A contrario de ce que pourrait laisser entendre un patronyme très orienté, mais aussi de ce que pourrait laisser croire l'univers et l'imagerie que tente, semble-t-il, de développer ce groupe; il ne s'agit en rien ici d'une association de musiciens natifs d'une contrée orientales aux villages aux noms souvent imprononçables pour les infirmes linguistiques que nous sommes, nous autres habitants hexagonaux. Il ne s'agit pas de cela car, en réalité,
Katana a été enfanté en ces terres nordiques aux frimas redoutables et aux villes aux noms pas nécessairement plus facile à retenir puisqu'ils sont suédois.
Pour ouvrir le chapitre de l'expression créative plus strictement musicale, il convient de dire que
Katana s'évertue à pratiquer un Heavy
Metal très inspiré des années 80 dans lequel on retrouve parfois de lointains stigmates de groupes tels que Iron Maiden,
Stormwitch,
Judas Priest ou encore, dans une moindre mesure, par exemple, tels qu'
Accept.
Dans un souci de musicalité prépondérant très pertinent,
Katana conjugue ce penchant pour la musique vive à un attrait certains pour la mélodie dans une démarche que l'on pourrait rapprocher de celle du
Europe précédant l'album qui fit l'histoire (The Final
Countdown (1989)). Bien évidemment évoquer
Joey Tempest et ses comparses peut sembler un peu indu et excessif tant
Katana œuvre, à l'évidence, dans une veine bien plus agressive et exalté que celle de ses concitoyens. Cependant il exhale de sa musique, parfois, subrepticement, quelques parfums, notamment dans les intonations vocales de Johan Bernspång mais aussi dans ce souci évident, au-delà de cette agressivité Heavy consentis, de recherche d'une musicalité plus amène, quelques infimes similitudes entre ces deux groupes. Toutefois, le véritable atout de
Katana réside dans le fait qu'il aura su parfaitement digéré toutes ces influences pour en retranscrire une vision relativement personnelle.
Cette force de
Katana à ne pas reproduire certains schéma connues est pourtant la cause d'une grande incompréhension quant à l'échec de cette œuvre. Armé d'une telle faculté, mais aussi de quelques autres, il aurait dû être commode, pour ce groupe, de produire un album exemplaire. Ce que ce
Heads Will Roll n'est assurément pas. La déception est donc d'autant plus regrettable.
A l'écoute de ce
Head Will Roll, on ne pourra donc que déplorer toutes ces maladresses qui viennent contrarier cette machine tantôt Heavy
Metal, tantôt
Hard Rock, tantôt mélodique qui, de prime abord, semblait pourtant infaillible. Ainsi parlons, par exemple, de certains de ces changements de rythmes quelques peu approximatifs, et déconcertants, dans lesquels s'égarent des parties moyennement appréciables pour un résultat final inégal (Across the Stars).
Notons aussi, concernant les déconvenues, que quelques-unes de ces pistes manquent singulièrement d'une once de lisibilité supplémentaire, et sont donc bâties sur des constructions parfois un peu confuses et instables. Le résultat sans pour autant être mauvais nous offrent de bonnes chansons, mais qui perdent quelque peu de leur intensité et de leur efficacité (Blade of
Katana,
Phoenix on
Fire, Neverending World...).
A l'énoncé de l'ensemble de ce défaut, on pourrait alors croire la sentence entendue et la cause perdue. Toutefois rien n'est jamais aussi manichéen, et bien qu'handicapé par certaines des faiblesses énoncées, il n'en demeure pas moins que
Katana nous propose, aussi, fort heureusement quelques jolis moments convaincants.
Ainsi parlons de ces titres remarquablement attachants qui, sans faillir, nous propose d'excellents instants délicieux où le mélange créatif de ce groupe est, enfin, efficace. Citons donc des morceaux tels que Livin'Without Fear, tels que les superbes
Heart in Tokyo et Asia in Sight qui sont aucun doute les deux meilleures réalisations de cet album mais aussi tels que les très bon Rebel Ride et Quest for
Hades dans lequel on reconnaîtra aisément l'empreinte d'Iron Maiden.
Il reste donc encore du chemin à parcourir à ces musiciens, pour atteindre une exemplarité suffisante pour nous séduire totalement. Cependant ce
Heads Will Roll est une première œuvre qui regorge de nombreux moments plaisants, de certains autres acceptables sans être notoires et, finalement, de très peu d'instants maladroits. Mais qui foisonne surtout de suffisamment d'éléments encourageants et prometteurs pour que
Katana puisse envisager très sereinement l'avenir.
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