Hart Genossen Von Abba Bis Zappa

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17/20
Nom du groupe Panzerballett
Nom de l'album Hart Genossen Von Abba Bis Zappa
Type Album
Date de parution 2009
Labels ACT Music
Style MusicalJazz Metal
Membres possèdant cet album3

Tracklist

1. The Simpsons 05:56
2. Bird Wild Web 03:26
3. Jadoo 03:44
4. Mein Teil 05:58
5. Gimme, Gimme, Gimme 04:09
6. Kulturzeit 04:18
7. The Mediterranean Breeze 08:33
8. Ein Bisschen Frieden 03:07
9. Weary Eyes 06:20
10. Zappa Medley from Hell — Pt. I 03:27
11. Zappa Medley from Hell — Pt. II 08:03
Total playing time 57:01

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Panzerballett


Chronique @ ArchEvil

16 Avril 2014

Jazz S'AbbAth

L'avantage de chroniquer un album d'un groupe qu'on a déjà abordé par le passé, c'est qu'on ne doit pas se retaper tout l'historique et le contexte. C'est vrai, c'est vachement chiant « ... dixit le mec qui a pondu une cinquantaine de chros pour ensuite passer deux ans à se toucher pendant que les autres abattaient tout le boulot... hinhin... » Shhhhhht, ta gueule ! 

Panzerballett, sans être une vraie bizarrerie, a réconcilié deux disciplines à priori diamétralement opposées. Alors que la scène jazz-rock fut l'une des plus riche et des plus féconde à la fin des années 60, le metal a eu un certain mal à franchir ce pas. Non qu'il n'ait point essayé, mais malgré les John Zorn ( Painkiller – Naked city ) ou Atheist ayant pratiquement fusionné les deux genre à un moment de leur carrière, il existe encore une sorte de séparation radicale entre eux. Un tempérament frileux face à l'impro ? Un consensus établi sur le fait que jazz et metal n'ont pas du tout le même esprit, pas du tout la même énergie ? Ici, on conteste ces théories. Ici, on prend les deux et on ne fait qu'un seul. Starke Stucke était du metal avec une structure jazz et du jazz avec une énergie purement Sabbathienne et Meshuggienne. Starcke Stucke était un vent de fraîcheur, une véritable pierre pour combler ce trou béant.
La troisième mouture des metal-funk-jazzeux de Bochnie, Hart Genossen Von Abba Bis Zappa plante le décor avec son titre presque pompier. Évidemment qu'on garde le même principe, c'est devenu la marque de fabrique du groupe et de son ovni de leader, Jan Zehrfeld ( et décidément, j'aime son chapeau ). L'exemple même de structure pour les 60% des titres de Starke Stucke était la suivante : Création du thème et placement > laboratoire metal-jazz ou tout est permis > reprise du thème et final. Pas ou très peu de chant. Du gros riff qui démonte et se tord rythmiquement dans toutes les positions. Des polyrythmies jouant sur le swing et le groove. Un mode opératoire clairement jazz. Donc on reprend ce qui marche ici. La différence réside quant au ton de l'album et des terrains explorés.

Tout d'abord, si son prédécesseur était pourvu de nombreuses reprises entre quelques morceaux originaux, celui-ci compte les création totale du groupe au nombre de 1 ( rien de préjoratif là dedans compte tenu de l'exigence déployée à la jazzification et la personnalisation des covers )
Ensuite, comme le titre le tambourine bien fort, ici on oscille entre reprises disco et fusion qui font bouger les culs et covers de grands de l'expérimentation. A l'écoute, Panzerballett joue moins des pectoraux. On y trouve le ton enjoué et presque cancanant de Gimme, Gimme, Gimme de Abba et de The Mediterranean Breeze de Okan Ersan, morceau orientalisant au swing se transformant en groove nerveux. En contrepartie, le groupe joue bien plus sur les contrastes, une basse encore plus versatile dans son jeu, passant du wah wah au slap sautillard, une paire de deux sax ( soprano et ténor bien sûr ) qui élargissent bien plus le terrain d'expression.

Le soprano, sur la reprise de Ersan, laisse clairement l'humour et l'absurde délicieux se placer sur le devant de la scène. Mais pour un album qui ouvre son cabaret sur une cover destroy des ... Simpsons, que peut on espérer de moins ? Et oui, ce titre est jouissif. Danny Elfman a trouvé le meilleur hommage à sa bande son célébrissime.
Le groupe a eu aussi la bonne intention de placer ce Mein Teil comme une bouche d'aération. Le titre fadasse de leur compatriotes en calecon de cuir fumeurs de napalm se transforme en un titre jazz-popisant et sifflotant, respirant bon la Rhénanie, l'opéra de Berlin, le Riesling et la famille germanique. Conny Kreitmeier qui vient apporter un chant mêlant grâce et attitude guerrière est parfaitement convaincante. Dommage pour les longueurs aux congas...

Aux côté de ces zakouskis un peu sucrés, planent d'autres jazzmen tels que Stephan Wittwer sur Kulturzeit, autre moment fort, bien moins mélodiquement cernable mais jouant plus sur l'individualité, la surprise et la dynamique.
Et puis, vers la fin, il y a l'ombre de Zappa. J'en parlais sur la chro du précédent. Zappa est un mec qui rendrait Devin Townsend presque ultra conventionnel . Il a eu la chance d'arriver à une époque ou l'on jurait moins sur l'étiquette et le produit fini pour ne fixer aucune limite à la créativité. Le génie d'avoir synthétisé des genres entiers en composant des minis orchestres déjantés. Le talent d'avoir parcouru une gamme de styles énorme et d'avoir conceptualisé tout ça sans jamais tomber dans la masturbation. La passion d'avoir expérimenté en balayant les schémas de l'époque et... « Putain ! Tu peux modérer ton orgasme stp ?!  Et puis, je te rappelle que Zappa trouvait les critiques musicaux aussi intéressant que des yaourts trop mûrs !» Ah... oui juste.

Décliné en deux medleys, ce passage de Zappa chez Panzerballett laisse pantois. Découvrir le groupe de boeufs jazzeux allemands allier leur riff tranchant à la musicalité géniale et les constructions improbables de Frank est une révélation. Le ton hyperactif du premier laisse place au ton solonnel et cynique du second, ou Mayrhofer, guitariste rythmique, expose un organe vocal impeccablement dans le sujet pour ensuite embrayer sur les distorsions de tempo hystériques Zappaiennes. La version metallique du riff de City Of Tiny Light attaque salement la nuque. Et, puisqu'on joue dans le percuté du ciboulot, il faut assumer. Rendus cohérent entre eux par des transition judicieuses, les échantillons de morceaux s'assemblent et réinventent l'univers de Zappa sans jamais le dénaturer.

Finalement, ce que l'on pourrait reprocher à Hart Genossen, c'est qu'en dépit de ses efforts et de ses recherches fructueuses, il a tendance à perdre la poigne de fer du précédent. Et si Zappa s'y colle à merveille, c'est moins le cas de Abba et sa couche de confiture de fraise un peu malvenue sur une machine à riffs. Mais ceci n'est point le début d'une tentative de vouloir mêler tout et rien au point d 'en perdre l'essence principale. Tank Goodness sortira en 2012, et versera un gros baril d'huile de guitare acérée. Pour mon plus grand plaisir.

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