Grosses guitares, violon, voix claires, hurlements black, chœurs, piano, synthé, flûtes, soprano, harpe, accordéon… puissance, richesse, voila quelques mots pour définir cet album de
Asmegin. C’est vrai que l’on pourrait leur en vouloir de n’avoir sorti qu’un album en huit ans mais en même temps c’est tellement bon qu’on se dit finalement qu’on a bien de la chance d’avoir cet album entre les mains ! Le titre de l’album se traduit à peu près par « Le potentiel de la soupe et du potage », ce qui insiste bien sur le fait que cette musique est le fruit de très nombreuses sources d’inspiration, et quand l’on voit le line up (maintenant que je l’ai mis à jour) on comprend quand même mieux. Le mélange total des genres dans «Hin Vordende Sod & So» donne quelque chose de très éclectique, tous les morceaux sont différents et on ne s’ennuie pas une seule seconde. Tout se croise, se conjugue, se dédouble : les chants féminins, les guitares, les voix claires, les chants black, les instruments multiples et les sonorités les plus diverses ; ainsi que les ambiances et rythmiques de chacun des titres. Les harmonies vocales sont belles, denses. En clair ce premier album nous offre à peu près tout ce dont on peut avoir envie au plus profond de nous.
Le premier titre Af Helvegum représente bien le potentiel du groupe ; des voix très différentes, tous les instruments se mélangent pour donner quelque chose de vraiment immense, à la fois calme, à la fois brut, doux, hargneux, tout cet univers forgé par
Asmegin est vraiment sublime et nous fait voyager très loin. Huldradans Hin Gronnkledde est une petite pause où seule Sareeta chante de sa voix si envoûtante et en même temps intrigante accompagnée par une flûte et une guitare acoustique. Tous ces titres sont bien composés, aucun n’est à mettre aux rebuts, chacun a sa particularité, des voix plus black, des voix plus claires, des instrumentales, des pistes assez courtes mais qui suffisent amplement à nous emporter loinnn.
Til Rondefolkets Herskab est pour moi un des meilleurs titres, on y retrouve tout ce qu’il y dans
Asmegin, l’alternance entre chant clair, chant black, chant féminin, c’est ce qu’il y a de plus plaisant. Le « refrain » au violon est magnifique également, aux sonorités un peu orientales par moments. Les chants soit en norvégiens soit en norrois (ancien islandais) sont magnifiques et même si l’on a du mal à comprendre toutes les paroles, on sait que les thèmes principaux sont liés à l’histoire de leurs ancêtres, les vikings, mais également à la nature. Et plusieurs de leurs paroles sont inspirées de Peer Gynt de Henrik Ibsen.
Le début de Over Aegirs Vidstragte Sletter est magnifique, avec une voix aussi brute et grave que le tonnerre, tout ceci ne peut pas vous laisser indifférent, c’est tout bonnement merveilleux parfois mélancolique, triste puis deux minutes après voilà quelque chose de très enjoué rythmé, pour notre plus grand bonheur.
Le titre
Slit Livets Baand qui est la seule instrumentale, est certes très courte et pourtant la magie a le temps d’opérer, une mélodie triste mais très belle, qui m’emmène personnellement dans une forêt sombre et brumeuse, avec en plus un bébé qui pleure, ce qui renforce le côté inquiétant (bah oui ils font peur aux bébés ces sorciers) même la mélodie est très expressive de ce point de vue là et heureusement d’ailleurs.
S’en suit un titre aux voix et aux refrains très agressifs et brutaux, avec en accompagnement du violon (bah oui). Je me demande d’ailleurs maintenant que Sareeta ne fait plus partie du groupe qui jouera du violon. Et même quand le violon joue tout seul accompagné seulement de la batterie c’est magnifique, vous l’aurez compris tout ce que fait ce groupe est fantastique, c’est leur premier album et pourtant il n’y a aucune erreur, aucune fausse note, aucune de ces choses qui vous fait dire que vous n’aimez pas tel ou tel morceau. Quant au bébé s'il me gênait au début je me suis habitué à ses pleurs. Ici tout se mange, c’est une très bonne soupe. Tous ces champignons mélangés dans cette marmite donnent quelque chose de très appétissant qui a son caractère. Et ils peuvent au moins se vanter que personne ne fait la même soupe qu'eux. Eux seuls on la recette. A la fin du titre qui n’a entre-temps pas perdu de son agressivité revient le bébé qui pleure de plus belle accompagné de guitare (bah oui en fait le bébé chante aussi) puis enchaînement avec le titre suivant.
Et encore un autre, tous aussi bon les uns que les autres. Avec un passage au piano rapide mais somptueux, c’est tout simplement impossible de compter le nombre d’instruments, il y en a plein, presque trop, ils sont vraiment doués ces norvégiens. Aucune musique ne se ressemble.
Vargr I Veum commence par un murmure de Sareeta puis un chœur masculin doublé par une voix black presque sortant des profondeurs qui rend le tout majestueux, monumental, c’est ce mot là qui définit le mieux cet album, mo-nu-men-tal…
C’est très rare que je m’attache à un groupe dès le premier cd. Je me rappelle avoir acheté le premier album de
Runic (qui été conseillé aux fans de
Finntroll) et bien je dois dire que c’était une belle bouse. Quoiqu'en même temps du métal viking espagnol c’est sûrement pas ce qu’il y a de mieux.
Maintenant commence une petite mélopée au violon trop (beaucoup) triste, et même l’arrivée de la batterie et de la guitare n’arrange rien. Ce morceau est magnifique mais emprunt d’une tristesse aussi grande que mon bonheur les jours où je peux faire une grasse mat’.
Je dois dire quand même que dans ce Blodhevn j’adore le refrain final du chœur masculin doublé de la voix claire de Lars Nedland !
Enfin le dernier titre Valgalder est l’un des plus beaux du cd. Ici pas de chant black, juste une conclusion avec chœurs et chants clairs, et… les cris de Sareeta (je suppose).
Au long de ces 11 pistes qui, je dois le dire, passent plutôt rapidement, on pénètre au plus profond de ces forêts norvégiennes grâce à la musique charismatique d’
Asmegin, et en plus de cette musique indéfinissable avec de simples mots, on a droit à un artwork magnifique représentant une sorcière (presque un troll même) qui nous concocte une merveilleuse petite soupe orange succulente (d’ailleurs vous voyez le petit lutin qui essaye de grimper dans la marmite, et bah c’est moi ! Ouais !) bref,
Asmegin en fait trop… et c’est là son génie. Cet album est vraiment une perle rare.
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Katla
Ainsi, ton lecteur aura l'impression non de lire un long roman (un pavé), mais une suite de petites histoires qui se combinent. A toi de savoir susciter ensuite son intérêt.
Bon courage, et au plaisir de te relire.
Salutations métalliques.
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