Le Brésil possède comme tout pays fanatique en matière de
Metal son underground et ses légendes noires. Parmi les noms les plus célèbres de l’extrême brésilien arrivent en tête de liste le mythe Sarcófago, les ignobles
Goatpenis, les surpuissants
Krisiun, les infréquentables
Evil, et entre les légendaires
Vulcano,
Holocausto et
Sextrash, pointent les démoniaques
Mystifier.
Une référence d’hier n’assure en rien d’être à la hauteur 30 ans après son heure de gloire qui plus est sur une scène à l’autre bout du monde. Cet enregistrement confidentiel et inattendu va très rapidement balayer tous les doutes sur la puissance de feu que peut dégager le quatuor brésilien, bardé de cuir et de clous, revenu des entrailles de l’Enfer pour atomiser le Klub, enceinte devenue une véritable place forte du
Metal située en plein
Paris, 14 rue Saint Denis, ce mercredi 5 juillet 2023. Habitués des lieux puisqu’il s’agissait de leur 3e passage, la bande à Beelzebuth, bassiste-chanteur, et dernier membre originel, concentra sa setlist du soir sur ses deux premiers albums, les emblématiques
Wicca et
Goetia (re)sortis en 1993 chez
Osmose, tout y en ajoutant l’opener du 3e et une reprise dévastatrice de Sarcofago. Un peu plus d’une heure de show rythmé par des hymnes blasphématoires assénés à travers un black
Metal puissant et magnétique sachant matraquer son auditoire tout en l’élevant au-dessus de la masse.
French Hookers Excruciation a réussi le tour de force, non sans quelques imperfections, de retranscrire l’atmosphère pesante et envoûtante qui régna ce soir-là. Cet enregistrement live extrait du public n’a pas fait qu’immortaliser le passage d’une des légendes du Black brésilien, il a gravé pour la postérité un fragment du monolithe noir pour que les futures générations puissent se recueillir sur la tombe d’une époque trop tôt révolue. Lorsque le Black
Metal était une guerre totale, un art de vivre sans concession, où tout brûlait à l’intérieur comme à l’extérieur, preuve du Feu éternel à l’origine du mouvement.
Pour sa seconde offrande, le jeune label GFR a relevé le défi en se frottant à l’un des grands noms de l’underground brésilien. Des passionnés qui n’ont pas hésité à honorer ses pairs en confectionnant un objet avec grand soin : jaquette originelle tout en couleur, boîtier cristal lourd, logo du label et sérigraphie sur cd-r, le tout limité et numéroté à 30 exemplaires. Cet inédit en apparence dispensable risque devenir emblématique tant par la qualité sonore du projet que par son packaging. Longue vie à GFR et aux bootlegs en général.
D'ailleurs, pour les amateurs, le type que je connais en a encore quelques exemplaires (quasi sold-out). Me contacter en MP si intéressés.
Alors comme ça des tapers ont décidé de remettre le couvert sous le manteau. C'est important de voir les traditions perdurées surtout lorsque c'est fait sans autre ambition que de rendre un peu de ce que le Metal nous a transmis. Une excellente initiative pour relancer le savoir-faire local, car il n'y a pas que les Japonais pour sortir de bons produits en la matière. Mais alors 30 copies c'est vraiment un tirage pour fanatiques votre truc.
Je suis en train de lire un ouvrage récent qui m'a appris également que certains mordus recommencent le tape trading, notamment au Québec. Une autre madeleine de Proust.
Ce concert avait été chroniqué pour ceux que ça intéresse : THRASHOCORE :: Primitive Black Magick Dynasty : Conquerors + Maniae + Mystifier : Le 05 Juillet 2023 à Paris, France (Le Klub) (Live report)
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