"Voici que je vous envoie comme des brebis au milieu des loups."
L’immonde progéniture de Samigina (unique compositeur et producteur attitré d’
Elhaz) nous convie à ouvrir la Porte des Esprits infernaux une nouvelle fois, trois ans après un premier album remarquable. Toujours entouré de ses fidèles Baltack (basse) et Rafnagurr (batterie), Samigina affine le style d’
Elhaz pour créer des atmosphères viscéralement envoûtantes et blasphématoires. Le nouveau visage d’
Elhaz s’inscrit dans une esthétique beaucoup moins morbide et torturée, et deviendrait presque séduisant.
Dés le premier morceau, on s’aperçoit que le black metal occulte et poisseux des origines (savant mélange entre
Burzum,
Lunar Aurora et
Shape Of Despair) s’est métamorphosé en un BM teinté de dark metal aux arrangements soignés nuançant le dessein maléfique de son Auteur à la perfection. Samigina déploie toute une nouvelle gamme de sonorités qui enrichissent les harmonies, chœurs féminins cristallins en ouverture, nappes de claviers souveraines, et guitare acoustique en arrière fond, produisant un art célébrant l’Ombre à la lueur d’une simple bougie. Ce premier titre mid tempo n’est en réalité qu’un aperçu, les morceaux qui suivent, en particulier Du Diable et Du Sorcier accélèrent le mouvement : riffs tétanisants, pluie de blasts, omniprésence de la double pédale, le black metal reprend ses droits. Notons que le mix de la batterie a été revu, lui conférant un son plus clair, voire organique, à l’inverse du premier album. La basse, véritable pouls de l’orchestration, conserve une place de choix puisqu’on la distingue, comme sur
Malemort, très nettement. La voix de Samigina absorbe les derniers rayons de lumière, déclamant par instant des litanies sataniques puis se déchirant en vocalises habitées tout au long de l’album, sur des textes en français et en anglais. La douce étreinte du nœud coulant s’achève sur les morceaux Our
Mask is an
Illusion (intro au piano divine)/
Goetic Experience (Sommet)/ Goetic Invocation and the Orgasm of Death (Chute) nous plongeant dans une transe extatique.
Malgré une maturité indiscutable, et une production de haut vol,
Goetic Experience souffre de certaines lacunes, à commencer par la longueur des morceaux, parfois rebutante (5 titres à plus de 8 min), et ceci malgré des breaks bienvenus et des seconds souffles inspirés ; puis il y a ces intermèdes par trop hermétiques (First Key/Second Key), qui loin de faciliter l’immersion et la retenue de l’auditeur, ont tendance à réduire l’impact de l’album. En dépit de ces quelques points négatifs, Samigina réussit une nouvelle fois à produire une œuvre accomplie dans ce style si caractéristique, un BM qui magnifie la science occulte, justifiant l’appellation d’Art Noir. En effet, la dimension incantatoire transpire à travers chaque note, chaque parole, toutes distillées dans un seul et même but créer une atmosphère propre à se relier aux mondes inférieures, et précipiter l'avènement de l’Autre Monde, à la gloire du Maître.
Ne vous fiez jamais à la première écoute avec
Elhaz, vous passeriez à côté de votre chant du cygne !
See you in the Triangle of Art
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