Il est rare qu'un groupe, déjà bien établi, change de nom au cours de son existence, surtout lorsqu'il a à son compteur 3 albums. Logiquement, cela correspond à une volonté de rompre avec le passé, et ici cela est particulièrement matérialisé par la signification du nom ; si précédemment, "gorerotted" faisait clairement référence à leur orientation goregrind et à leurs influences carcassiennes plutôt bien assumées, le choix d'un nouveau patronyme en "the" dénote tout aussi clairement la volonté d'afficher une image punk/hc. La pochette est à l'avenant, la typographie, le fond avec l'union jack, voila une illustration que n'auraient pas reniés de vieux groupes punk anglais tels que The exploited ou Crass. il faut bien aussi se rendre compte de l'influence du punk sur la scène rock anglaise dans son ensemble depuis 20 ans, le mouvement post punk anglais, avec des groupes tels que
Anti nowhere league par exemple, n'ayant pas d'équivalent en france. Toutefois, les gorerotted on été suffisamment avisés pour choisir un nouveau patronyme pas trop éloigné de l'ancien.
je ne vous étonnerai donc pas si je vous dis que le contenu est sensiblement différent des précédents albums. Ce n'est probablement pas pour rien si le groupe a laissé passer 3 années depuis "
A New Dawn for the Dead". L'influence hc est très sensible, en particulier sur "angel of meth", un pur morceau (de choix) hardcore, mené par un riff qu'on croirait sorti d'un album de The exploited, le chant alterné entre crié et gros death bien épais. La maîtrise technique est toujours là. Certes, c'est très rapide dans l'ensemble, mais ils me semblent comment dirais-je, plus matures, plus libres dans leur approche, moins prisonniers d'un carcan death metal. Du coup, ils peuvent se permettre deux morceaux comme "a brief moment of regret" ou "28 days later", des plans d'ambiance de respectivement 2 et 6 minutes presque entièrement instrumentaux, à la fois lents, sombres et violents, qui rappellent un peu ce que napalm death avait fait sur "the code is red..." avec le titre "morale".
L'ambiance générale d'ailleurs est elle-même sombre, violente. Les images qui me viennent, en écoutant, sont un coup de couteau dans un terrain vague, la crasse, le froid, un truc à la fois très réaliste et très malsain. Les paroles sont à l'unisson, elles sont passées d'un gore sanguinolent à quelque chose de beaucoup plus personnel, toujours très cru et violent, plutôt des histoires de biture et de bagarre, de gueule de bois, de désespoir, un peu toute l'idée que je me fais du punk... Le chant est lui aussi plus proche du punk dans son esprit, comme à la fin de "the howling" ou "a return to insolence".
Toutefois, amateurs de gros death qui tâche, ne vous en faites pas, vous trouverez pléthore de riffs tueurs à la mitraillette, de bons gros blasts, tout ce que vous aimez, mais avec un peu plus de personnalité et surtout de tripes que la plupart des groupes de brutal death qui tâchent.
Un groupe en devenir, une nouvelle personnalité et une originalité (re)trouvée, que demander de plus ? Un des albums pour moi les plus marquants de l'année 2008.
J'ai hésité à l'acheter à Gibert aujourd'hui, j'aurais peut-être du...
Très instructif tout ça.
Avis aux amateurs, je viens de le chopper pour 5euros das les bacs soldés de la Fnac.
Il est effectivement énorme! :-D
Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire