Encore quasiment inconnue hors de ses terres nord-américaines natales, cette verte sarabande a toutefois révélé de sérieux atouts techniques ainsi qu'une palpable et inébranlable dynamique d'ensemble pour espérer un jour figurer parmi les cadors de son registre metal d'affiliation. Ce faisant,
Goldenhall se présente comme un fringant quintet metal symphonique à double orientation (heavy et progressif), affichant une indéfectible cohésion groupale, véhiculant une forte charge émotionnelle corroborée à des lignes mélodiques de bonne facture, dans la veine de
Stratovarius,
Rhapsody Of Fire,
Therion ou encore
Sonata Arctica, entre autres. Et ce, tout en témoignant d'un projet éminemment personnel, authentique, même si quelques séries d'accords ont pu renvoyer, consciemment ou non, à certaines des grandes signatures metal sus-mentionnées. Mais à ce stade-là de leur évolution, on ne peut guère leur en faire grief.
Cofondé en 2014 par le guitariste Greg Rosche (ex-Condolence), le compositeur, claviériste et guitariste Ryan Spahr (ex-Condolence), le bassiste Domenico Cannella (Steel
Thunder, ex-Acerose) et le batteur Matt Young (
Red Equals
Meltdown), le groupe, originaire de Rhode
Island, a rapidement inclus dans ses rangs l'impressionnant et expérimenté baryton et parolier
Jason Shealy. Ainsi coalisé, méticuleux et opiniâtre dans son travail en studio, l'inspiré combo étasunien a laissé le temps au temps pour nous octroyer son premier essai, à l'instar de cet EP 4 titres éponyme, laconique auto-production de 25 minutes sortie de terre pas moins de deux ans suite à la création de la valeureuse formation. En outre, cette menue rondelle a bénéficié à la fois d'un enregistrement de bon aloi, laissant filtrer peu de notes parasites, et d'un mixage ajusté dispensé par Greg et Ryan. De quoi nous intimer d'aller nous immerger dans cette initiale offrande...
Lorsqu'il flirte avec le heavy, le versant symphonique du méfait prend tout sens et révèle quelques moments de pure jouissance auditive. Bref, un art que maîtrise particulièrement bien le combo. Ainsi, d'entrée de jeu, une pluie de riffs diluviens et tourbillonnants nous assaille sur la cinglante fresque heavy symphonique « The Men of Dunharrow », où la chatoyante et puissante empreinte vocale du baryton, renforcée par des choeurs aux abois, ne tarde pas à nous happer le tympan. Epique et flamboyant, laissant entrevoir des arrangements nightwishiens tout en se calant dans la veine atmosphérique de
Stratovarius, avec une pointe de
Therion (première période), ce brûlot délivre son lot de blasts bien sentis, moult gimmicks saillants et opportuns, de subtiles variations rythmiques et un kit harmonique des plus infiltrants. Jouant également à plein sur les émotions qu'il dompte avec aisance, ce palpitant et mélodieux instant voguant sur de soyeuses nappes synthétiques pousse irrémédiablement à un headbang bien cadencé, voire même à une certaine addiction. Dans cette énergie se classe la plantureuse outro «
King Under the
Mountain » qui, sous l'égide d'amples et enveloppantes nappes synthétiques, ne lâche pas non plus le pavillon une seule seconde. En outre, on appréciera le refrain catchy octroyé par nos acolytes, l'imposant interprète déployant des trésors d'ingéniosité pour encenser le tympan, tout comme le guitariste soliste, témoignant d'un fin et magnétique legato.
Assurément le coup de maître du collectif ricain.
Mais nos cinq gladiateurs ont également une seconde corde à leur arc, et non des moindres. Dans une seconde cuvée, estampée symphonique progressive, ils se livrent alors à l'octroi d'habiles arpèges, à d'insoupçonnées montées en régime orchestral, diversifiant d'autant leur offre. D'une part, des tirs en rafale de riffs graveleux et linéarisés étreignent l'engageant et un poil altier mid tempo progressif « Ship in the Fog ». Aux faux airs d'un
Rhapsody des débuts avec une touche de
Sonata Arctica eu égard aux harmoniques disséminées, cette magmatique offrande délivre une captatrice force de frappe sur fond de rythmique enfiévrée et enjouée. Ce faisant, le convoi orchestral se plaît à nous secouer, libérant un joli solo de guitare, parallèlement à un corps oratoire tendant à se densifier au fur et à mesure de notre avancée dans notre parcours, avec, en chef de file, le maître de cérémonie qui, avec autorité, assène ses rayonnantes et profondes impulsions. Autre mid tempo progressif, « Deep Sea », quant à lui, distille un riffing gras et coulant, sur une rythmique d'une régularité métronomique. Dans le sillage de
Sonata Arctica, avec un zeste de
Therion, la galvanisante piste livre de séduisants atours mélodiques pour nous rallier à sa cause. Peu à peu, la ragoûtante instrumentation monte en puissance, tend à sa complexifier, sans y perdre en substance mélodique. Et la sauce prend une fois encore...
Ainsi, nos cinq mousquetaires semblent avoir trouvé la clé magique pour nous assigner à résidence, en dépit d'un relatif manque de diversité atmosphérique, rythmique et mélodique. Inscrits dans la mouvance de ses maîtres inspirateurs, nos compères ont toutefois esquissé une œuvre cristallisant une identité artistique déjà affirmée, mais à affermir encore. Quoi qu'il en soit, le potentiel affiché par le groupe nord-américain ne pourra longtemps laisser planer le doute quant à sa marge de progression et à un avenir sans doute radieux. Pour l'heure, les fans de ses illustres sources d'inspiration pour aller y jeter une oreille attentive. Il se pourrait bien qu'au bout d'une lecture ou deux, l'envie d'y revenir pour en déceler toutes les subtilités et goûter à nouveau à ces saveurs exquises se fasse sentir. Dans cette dynamique, on espère les voir revenir avec, cette fois, dans leur besace, un album full length...
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