La plupart des gens se prennent encore la tête à savoir qui de
The Rotted ou de Gorerotted est la meilleure mouture du groupe. Depuis leur changement de patronyme, on ne juge plus la musique des Anglais qu’en termes de « c’était mieux avant » ou bien de « c’est mieux maintenant ». Quelle étroitesse d’esprit.
S’il y a bien une chose qui différencie le groupe d’avant avec celui d’aujourd’hui, c’est que leur musique a pris un tournant bien plus punk / crusty qu’auparavant, ce qui fait que finalement la comparaison n’a plus lieu d’être. Personnellement je m’en tape comme de l’an quarante. Donc voilà, deuxième album pour la version
The Rotted mais changement de label entre temps.
Exit Metal Blade Records, welcome Candlelight Records. Alors certes, si Candlelight ce n’est pas le petit label que votre pote a monté dans sa cave et qui a quelques pro-tapes à son actif, ce n’est pas non plus la méchante machine à fric qu'est
Metal Blade qui privilégie tout de même plus les pompes à flouze qu’autre chose. Résultat ? Le groupe ne se devant plus d’obéir à cette logique de satisfaire le plus grand nombre nous sort tout un arsenal de titres destinés à vous briser la nuque.
Comme mentionné plus haut,
The Rotted officie dans un Death
Metal teinté de punk et de crust avec un son de guitares très Hardcore. So British, en somme. A l’instar d’un
Dripback ou encore d’un Mr. Death, le groupe construit des hymnes qui sont plus taillés pour la scène que pour l’aventure introspective façon
Necros Christos. Ça tape dur d’entrée avec
Anarchogram Sun (qui reprend en partie le titre éponyme de l’EP précédent) qui assène de bons vieux coups de rangeos dans la gueule et l’intensité ne baisse pas jusqu’à la fin du disque. Si vous êtes un peu réfractaire à ce type de Death
Metal qui tient plus de
Repulsion que de
Bolt Thrower, passez votre chemin, la filiation punk est très marquée et rien qu'un titre comme «
Apathy in the UK », ou encore « Motörbastärds », devrait vous aiguiller quand à la véritable nature du groupe.
Hormis les deux derniers morceaux qui dépassent les cinq minutes, le plus souvent
The Rotted nous balancent des brûlots de 2 à 3 minutes dont l’unique but est de vous faire bouger le cul. Qui plus est, grâce à une production exemplaire, naturelle et surpuissante (là encore comme le dernier Mr. Death), cette basse bien ronde qui claque à n’en plus finir et cette hargne toute Hardcore dans les vocaux, vous tenez là un pur album complètement jubilatoire fait pour se défouler le son à fond avec quelques caisses de bière.
Seuls les deux derniers titres rentrent plus facilement dans le moule du Death
Metal classique, et offrent une facette bien différente du groupe avec notamment « Put Me
Out of Your
Misery » qui a même certains accents à la
Dead Congregation. Peut-être le clin d’œil des Anglais à ceux qui regretteraient la période Gorerotted.
Au final, sans être l’album de l’année et, dans le même genre, ayant tout de même moins de substance que le
Descending Through Ashes de Mr. Death, ce
Ad Nauseam remplit parfaitement son office et s’écoute d’une traite avec un grand plaisir. A défaut d’être excellent, il n’en demeure pas moins un très bon album. Alors que le
Brutal Death et le revival du
Old-School s'essoufflent, ce dernier disque de
The Rotted offre une alternative savoureuse que je ne peux que conseiller.
Merci pour la chronique GandhiEgo.
Merci pour la chro. :)
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