Heroine

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15/20
Nom du groupe Thornhill
Nom de l'album Heroine
Type Album
Date de parution 03 Juin 2022
Labels UNFD
Style MusicalMetalcore
Membres possèdant cet album4

Tracklist

1.
 The Hellfire Club
 05:06
2.
 Leather Wings
 03:21
3.
 Blue Velvet
 04:50
4.
 Arkangel
 04:10
5.
 Valentine
 03:13
6.
 Casanova
 03:58
7.
 Something Terrible Came with the Rain
 02:30
8.
 Hollywood
 05:09
9.
 Raw
 03:42
10.
 Varsity Hearts
 04:59
11.
 Heroine
 04:59

Durée totale : 45:57

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Thornhill


Chronique @ Groaw

08 Juillet 2022

Hollywood Glamour is not dead !

Depuis plusieurs années, le metalcore ne cesse d’évoluer et prend parfois des routes inattendues. On connaît bien entendu le metalcore original basé sur les riffs du punk rock et dont la férocité s’approche du metal. On est aussi habitués à son homologue mélodique qui emprunte ses traits du death mélodique suédois. Certains se souviennent sûrement du succès du genre au début-milieu des années 2000 avec Killswitch Engage, Parkway Drive ou encore Lamb Of God. Ce gain de popularité aura vu en parallèle le développement d’une vague de groupes de metalcore fortement influencés par le death metal et la naissance d’un tout nouveau style : le deathcore. Aujourd’hui, le succès est toujours au rendez-vous via des formes différentes comme l’intégration de synthétiseurs ou encore d’aspects empruntés du rock. C’est le cas notamment de formations telles que The Devil Wears Prada ou Motionless In White.

Pour Thornhill, jeune formation australienne, le trajet suivi est plutôt classique en apparence. Remarqué grâce à sa signature sur le label indépendant UNFD, réputé pour ses espoirs du metalcore australien (Northlane, ERRA, Silent Planet pour ne citer qu’eux) et par une tournée avec Architects et Parkway Drive, le quintet a d’abord sorti deux EPs, respectivement 13 et Butterfly en 2016 et 2018. Mais ce n’est qu’en 2019 avec la publication de son premier opus The Dark Pool que nos musiciens s’illustrent. Album sinistre et menaçant, l’esquisse a su sortir de l’ordinaire grâce à une belle versatilité de son vocaliste Jacob Charlton, d’une empreinte progressive parfaitement exploitée et d’une palette d’émotions très diversifiée. Pour confirmer cette bonne impression, les Australiens sont revenus cette année avec leur deuxième tableau intitulé Heroine, toujours sous la maison de disques UNFD.

Si vous vous attendiez à un prolongement ou à une suite logique des précédentes pièces de la formation australienne, vous risquez d’être sérieusement bousculé. En effet, notre quintet est passé littéralement de l’ombre à la lumière avec une musique plus intelligible, plus mélodieuse et plus mélancolique. Ces changements s’écoulent dans un premier temps par la prestation vocale de Jacob. Le screaming a quasiment disparu pour laisser place à un chant clair suave et séducteur, un mélange entre la voix de Chino Moreno (Deftones) et de Matthew Bellamy (Muse). Ce n’est d’ailleurs pas le fruit du hasard si Thornhill a réalisé une reprise de Supremassive Black Hole dans les studios de Like A Version. Côté instrumental, même si l’on peut encore observer quelques pannes et dissonances au niveau des guitares, c’est dans un penchant plus rock et ambient que le groupe a décidé de s’installer. Mais le concept même du disque va bien plus loin.
Heroine se veut être en premier lieu un hommage et une allusion à la scène glamour d’Hollywood. De nombreuses références à des films cultes comme The Philadelphia Story ou encore La Dolce Vita sont notables notamment dans les clips vidéos des Australiens. Musicalement parlant, on retrouve aussi ces inspirations. Les derniers instants d’Arkangel par exemple sont enivrés d’un souffle nineties et ne se cachent aucunement de ces attraits puisés dans le générique de Buffy contre les Vampires.

Comme Loathe avant lui, le groupe australien s’est tourné dans un neo-shoegaze entreprenant et charmeur mais loin d’être facile d’accès. En ce sens, le travail vocal peut être considéré comme la bête noire de cette toile. Souvent étouffée ou saturée, la prestation de Jacob fait parfois perdre l’élégance des compositions. Sur Raw, ses poussées dans les aiguës sont grésillantes et manquent de naturel. Mais dans d’autres morceaux, l’effet est totalement inversé et le sex-appeal se voit être renforcé. The Hellfire Club, toujours dans les notes les plus hautes, est la parfaite image de l’attirance et de l’ensorcellement. Les couplets ne sont pas sans rappeler un certain Hole In The Earth de Deftones. Certes, l’effet de grincement reste perceptible mais ce souhait, cette volonté d’imperfection offre au titre une esthétique unique.
Très décrié lors de son dévoilement, Casanova prend un tout autre sens au sein de l’album. Extrêmement différent par rapport aux autres morceaux principalement par son esprit djent et par sa sonorité plus lourde, le titre étonne par son riffing riche, par son solo de guitare assez inhabituel et par les techniques vocales de Jacob qui vont du chant clair au inhale scream. Les Australiens garantissent encore des petits moments hostiles en témoigne le breakdown final de Leather Wings ou le passage athlétique d’Hollywood.

Notre quintet se fait parfaitement valoir sur des temps atmosphériques et sur des coupures presque rêveuses. La fraiche brise de Blue Velvet en plein cœur du morceau est d’une beauté et d’une sensibilité déchirante. Tous les instruments deviennent d’un seul coup harmonieux, lisse et on se laisse facilement emporter par cette féérie. Le titre éponyme aura le droit aux mêmes traitements de faveur et l’on constatera l’époustouflant travail des percussions de la part de Ben Maida. Alors que son jeu est globalement percutant et énergique, sur les pages songeuses, il est plus minutieux, plus asphyxié, plus discret, une véritable immersion dans l’imaginaire.

Certains seront sans doute déçu de la métamorphose de Thornhill qui est passé d’un metalcore sombre et tempétueux à un neo-shoegaze délicat et touchant. Pourtant, la capacité de la formation à passer du tout au tout témoigne d’un sacré sang-froid et d’audace qui sont pleinement félicités sur ce second entremet. Certes, quelques aspects restent à parfaire notamment sur le mixage vocal et sur une instrumentalisation parfois un peu trop prépondérante. Heroine n’en est pas moins une seconde offrande qui montre un nouveau style, une nouvelle ère qui sonne déjà comme le futur du metal. Serez-vous de la partie ?

3 Commentaires

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JeanEdernDesecrator - 17 Juillet 2022:

Le single est superbe, avec du metalcore débarrassé de tous ses tics, et c'est super varié.

Groaw - 06 Août 2022:

Oupsi, je n'avais pas vu ton commentaire ici.

Gros coup de coeur pour cette année et un sérieux prétendant pour mon top metal :D

Maumau3769 - 23 Mai 2025:

Excellent! mais Bodies est plus abouti à mon goût! surtout niveau production!

mais je trouve ce groupe vraiment bon! 

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