (Trail Of Tears, ex-Sirenia, guest chez Melted Space, Serenity...) et Zuberoa Aznárez (Diabulus In Musica, Tragul, guest chez Dark Sarah, Stardust Reverie...), déjà sollicitée par Vanden Plas, Blackbriar et Mob Rules, et choriste chez Moonsun et Conspiria. Afin de densifier d'un cran son corps oratoire, le collectif a requis les empreintes vocales de Lilly Seth (Aeranea), Danny Meyer (Oversense), et des douze choristes de Stimmgewalt (sollicités en live par Orphaned Land, Van Canto, Scardust...). Tous les voyants seraient donc au vert pour nous inviter à entrer en tout sérénité dans ce monde enchanté de conte de fées...


A la lumière de ses passages les plus torrides, la troupe teutonne trouve aisément matière à nous rallier à sa cause, et les exemples sont loin de manquer à l'appel. Ainsi, faisant claquer à l'envi ses tambours et vrombir sa basse, livrant un refrain catchy mis en exergue par un charismatique duo féminin unissant les angéliques inflexions de Lilly Seth et Ulli, le tubesque et ''delainien'' up tempo « Shared Hearts » ne se quittera qu'avec l'indicible espoir d'y revenir, histoire de plonger à nouveau dans cet océan de félicité. C'est également au cœur d'un torrent de lave en fusion que nous projette le single « Drop a Stitch », un tonique et non moins accrocheur effort power symphonique aux riffs corrosifs que n'aurait nullement renié Ancient Bards. Et comment résister à la vague de submersion qui va s'abattre sur nous eu égard aux entêtantes séries d'accords égrainées par « The Court Jester », un entraînant et rayonnant mid/up tempo au carrefour entre Diabulus In Musica et Sirenia ?

Quand il desserre un tantinet la bride, le combo parvient là encore à nous assigner à résidence, et cela sans avoir à forcer le trait. Aussi, le chaland ne mettra-t-il qu'une poignée de secondes pour succomber aux vibes enchanteresses que recèlent les pénétrants couplets jaillissant des entrailles de « Longing for the Sea » ; un jovial mid/up tempo folk symphonique au confluent de Diabulus In Musica et Lyriel, reposant sur d'enveloppants arpèges d'accords, encensé par les limpides volutes de la déesse, et décochant d'insoupçonnées et soufflantes montées en puissance du corps orchestral.

Lorsqu'ils nous mènent en d'apaisantes contrées, la charge émotionnelle insufflée par nos compères s'avérera des plus difficiles à endiguer. Ce qu'atteste, tout d'abord, « Never-Ending Waltz », ''nightwishienne'' et progressive ballade aux reflets japonisants, voguant sur d'ondoyantes nappes synthétiques et octroyant de fines variations atmosphériques. Mise en habits de soie par les pénétrantes envolées lyriques de la mezzo-soprano, recelant une mélodicité toute de nuances cousue et délivrant une saisissante densification du dispositif instrumental, l'hypnotique valse fera assurément voler en éclat toute tentative de résistance à son assimilation. Sans doute l'un des gemmes de l'opus, que ne saurait éluder l'aficionado du genre intimiste. Gracieuse et d'une confondante légèreté, la ''xandrienne'' ballade atmosphérique progressive « Falling Stars », quant à elle, se pare d'enchaînements intra piste finement esquissés et d'un fringant solo de guitare. Parallèlement, les impulsions tout en profondeur et en voix de gorge de Stimmgewalt superposées au gracile filet de la princesse contribuent à magnifier un tableau déjà richement orné et des plus ensorcelants.

Mais là où le quartet allemand serait au faîte de son art concerne les pièces en actes estampées metal symphonique progressif, celui-ci nous immergeant alors dans la tourmente un peu malgré nous. Ce qu'illustre, d'une part, « You Belong to Me », une opulente et altière fresque aux relents cinématiques déversant ses 7:36 minutes d'un spectacle épique, un brin romanesque et aux multiples rebondissements. Dans ce champ de turbulences incessamment réalimenté par ses inaltérables coups de boutoir et une basse résolument claquante, évolue un duo mixte en voix claires bien habité et en parfaite symbiose, les cristallines modulations de la belle trouvant leur pendant dans les fluides ondulations de Danny Meyer. Magnifié par les limpides et chatoyantes patines des choristes de Stimmgewalt et serpentant le long d'un enivrant sillon mélodique, le dantesque méfait se charge parallèlement en émotions au fil de la graduelle densification du corps orchestral. Et la magie opère, une fois encore. Dans cette mouvance, on ne saurait davantage éluder l'énigmatique et non moins seyant « Rising of the Sun », une théâtrale, orgiaque et ''nightwishienne''offrande aux galvanisants soubresauts. Gorgeant son soyeux propos de ce nectar mélodique que nombre de leurs pairs pourraient avoir à leur envier et l'infiltrant des troublantes oscillations vocales de leur interprète, nos gladiateurs signent-là une autre pépite.


A l'issue de ce parcours en haute mer, un agréable sentiment de plénitude nous étreint, le collectif d'outre-Rhin nous octroyant désormais un set de compositions bien plus abouti aujourd'hui qu'hier, transpirant la féconde inspiration mélodique et scripturale de ses auteurs. En outre, un large regard a été porté en matière d'exercices de style, le combo teuton témoignant par là même d'un potentiel technique plus judicieusement exploité. Ayant su diversifier son propos sur les plans atmosphérique, rythmique et surtout vocal, ne laissant pas transparaître l'once d'une baisse de régime et/ou d'une irrégularité, la troupe a également veillé à soigner sa production d'ensemble tout comme ses arrangements orchestraux.

Cependant, l'une ou l'autre prise de risque peine encore à se dessiner et l'ombre de leurs maîtres inspirateurs pour l'heure plane sur la plupart de leurs portées. Mais nos quatre belligérants ont bien le temps de faire évoluer leur art. Quoi qu'il en soit, le combo allemand signe un message musical aussi épique et solaire que racé et pétri d'élégance, qui pourrait bien faire école, du moins serait-il susceptible de le propulser dès lors parmi les valeurs montantes de cet exigeant et parfois létal registre metal. Bref, un groupe qui a le vent en poupe...

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