Gates of Punishment

Paroles
ajouter une chronique/commentaire
Ajouter un fichier audio
18/20
Nom du groupe Rose Funeral
Nom de l'album Gates of Punishment
Type Album
Date de parution 27 Septembre 2011
Style MusicalDeathcore
Membres possèdant cet album72

Tracklist

1. Legions of Ruination
2. Grotesque Mutilation
3. Beyond the Entombed
4. False Divine (ft. Steve Tucker of Nader Sadek)
5. Arise Infernal Existence
6. Malignant Amour (ft. Kate Alexander)
7. A Recreant Canticle
8. The Desolate Form
9. Entercism
10. Amidst Gehenna
11. Gates of Punishment

Chronique @ Rotting

24 Octobre 2011

Un véritable monument destiné à enfin rallier deathsters et amateurs de deathcore sous la même bannière

Caché comme un prédateur tapis dans l’ombre guettant sa proie, les albums destinés à devenir des pièces maîtresses viennent souvent de là où on ne les attend pas. A l’image du Dawn Of Possession (1991) d’Immolation ou Behemoth et leur Thelema 6 (2000), Rose Funeral, après deux albums d’une qualité moyenne, crée en cette année 2011 « Gates of Punishment », un album déjà prédestiné à devenir un œuvre majeure de la scène deathcore voir à moindre mesure death metal.

C’est à travers la légendaire écurie Metal Blade Records (Cannibal Corpse, Six Feet Under, Molotov Solution,...) que Rose Funeral va livrer son troisième enfant qui encore une fois, est profondément ancré et alimenté par la haine liée au christianisme et autres mouvements de type religieux.

En l’espace de 11 chansons, ces habitants d’Ohio (USA), se permettent, avec brio, de réinventer leur style en ne gardant que leurs lyrics typiques du metal (la mort, l’antichristianisme) et le coté épique sous-jacent à l’entièreté de leurs précédentes compositions.

Effectivement, le temps de leur deathcore générique et ultra-stéréotypé (voix alternant screams et growls, riffs mélodiques, batterie ultra triggée, breaks pesants) est révolu. Les sons de cloche de « Legion Of Ruination » retentissent, la couleur est annoncée. Un hymne au morbide, à la mort, à la brutalité et en même tant à la beauté s’apprête à être lancé. C’est sous les déferlantes infernales de Dusty Boles (batteur) que le massacre commence. A l’instar d’un Fleshgod Apocalypse, l’intensité et la cadence de la batterie ne diminuent qu’à de rares occasions, pour laisser le temps de respirer un instant à l’auditeur. D’ailleurs, la comparaison avec ces deathsters italiens ne s’arrête pas aux simples martèlements des fûts. Effectivement, non seulement le débit et le timbre du chanteur Ryan Gardner pourraient être comparé à ceux du growleur Tommaso Ricardi notamment sur les titres « False Divine » (avec Steve Stucker, ex-Morbid Angel) et « The Desolate Form », mais, de plus, certains éléments classiques sont également présents dans deux des onze compositions, comme les notes troublantes du piano et des violoncelles dans la multitude de riffs épiques de « Beyond The Entombed » ou les notes étouffées d’instruments à corde rejoignant la symphonie formée par les violons au cœur du titre éponyme.

Heureusement, les ressemblances entre les deux groupes s’arrêtent ici. Même si le chant des deux vocalistes est semblable en quelques points, Ryan possède un registre bien plus varié de vocalises montant d’un growl profond et intense à des screams très crades digne d’un Carnifex. Mais surtout, là ou se démarque Rose Funeral des formations habituelles de death ou de deathcore, c’est dans la façon d’écrire leurs riffs et leurs solos. Les deux guitaristes subliment l’ensemble de la musique, déjà posée par les autres membres, par de nombreuses influences allant du metalcore au brutal death, en passant par le black et le mélo death. Tandis que les breakdowns et moshs, présents dans chaque titre, issus du deathcore, briseront vos cervicales, vous ne pourrez résister et vous laisserez envoûter par la magnificence des solos d’« Arise Infernal Existence », d’ «Entercism » ou de « The Desolate Form », etc. Alors que « Malignant Amour » (avec Kate Alexander, chanteuse d’opéra) glacera votre sang grâce à la voix spectrale de la chanteuse et à la beauté de ses riffs, « Grotesque indulgence » vous oppressera par ses lignes de guitares brutales et malsaines à mourir typiques du death metal. Pendant que les allers-retours plutôt metalcore d’ « Admist Gehenna » ou d’ « Entercism » vous feront secouer la tête, les riffs en doubles croches successives de « Beyond The Emtombed » ou de « Malignant Amour » vous trotteront longtemps dans la tête par leur mélodicité.

Créer un véritable monument destiné à enfin rallier deathsters et amateurs de deathcore sous la même bannière. Voilà, une épreuve difficile qui ne s’avère qu’être à la portée des formations les plus talentueuses. Mais cette épreuve, Rose Funeral l’a relevée haut la main avec ce « Gates of Punishment » et le groupe s’impose directement comme un futur leader de la scène deathcore voir death metal. A présent, la porte des punitions vous est ouverte, ayez le courage d’y rentrer, vous ne le regretterez sans doute jamais...

28 Commentaires

15 J'aime

Partager

Rotting - 31 Mai 2012: Les albums précédents sonnent bien deathcore stériotypés ;).
adrien86fr - 28 Septembre 2012: Petite remarque, par rapport à laquelle je vais essayer d'être le plus courtois possible, pour ne pas m'attirer une fois de plus les foudres de la nomenklatura sommienne qui n'attend qu'un faux pas de ma part pour m'envoyer au bagne sans jugement ni possibilité de me défendre : il me semble, après maintes lectures, qu'il y a une faute de frappe dans le 4ème paragraphe : l'ex chanteur de Morbid Angel ne se nomme pas Steve "Stucker" mais Steve Tucker.



Hellsheimer - 28 Septembre 2012: "Petite remarque, par rapport à laquelle je vais essayer d'être le plus courtois possible, pour ne pas m'attirer une fois de plus les foudres de la nomenklatura sommienne qui n'attend qu'un faux pas de ma part pour m'envoyer au bagne sans jugement ni possibilité de me défendre"

Boulet...
BEERGRINDER - 28 Septembre 2012: Le deathster old-school (mais pas aigri) que je suis n'as pas trouvé ce disque particulièrement désagréable, (pas particulièrement agréable non plus d'ailleurs), c'est effectivement très Death Metal dans l'esprit pour du Deathcore.

Mais pour réconcilier coreux et deathsters, je conseille plutôt Dying Fetus et Misery Index personnellement.
    Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire

Chronique @ The_Black_Doll

27 Septembre 2012

Rose Funeral livre un album qui aura du mal à négocier le passage du temps

Le départ de Devin Shidaker, Dusty Boles et Tim Russel se sont affichés comme des coups durs pour un Rose Funeral venant à peine de commencer son ascension, le premier étant parti afin d’offrir ses services à un autre espoir du deathcore Oceano, le second se consacrant d’abord à un groupe nommé Seprents pour ensuite atterrir chez Your Demise My Rise et Make Me Famous un peu plus tard, tandis que le dernier s’est tout simplement fait virer sans doute à cause de nouvelles frasques, mais les vraies raisons restent quelque peu obscures.

Pourtant, la bande à Ryan Gardner ne lâche pas prise, revenant avec un tout nouveau guitariste du nom de Kevin Snook ainsi qu’un bassiste appelé Julian Kersey, et c’est en cette priode de transition que survient la nouvelle: le prochain album de Rose Funeral a déjà été annoncé, et ce pour l’année 2011.
Franchir le pas d’un troisième album après avoir réussi à proposer un deathcore brut de décoffrage et sombre avec «The Resting Sonata» se révélera alors être un exercice de taille, en particulier en ce qui concerne les parties vocales, le travail alors fournis par Tim Russel ayant déjà fait office de modèle du genre, à la croisée d’un chant criard presque black et d’un guttural profond semblant sortir tout droit des enfers.

Rose Funeral se dirige alors vers les studios Damage, Iron Forge et Velocity, afin de préparer leur nouvel opus, n’ayant toujours pas trouvé de batteur de remplacement, c’est Scott Briggs du Velocity Studios qui se chargera de programmer la batterie.
Doté d’une pochette apocalyptique signée Colin Marks, «Gates of Punishement» se présente (selon l’étiquette que Metal Blade a jugé bon de mettre) comme du «Death metal moderne brutal pour les fans de Whitechapel et The Black Dahlia Murder. Ce genre de comparaison quelque peu douteuse laisse franchement de marbre, puisqu’il n’y a finalement guère de ressemblance entre Rose Funeral et Whitechapel si ce n’est que la particularité de faire des breakdowns, ni avec The Black Dahlia Murder, les élément death mélodiques étant bien trop peu présent, voire même quasiment absent dans la musique du groupe pour être considérés comme tels.

Sans plus attendre nous entrons dans une terre dévastée, un monde noirci par les cendres et la suie, le ciel se fait menaçant, des cloches retentissent, tel un hymne de mort, de désespoir... Nous sommes rapidement envahis par une nappe lugubre, s’ensuivent 4 coups de caisse claire, et Rose Funeral attaque l’auditeur, par surprise, assénant un grand coup pour mieux dévorer sa victime et la plonger dans les entrailles de l’enfer.
Ryan Gardner hurle, il envoie des vocaux proches de ceux de Brett Hoffmann, donnant une tonalité plus death, alors que la batterie mitraille à coups de blasts très rapides, soutenant des guitares alignant une phrase saccadée. Il faut reconnaître que l’entrée en matière n’est pas des plus surprenantes, mais l’arrivée d’un breakdown bien lourd, précédant un solo passable sans pour autant être incroyable, toujours sur fond de blasts beat vient ajouter du poids à un départ pas forcément mémorable. «Legions of Ruination» ouvre l’album de manière légèrement maladroite.

Mais grâce à «Beyond the Entombed» et son ouverture au piano, le groupe semble avoir prit plus d’assurance, proposant un titre furieusement sombre, dans la lignée de leur méfait «The Resting Sonata», mais il semblerait que Scott Briggs n’aie pas offert un rendu des plus réjouissants avec la programmation de la batterie, ça suit le troupeau et ça comble beaucoup trop avec des blast beats, mais là n’est pas la seule lacune, encore, celle-ci est moindre face à une chose qui fera sérieusement défaut tout le long de l’album, cette habitude au groupe de coller des breakdowns après des breakdowns, ce qui abouti à une sévère overdose, alors que l’ensemble détonant semblait tenir sur les rails, voici qu’arrive donc ce fameux breakdowns qui sera ensuite suivit par un autre plus lent, et ça fini par sévèrement casser le rythme, ainsi que l’enthousiasme. Du coup difficile d’aller jusqu’au bout, ce qui nous fait rater quelques éléments pourtant essentiels, en particulier un solo langoureux cette fois-ci bien construit en vraiment entraînant.

Rose Funeral semble avoir légèrement cédé à la création d’un deathcore virant death metal de la nouvelle école, mais un death plutôt banal et peu convainquant («False Divine» en est un bon exemple).
Il se cache encore pourtant un autre morceau, cette fois-ci pouvant provoquer quelques relents de nostalgie, car «Malignant Amour» s’installe comme une des pièces maîtresses de l’album, par son entrée quasiment funéraire et désespérée puis son enchaînement par un riff à la limite du black. Malheureusement le groupe ne pourra pas résister à ses démons, et après une autre baisse de régime, on arrive à un moment de grandeur avec l’enchaînement refrain/couplet qui risque fortement de rester dans les mémoires, grâce à la voix féminine fantomatique de Kate Alexander qui laisse ensuite la place à un Ryan Gardner déchaîné, traduisant une folie pure dans des paroles morbides.

Le reste des titres n’est guère intéressant, résultant plus d’un enchaînement de structures trop semblables et pouvant mener à un bourrage de tête, puisqu’on a finalement pas vraiment le temps de souffler, et le peu de moments de répit est presque toujours saccagé par un breakdown plus du tout inventif, la recette ne faisant plus le moindre effet, ayant été exploitée à maintes et maintes reprises jusqu’à la lie, pour n’en laisser qu’un restant absolument inexploitable, encore faut-il être inventif et ne pas juste taper dans le hardcore/2-step.

La production, quand à elle, ne semble pas tellement équilibrée, les guitares et la batterie étouffant trop la basse qui fini par n’avoir qu’un seul et unique moment à elle seule. Il reste encore les qualités vocales de Ryan qui, il faut l’avouer, résultent d’un effort louable et d’un timbre certes pas forcément démarqué de tous, mais assez solide pour pouvoir tenir la route.
Faute de surprendre réellement, Rose Funeral livre un album qui aura du mal à négocier le passage du temps, il faudra réellement retravailler les lourds défauts qui parsèment «Gates of Punishment» faut de quoi, le groupe n’atteindra probablement jamais la renommée qui lui était promise au temps de «The Resting Sonata».

0 Commentaire

1 J'aime

Partager
    Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire