Pour beaucoup de ces vieux thrashers qui se prirent en pleine face la naissance et l’âge d’or du style dans les 80’s, l’évocation de ce "
Hellish Crossfire" d’
Iron Angel évoquera certainement de vieux souvenirs et réveillera la nostalgie d’une époque que perso j’aurais souhaité vivre.
Formé en 1983 à Hambourg,
Iron Angel fait partie, juste après
Living Death mais avant
Exumer et son fameux "
Possessed By
Fire", des pionniers du speed/thrash germanique. Et ce disque sorti en 1985 chez Steamhammer reste aujourd’hui un classique dont il vous faudra un jour croiser la route.
Il est la parfaite illustration de l’évolution/transition du speed vers le thrash, donnant tout son sens à l’appellation speed/thrash, naviguant entre des inspirations speed très marquées vers le "Walls of
Jericho" d’
Helloween mais aussi vers Accept ou
Exciter, et des fortes intonations thrash dans la direction de ce que fit
Destruction la même année avec "
Infernal Overkill".
L’opus possède tout le charme et les caractéristiques des premières vagues du thrash ; disons avant les grands classiques de 86 : une pochette d’un style et de couleurs d’un autre âge (réalisée par Uwe Karcewski, connu pour ses cover arts d’
Helloween), encore fortement influencé par les anciens, Motörhead jamais très loin (à l’instar de "
Hunter in Chains"), respirant une spontanéité et une fraicheur intemporelles quand bien même le disque a vieilli. A noter la plutôt bonne qualité de production pour l’époque.
Bref, ça joue juste plus vite, plus fort, sans concession et ça s’éclate sur des lyrics très gentiment sataniques. Très vite, sous le joug de la voix éraillée et parfois haut perchée de Dirk Schröder et de la rythmique effrénée de Mike Matthes, des titres majeurs se dégagent : "
Legions of Evil", "
Sinner 666", "The Metallian" ou encore "Heavy
Metal Soldiers", tous avec leurs refrains répétés à l’infini pour pénétrer votre crâne sans jamais en ressortir. On pourrait presque tous les citer pour leur qualité respective, de la vélocité de "
Rush of Power" à la délectable montée en puissance de "
Nightmare", mais je me retiens.
Vous l’aurez compris, "
Hellish Crossfire" est un petit trésor de speed/thrash rageur et rutilant, qui se laisse écouter sans réserve, et qui prend vite une place de choix parmi les disques de référence dans le style. Quant à "
Winds of War" lancé l’année suivante, il se montra aussi de qualité mais il évolua un peu à reculons par rapport à "
Hellish Crossfire", moins thrash, comme s’il avait été pondu avant son ainé, et ne parvint pas à assurer la pérennité du groupe qui s’arrêta en 1987 pour de nombreuses années.
Complètement d'accord avec la chronique, ce disque est excellent et surtout prouve que les groupes allemands pouvaient supporter la concurrence des formations américaines de l'époque (l'album date de 1985 !).D'ailleurs, détail intéressant, tous les titres ont été composés par les deux guitaristes pour ce qui est de la musique et par le batteur pour ce qui est des textes (aidé par une certaine Susi Berg pour deux d'entre-eux), fait assez rare pour être signalé.Quant au chanteur Dirk Schröder, il possède une voix très particulière (qui peut en irriter certains) mi-éraillée mi-enrouée immédiatement reconnaissable, apportant un supplément de singularité à Iron Angel.J'ai beau chercher je n'arrive pas lui trouver de comparaisons avec d'autres chanteurs, ou alors peut-être avec Thorsten Bergmann (Living Death), mais dans un registre plus "étouffé" que ce dernier.Dommage que sur leur second disque "Winds of War" (1986) les allemands aient ralenti le tempo, et nous servent des compositions moins inspirées, car ils avaient démontré avec "Hellish Crossfire" qu'ils possédaient un sacré potentiel.
Voilà encore 1 perle teutone de speed metal d une epoque benie ou les germains etaient conquerants en la matiere.
IRON ANGEL est sur ma liste au pere noel....
Rentré ce matin (31/10/19)....diablerie ce disque est addictif ! L' influence ou plutot la filiation motorhead/venom est des plus presente ...comme pour le 1er Running wild, ce disque est 1 des passerelle du Speed vers le Thrash.
Il tourne non stop depuis.
Merci pour cette chronique tellement juste.
Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire