Heaven's Demise

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Nom du groupe Glasya
Nom de l'album Heaven's Demise
Type Album
Date de parution 12 Juillet 2019
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album6

Tracklist

1.
 Heaven's Demise
 05:19
2.
 Ignis Sanctus
 05:11
3.
 Coronation of a Beggar
 05:20
4.
 Glasya
 05:56
5.
 Eternal Winter
 04:27
6.
 Birth of an Angel
 04:51
7.
 The Last Dying Sun
 05:39
8.
 Neverland
 05:12
9.
 No Exit from Myself
 04:56
10.
 A Thought About You
 03:17

Durée totale : 50:08


Chronique @ ericb4

02 Août 2019

Premier coup de maître signé par le combo portugais...

Nouvel entrant dans le foisonnant antre metal symphonique à chant féminin, c'est sans complexe et non sans afficher un bel élan d'inspiration que ce sextet portugais vient tenter, à son tour, de faire résonner ses tambours et entendre sa voix. Encore peu popularisé hors de ses frontières, et conscient des enjeux et des risques encourus de chercher coûte que coûte à brûler les étapes, c'est avec d'infinies précautions mais non sans témoigner d'une indéfectible détermination à en découdre que le combo lisboète se lance dans l'arène...

Créé en 2017, le collectif ibérique ne réalise son premier clip relatif à l'entraînant « Heaven's Demise » qu'un an plus tard, et ce, préalablement à une lyric vidéo de « Glasya », elle-même diffusée peu avant la sortie de terre de son introductive offrande, en juillet 2019. Deux pistes que l'on retrouve inscrites au sein d'un album full length répondant au nom de « Heaven's Demise » ; une galette généreuse de ses 50 minutes où s'enchaînent sereinement 10 pistes, sortie chez le puissant label allemand Pride & Joy Music. Aussi, effeuille-t-on un set de compositions d'obédience metal mélodico-symphonique gothique, dans le sillage de Nightwish (première période), Xandria (seconde mouture), Delain, Diabulus In Musica, Ex Libris, Dark Sarah et Amberian Dawn (première cuvée). Rien qui, a priori, ne soit de nature à les démarquer de Beyond The Black, Elvellon, Sleeping Romance ou encore Metalwings, quelques uns parmi ses plus féroces opposants. En quoi ses armes se révéleraient-elles alors suffisamment affûtées pour espérer nous rallier à sa cause et tenir à distance l'âpre concurrence continuant d'agiter ce si convoité registre metal ?

Avant toute chose, faisons les présentations. A bord du navire, nous accueillent : Eduarda Soeiro, mezzo-soprano à la tessiture proche de celle de Manuela Kraller (ex-Xandria, ex-Haggard) ; Bruno Prates (ex-Enchantya) et Hugo Esteves aux guitares ; Davon Van Dave (Urban Tales, ex-Heavenly Bride, ex-Tearful, ex-Shadowsphere) aux claviers et arrangements ; Manuel Pinto (Rest In Me, ex-Enchantya) à la basse et Bruno Ramos (ex-My Deception) à la batterie. Un équipage aussi talentueux qu'expérimenté auquel s'adjoignent, pour l'occasion, les empreintes vocales de : Flavio Lino, Paulo Gonçalves (Ignite The Black Sun, Rasgo) et Nelson Raposo (Scar For Life). Mastérisé et mixé par le bassiste Fernando Matias (ex-Mourning Lenore), l'opus jouit d'une péréquation de l'espace sonore entre lignes de chant et instrumentation doublée d'une saisissante profondeur de champ acoustique. Comme pour mettre les petits plats dans les grands, la troupe a sollicité la palette graphique de Pedro Daniel (Phobos Anomaly Design), connu pour avoir oeuvré auprès d' Ava Inferi, Corpus Christii, Enchantya, Lightless Moor, entre autres...


A la lumière de leurs passages les plus offensifs, nos acolytes bien souvent trouvent les clés pour nous retenir sans avoir à forcer le trait. Ainsi, on ne résistera que malaisément à la vague de submersion qui déferlera sur nous à la vitesse d'un cheval au galop à la lecture de « Heaven's Demise », pulsionnel et ''xandrien'' effort aux riffs épais adossés à une rythmique sanguine. Doté d'arrangements d'excellente facture et de refrains catchy mis en exergue par les angéliques et puissantes inflexions de la sirène, le démoniaque manifeste se double d'un flamboyant solo de guitare signé Bruno Prates. Dans cette lignée, l'impulsif et ''delainien'' « Eternal Winter » n'a de cesse de nous faire déambuler sur des charbons ardents. Ce faisant, le brûlot nous réserve moult effets de surprise sur notre chemin, et ce, tout en sauvegardant une mélodicité toute de nuances vêtue. Enfin, la magie opérera tout autant à l'aune de « Neverland », mid/up tempo power symphonique d'une puissance dévastatrice dans la veine d'Amberian Dawn. Faisant claquer sa basse, essaimant un galvanisant solo de guitare que n'aurait nullement renié Lanvall (Edenbridge), et mis en relief par l'ensorcelant filet de voix de la prédatrice, le saillant méfait laissera quelques traces indélébiles dans les mémoires de ceux qui y auront goûté...

Quand elle ralentit un tantinet la cadence de ses frappes, la troupe ne s'est guère montrée plus malhabile, loin s'en faut. Ce qu'illustre, d'une part, « Ignis Sanctus », fringant mid tempo power symphonique aux airs d'un Nightwish des premiers émois. Voguant sur d'ondulantes nappes synthétiques et distillant un prégnant legato à la lead guitare, l'épique plage dissémine parallèlement des couplets bien customisés relayés chacun d'un entêtant refrain. Dans cette énergie, on n'éludera pas davantage « A Thought About You », un vibrant outro instrumental symphonico-progressif et cinématique aux arrangements ''nightwishiens''. En outre, de délicats arpèges au piano glissent sur une mer synthétique d'huile avant de se voir aspirés par de puissants et métronomiques roulements d'un tambour martial et de renaître de leurs cendres. Bref, une manière certes convenue mais néanmoins habile de boucler la boucle ...

Dans une même énergie, dans un souci de diversification de l'offre et d'ouverture du champ des possibles vocaux, le combo a opté pour l'octroi de duos mixtes en voix claires et de contraste, avec, pour effet, d'aspirer d'un battement de cils le pavillon. Aussi, sera-t-on happé par l'enivrant filet mélodique exhalant des entrailles de « Coronation of a Beggar », tubesque mid tempo progressif dans la mouvance de Diabulus In Musica. On appréciera tant l'éblouissant solo de guitare que l'effet de contraste vocal entre les cristallines et oscillantes volutes de la déesse et le récitatif en voix de gorge dispensé par Nelson Raposo. Dans cette dynamique, les effets de clair obscur ne se révèlent pas moins saisissants sur « The Last Dying Sun » ; intrigant message dark gothique aux subtiles variations et où les envolées lyriques de la diva répondent point pour point aux growls ombrageux de Paulo Gonçalves. Quant à « Glasya », orientalisant mid tempo à l'infiltrant cheminement d'harmoniques, qui n'est pas sans renvoyer aux premières heures d'Amberian Dawn, il ne mettra que peu de temps à encenser le tympan du chaland. Pourvu d'un léger tapping et de couplets finement ciselés, le vibrant propos laisse également entrevoir un duo en parfaite osmose entre les frissonnantes patines de la belle et les attaques délicieusement éraillées de Flavio Lino.

Lorsqu'ils nous prennent par la main pour nous mener en des espaces feutrés, nos compères se muent alors en véritables bourreaux des cœurs, nous adressant par là même leurs mots bleus les plus sensibles. Aussi, la petite larme que l'on feindrait de ne pas voir finit-elle par perler sur la joue à notre insu à l'aune de « Birth of an Angel », ballade romantique aux airs d'un slow qui emballe, à mi-chemin entre Ex Libris et Blackmore's Night. Délivrant de sémillantes séries d'accords profondément inscrites dans ses gênes, la tendre aubade offre également une insoupçonnée et grisante gradation du corps orchestral, ayant pour corollaire un éblouissant solo de guitare et une ligne mélodique des plus enivrantes. Quant à la charge émotionnelle délivrée par la ''xandrienne'' ballade progressive « No Exit from Myself », elle s'avérera bien difficile à contenir pour l'aficionado d'espaces intimistes. Là encore, tant le fuligineux solo de guitare que la qualité des enchaînements d'accords iront jusqu'à nous pousser dans nos derniers retranchements. Bref, deux instants privilégiés dotés chacun des charismatiques et pénétrantes impulsions de la maîtresse de cérémonie, cette dernière s'autorisant à tutoyer les notes les plus haut perchées sans concéder la moindre fêlure, que l'on ne quittera qu'avec l'irrépressible désir de plonger à nouveau dans cet océan de félicité.


On l'aura compris, à l'aune de sa première, galvanisante et émouvante offrande, message fort est ainsi envoyé par la formation ibérique à ses homologues d'où qu'ils viennent. Jouissant d'une production d'ensemble de fort bon aloi, cet opus témoigne également d'un potentiel technique éprouvé et d'une mélodicité des plus nuancées, que pourraient leur envier leurs propres maîtres inspirateurs ; sources d'influences dont ils devront toutefois s'affranchir pour conférer davantage d'épaisseur artistique et de personnalité à leur projet.

A la fois diversifiée sur les plans stylistique, atmosphérique, rythmique et surtout vocal, la rondelle demeure accessible mais nullement simpliste. Le combo a parallèlement veillé à panacher son offre quant à ses exercices de style, même si l'on eût espéré l'une ou l'autre fresque inscrite dans le cahier des charges. Pourvu d'une solide armature compositionnelle cristallisant la féconde inspiration de leurs auteurs, le méfait pourra assurément trouver un débouché auprès d'un pavillon déjà sensibilisé aux vibes insufflées par les cadors du genre sus-mentionnés. Aussi, à l'aune de ce premier coup de maître, nos vaillants gladiateurs peuvent-ils dores et déjà envisager de faire partie intégrante des sérieux espoirs du metal symphonique à chant féminin. Alors suivons-les dans leurs pérégrinations...

Note : 16,5/20

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