N'ayons pas peur des mots, la première partie de ce
Gods of War, nouvelle offrande des Américains de
Reverence (un groupe constitué de quelques cadors aux cursus pour le moins impressionnants (Steve "Doc" Wacholz (Ex-
Crimson Glory, ex-
Savatage), Todd Michael Hall (Ex-
Jack Starr's
Burning Starr,
Riot V) ou Bryan
Holland (Ex-
Tokyo Blade) pour ne citer qu'eux)), nous déçoit quelque peu. En effet, là où autrefois ces musiciens avaient su subtilement mêler leurs convictions les plus diverses, à la fois âpres et issues d'accointances
Power US évidentes, mais aussi d'autres plus classiques et européennes, ici, ils n'y parviennent pas tout à fait. Tout du moins pas durant les quelques premiers morceaux entamant cette oeuvre où, pour résumer un peu sommairement, le quintette semble s'enliser en des circonvolutions un peu trop mélodiques et insuffisamment âpres. En résultent alors des titres agréables, tels que par exemple
Gods of War,
Heart of Gold ou encore
Angel in Black, mais qui n'auront assurément pas l'impact de ceux issus de l'excellent
When Darkness Calls sorti quelques années auparavant.
Fort heureusement, au bout d'un certain temps, pour ne pas dire d'un temps certain, enfin, un semblant de nervosité, celle-là même que l'on retrouve dans les méandres de cette musique défendue par les Nevermore,
Brainstorm,
Metal Church et autres
Helstar, et, ou, une certaine obscurité pesante et tourmentée, qui, entre parenthèses, fit jadis tout le charme de ce collectif, viendra, enfin, se faire entendre plus conséquemment. A partir de Tear
Down The
Mountain pour être tout à fait exact. Les couplets de cette piste sont, en effet, un peu plus rugueux que ceux parcourus jusqu'à cet instant fatidique. Dès lors,
Reverence semble sortir de cette léthargie dans laquelle la musicalité un peu trop exacerbée de son propos l'avait conduit. Citons
Blood of Heroes, nouvelle épitaphe, semble-t-il, dédiée aux héros de la Seconde Guerre mondiale, le vif
Battle Cry, Choices Made à l'entame lourde et lancinante, tout comme d'ailleurs Cleansed by
Fire débutant, lui aussi, sous les mêmes climats tourmentés, ou encore Race to
Obscene qui sont effectivement autant de titres se parant tantôt d'une certaine ardeur, tantôt d'une certaine noirceur tout à fait à propos que d'harmonieux passages viennent contraster, respectant donc la double optique de cette musique influencée et par les Etats-Unis et par le vieux continent à laquelle
Reverence nous avait autrefois habitués.
Au cœur de cette seconde partie, celle donc nous proposant ce regain de dynamisme et d'inspiration, nous proposant enfin un équilibre intéressant, seul un pathétique Splinter viendra nous replonger dans cette indicible torpeur nommée ennui. Cette ballade sirupeuse est sans grand intérêt. Pire encore, au-delà de nous accabler mortellement, elle nous assomme et provoque une cassure embarrassante brisant en plein vol les velléités d'un manifeste qui avait eu tant de mal à trouver sa voie. Une fracture fâcheuse mais pas nécessairement insurmontable à ce moment-là du disque.
Gods of War nous laisse donc perplexe, avec aux lèvres un goût amer et mitigé. Constitué de bonnes choses, ce plaidoyer est aussi lesté de quelques poids morts entravant sa bonne marche. Le constat sera d'autant plus frustrant que ces natifs de Detroit, dans le Michigan, avaient su admirablement éviter cet écueil en
2012.
Pas cette fois apparemment.
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