A l'écoute de
War Master, premier disque de ces Américains de
Death Dealer, nous nous étions réjouis de la retenue dont faisait preuve un Sean Peck pas toujours enclin à donner dans la nuance avec ses acolytes de Cage. Le chanteur, constamment égaré en des hauteurs pénibles où ses vociférations mimétiques lui donnaient des faux airs de Rob
Halford du temps, béni diront certains, de Painkiller, un peu aussi à la manière de ce cher Germano Quintaba (
Centvrion), ne parvenaient pas toujours à trouver une juste mesure dans ses propres travaux. Et il aura fallu qu'il s'acoquine avec quelques-uns des plus illustres représentants du Heavy Speed, Heavy
Metal, états-uniens pour trouver, enfin, un juste milieu. Bien évidemment, nul doute que l'expérience de vétérans tels que
Rhino (ex-
Manowar...), Mike Davis (
Halford, ex-
Lizzy Borden...),
Ross The Boss (Ross the
Boss, ex-
Brain Surgeons,
The Dictators, ex-
Manowar, ex-
Shakin' Street) ou encore Stu
Marshall aura positivement pesé sur ce changement salutaire. Après ce premier pas surprenant et fort sympathique, il était grand temps de songer à en faire un second. Ce sera chose faite en cette année 2015. Et il s'intitulera
Hallowed Ground.
S'agissant des forces en présence, mis à part le remplacement de
Rhino par Steve Bolognese (Baptized in
Blood, ex-
Into Eternity, ex-
Beyond the Embrace), rien n'aura véritablement changé.
Musicalement, là encore pas de bouleversement.
Death Dealer pratique toujours cette musique ardente et vive que de nombreuses touches plus subtiles et mélodiques viennent contraster.
Evoquons, par exemple, le passage acoustique de Gunsliger qui est un vrai régal et qui offre à ce morceau une contradiction très intéressante au milieu de ce déluge de fer et de feu que déchaînent ces guitares vives et acérées. Ou encore le préambule superbement lancinant d'un remarquable U
666. Le très véloce Plan of
Attack n'est, quant à lui, pas en reste puisque, lui aussi, intègre quelques éléments lui permettant de ne pas sombrer dans cette lourde linéarité assommante de titres sans l'ombre d'un changement. Même un
Seance aux passages très agressifs, presque Heavy Thrash, dans la plus pure tradition d'un
Helstar en somme, possède quelques instants plus mélodiques.
Le plus mid tempo The Way of the Gun aux refrains très réussis et aux chœurs judicieusement employés, brillamment introduit par un instrumental très hispanique Llega
El Diablo, ou encore le sympathique
Skull And Cross Bones, dont certains accents nous rappellent indubitablement l'Allemagne de
Primal Fear, sont d'autres exemples de cette capacité de
Death Dealer à composer des morceaux efficaces et attachants.
En définitive, la seule chose que l'on pourrait reprocher à cet opus est sa longueur qui ne sera pas du goût de tous. Un tel déferlement, même ponctué par de nombreuses nuances, restera quand même assez difficile à ingérer d'un seul tenant pour qui, comme votre humble serviteur, supporte laborieusement les méfaits de plus de 40 minutes. Avec ces presque 60 minutes, ce
Hallowed Ground est donc un beau morceau et il vous faudra un sacré appétit pour aller jusqu'au bout. Cela étant dit, reconnaissons que ce défaut est bien mineur en comparaison d'autres qui alourdissent d'autres productions dont, par bienveillance, nous tairont les noms ici.
Quoi qu'il en soit, nul doute que ceux qui auront apprécié le précédent seront séduits par ce nouvel opus. Nul doute que ceux qui louent le traditionalisme Heavy Speed, Heavy
Metal,
Power US au travers d'étendards tels que
Judas Priest, Cage,
Primal Fear ou
Helstar seront, une fois encore, conquis par le travail de ce quintet.
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