Hair of the Dog

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17/20
Nom du groupe Nazareth
Nom de l'album Hair of the Dog
Type Album
Date de parution Avril 1975
Style MusicalHard Rock
Membres possèdant cet album105

Tracklist

1. Hair of the Dog 04:09
2. Miss Misery 04:41
3. Love Hurts 03:53
4. Changin' Times 06:04
5. Beggars Day 03:46
6. Rose in Heather 02:44
7. Whisky Drinking Woman 05:30
8. Please Don't Judas Me 09:48
Total Playing Time 40:36
Bonustracks (Re-Issue 2001)
9. Down (B-Side to Love Hurts Single)
10. Holy Roller
11. Railroad Boy (B-Side to Holy Roller Single)
12. Hair of the Dog (Single Edit)
13. Holy Roller (Alternate Mix)
Bonustracks (Re-Issue 2010)
14. Love Hurts (Single)
15. My White Bicycle (Single)
16. Holy Roller (Single)
17. Railroad Boy (B-Side)
18. Hair of the dog (BBC Live Recording)
19. Holy Roller (BBC Live Recording)
20. Teenage Nervous Breakdown (BBC Live Recording)
21. This Flight Tonight (BBC Live Recording)
22. Road Ladies (BBC Live Recording)

Chronique @ melpo

22 Fevrier 2020

Moins boogie, moins rock'n'roll que les trois albums précédents, mais plus sombre et peut-être plus personnel

Cela devient une habitude, mais c’est encore dans la précipitation que Nazareth enregistre son nouvel opus. Après deux ans de tournées incessantes et, il faut le dire, avec un succès grandissant, en particulier aux États-Unis, les Naz décident comme des grands de se lancer dans la production de leur sixième album. La page Glover (le producteur des trois albums précédents) est fermée et Many Charlton, qui a investi dans un studio à Londres, se sent les épaules assez larges pour se lancer dans la production. Il faut préciser que c’est probablement lui qui est à l’origine de la rupture avec le bassiste de Deep Purple. Charlton aux manettes et forts de leur succès, les musiciens peuvent enfin explorer davantage ce qu'ils aiment. Il ne s’agit pas de renoncer au blues-rock qui a fait le succès de la formation, mais plutôt de revenir à ce qui avait été commencé sur son premier opus.

Nous sommes en 1975, la phase psychédélique du rock se termine et on s’oriente vers un rock plus dur. La recette de Glover ayant fonctionné jusqu'à maintenant, les Écossais en reprennent quand même des ingrédients. D’abord, il faut rechercher la spontanéité en enregistrant dans les conditions du live. Ensuite, on reprend une organisation similaire avec un long morceau qui clôture le propos, "Please Don't Judas Me". Si les artistes nous ont déjà fait le coup de la conclusion psychédélique de plus de 9 minutes, ce coup-ci, ils ne s’en sortent pas trop mal d'autant qu'elle est enrichie par des chants dignes d'une chorale. Enfin, on trouve à nouveau quelques reprises. Ainsi, "Guilty" est de Randy Newman, un musicien de jazz et de variété qui dénonce les travers de la société américaine. Chez les Naz, cela devient une ballade guitare/clavier agrémentée de soul et de chant gospel. Le piano est tenu par Max Middleton qui a, entre autres, accompagné Jeff Beck sur plusieurs de ses albums. Quant à McCafferty, il nous montre toute l’étendue de ses capacités. "Beggars Day" est un titre de 1971 du groupe Crazy Horse (la formation qui a accompagné Neil Young pendant des années). Ce morceau assez classique chez nos musiciens est accolé à un "Rose in the Heather", qui donne peut-être un petit côté « space », mais j’ai du mal à en voir l’intérêt.

Mais pourquoi ce curieux titre d’album? En fait, pour attirer l’œil, il fallait trouver quelque chose de percutant, c’est pourquoi, les membres du combo optent pour une provocation « Son of the Bitch » (expression qui signifie fils de p… ou de chienne) que l'on retrouve dans le refrain de la chanson « Hair of the Dog ». Mais le label américain A&M Records refuse car il craint que cela choque son « tendre » public d'outre-Atlantique. Le choix de « Hair of the Dog » est en réalité un jeu de mots entre heir of the Dog (l'héritier du chien ou fils de chien) et Hair of the Dog (les cheveux du chien), vieille expression écossaise qui invite celui qui a la gueule de bois à reprendre un whisky pour la faire passer. Ce qui n’est pas tout à fait un hasard car il est question d’alcool sur cet album avec des titres comme « Guilty » (coupable d'avoir bu) ou « Wisky Drinking Woman ». Mais, quand je parle d’attirer l’œil, je ne pensais pas uniquement au titre un tantinet provocateur mais aussi à la superbe pochette « fantasy » de Dave Roe, illustrateur de talent. Pour l’anecdote, on lui doit l’artwork des tickets d’entrée des trois festivals de l’Ile de Wight (1968/70).

Mais revenons à la musique, avec mes extraits préférés de l’ouvrage. "Hair of the Dog" est rythmé par des percussions avec un riff metal plutôt rock'n'roll. Au final, c’est plutôt bien fait et cela a pour effet de faire actionner votre pied. Le deuxième titre, "Miss Misery", est plus heavy. L’ombre du Sabbath plane incontestablement sur ce morceau. "Changing Time" est également un titre aux riffs heavy qui vous raclent la gorge comme celle de McCafferty, la lourdeur des premières mesures est aérée par une démonstration de la guitare de Charlton qui accélère le mouvement. Quant à "Wiskey Drinkin’ Woman", il s’agit d’un bon morceau bluesy où curieusement la voix de McCafferty est moins « racleuse ».

On a donc un opus moins boogie, moins rock'n'roll que les trois albums précédents, mais plus heavy et plus sombre et peut-être plus personnel. Même si, à mon humble avis, les deux derniers titres manquent un peu de punch, "Hair of the Dog" forme une très bonne synthèse de ce qu’est le metal de la première partie des seventies.

PS : si vous vous procurez les rééditions de l'album, on pourra trouver entre autres bonus "Love Hurts" qui a été un gros tube aux États-Unis en 1975. Axel Roses dira de cette reprise des Everly Brothers, qu'elle a bercé son adolescence et que le son de Nazareth a inspiré plusieurs titres des Guns.

6 Commentaires

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samolice - 28 Fevrier 2020:

Chronique très intéressante, merci.

J'aime bien ce skeud, je lui repproche juste d'être un peu trop "calme" (3 ballades sur 9 titres, too much). Le groupe peut m’emmener très haut parfois (la title track, « Miss misery », « Love hurts » la reprise des Everly Brothers), beaucoup moins à d’autres moments (« Please don’t judas me », le bluesy « Whiskey drinkin woman »).

Heureusement, Dan McCafferty a cette voix typique des chanteurs des 70’s, magnifique ! Entre Axl Rose et Bon Scott. 

ZazPanzer - 24 Octobre 2020:

Après être tombé amoureux du Razamanaz la semaine dernière, je découvre ce matin ce terrible album dont je ne connaissais que quelques titres. Grosse lacune de ma part car il est excellent !!! Le titre final PLEASE DON'T JUDAS ME est juste sublime ! J'avais pourtant tenté plusieurs fois Nazareth (j'ai quand même 3 albums) sans jamais vraiment rentrer dedans à fond, mais cette foi j'ai eu le déclic et je vais réinvestir ce groupe comme il se doit. Merci pour les chroniques.

mechant - 29 Octobre 2020:

Rentré en vinyle ces jours ci, je mesure mieux à l ecoute de l album l influence qu a eu Nazareth sur Gn'Rs et A. Roses en particulier.

Sacré album de hard comme les annees 70's savaient en produire.

Magique!

 
Rellum - 01 Novembre 2020:

Je possède la version américaine de cet album, vesrion sur laquelle ne figure pas "Love Hurts", qui est remplacé par "Guilty".

Sincérement, j'adore Nazareth, mais "Love Hurts" est une scie musicale pompeuse et pompante!!!

Je me rappelle qu'un critique de Rock & Folk avait un jour qualifé ce titre de "plus incroyable boudin musical de tous les temps"! Il n'en reste pas moins que cet album se retouve dans mon tiercé personnel des meilleurs albums du groupe. Du punch, de la hargne et aussi des complaintes langoureuses façonnant ainsi un des tout grands albume de hard du milieu des 70's.

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