Le dynamisme et la qualité de la musique des pays scandinaves suscitent mon admiration depuis de longues années déjà. Or, celle ci se limitait jusqu’ici au domaine du métal, dont j’apprécie surtout le genre symphonique, pour lequel ils exercent un véritable monopole (
Nightwish,
Therion et
Sirenia entre autres). Avec H.E.A.T, les fiers peuples du Nord nous prouvent une fois de plus à quel point nous sommes, nous autres français, incompétents en matière de musique. Cette fois, c’est au genre poussiéreux du
Hard FM qu’une bande de jeunes suédois a décidé de s’attaquer, et le moins que l’on puisse dire, c’est que ça déménage !!
Le premier morceau attise notre curiosité : s’il reste assez modeste dans sa composition et quelque peu linéaire, on sent déjà tout le potentiel du groupe. De même, on ne peut être que surpris de la qualité du son produit, qui rappelle fortement Europe, mais un Europe plus net (on est tout de même un quart de siècle après The Final
Countdown), plus catchy, plus fougueux. Vite, vite, on se précipite sur le deuxième morceau, persuadé que l’on se fait une fausse joie… Hélas, le maître est déjà surpassé…
Black Night est tout simplement un tube qui aurait certainement cartonné dans les eighties !! La performance vocale du chanteur est plus maîtrisée, guitares et claviers s’accordent à merveille et le refrain accrocheur sublime le tout.
Ne vous méprenez pas, le groupe n’a pas encore tout donné loin de là, mais
Shelter apparaît tout de même comme un interlude un peu en deçà de morceaux précédents … Ce qui n’est pas le cas de l’excellent
Beg Beg Beg, qui associe rythme, performance vocale et instrumentale de grande classe, le tout maîtrisé de bout en bout… A tel point que cet perfection commence un peu à agacer… Un étrange relent s'échappe en effet des compositions du groupe; imperceptible au début, il se fait de plus en plus dérangeant au fil des morceaux.
Plus qu'une simple impression déjà vu, c'est un mélange d'impersonnalité et de froideur. La musique made by
Heat a quelque chose d'aseptisé, de trop parfait, de trop clair, de trop distinct, sans profondeur.
Danger Road confirme ce sentiment ambigu qui flotte autour du groupe sans toutefois vraiment entacher un niveau technique remarquable, hallucinant pour un deuxième album et un quatuor si jeune. Apportent-ils quelque chose de nouveau à un genre semi-séculaire?? La réponse négative à cette question récurrente et sans intérêt semble ici de rigueur mais n'est pas décevante, tant le rapport âge/performance plaide en leur faveur.Pourtant, la médiocrité relative des morceaux suivants ne peut que nous angoisser davantage,et c’est donc avec un certain soulagement que l’auditeur accueille Everybody Wants to Be Someone, qui, bien qu’elle puisse s’inscrire dans un registre outrageusement « pop naïve et sucrée » avec des paroles et des notes de piano dignes d’un bon Walt Disney, prouve que
Heat peut élargir sans problème aucun ses compétences… ce qui, je dois l’avouer, n’est pas forcément déplaisant…
Nobody Loves You Like I Do nous replonge ensuite dans le voyage au coeur des années 80 comme si de rien était. La machine est lancée et rien ne semble cette fois vouloir l’arrêter : I Know What It Takes poursuit avec brio ce retour aux sources, dont on ne semble cette fois pas vouloir se lasser, malgré des compos prévisibles et très proches les unes des autres.Cast Away opère un second tournant plus pop pas désagréable mais sans plus… On a maintenant pris goût à l’excellence et on est légitimement en droit d’attendre plus des suédois… Sitôt dit, sitôt fait : High on Love débarque sans crier gare pour nous déboucher les oreilles !! 2 minutes 30 de pur électrochoc, cette fois-ci bien plus
Hard Rock, même si la recette reste globalement la même. En revanche, les guitares sont bien plus en valeur, les riffs ultra rapides et accrocheurs. On n’en attendait pas tant !!
Du rythme plein la tête, on laisse passer Who
Will Stop the
Rain sans trop l’écouter, alors que cette dernière est plutôt bien ficelée et agréable dans l’ensemble, avec une dernière perf’ de premier plan du chanteur entrecoupée de passages épurés à la guitare sèche.
Avec
Freedom Rock,
Heat fait une entrée fracassante dans la cour des grands. Les progrès sont indéniables depuis leur premier opus et le groupe semble vraiment avoir trouvé son style de prédilection. Laissons de côté les préoccupations essentialistes de critiques blasés qui recherchent à tout prix la nouveauté et rien d’autre. Non
Heat n’apporte rien de véritablement neuf au
Hard FM, à part peut-être un souffle nouveau, une énergie nouvelle… et c’est déjà providentiel, puisque les productions dignes d’intérêt se raréfiaient dangereusement ces derniers temps, d’autant que l’apport des suédois est en fait plus de l’ordre de l’ouragan que du souffle. Du très grand
Hard FM sauce 2010, tout simplement. Messieurs, il ne vous reste plus qu’à confirmer dans votre prochain album pour définitivement entrer dans la légende. 16/20.
Je me suis éforcé à avoir le jugement le plus neutre qui soit. Il faut s'habituer à tout style de musique. Le Hard FM a lui aussi son public et des qualités certaines, même s'il est en marge de la famille du hard et du metal.
J'aime bien cet album, il est à écouté dans un avion avec un cocktail, deux glaçons et un magazine de femmes exhibées ! ;)
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