La suite de l'excellent VVorld VVithout
End s'annonce compliquée pour
Katharsis. Ils sont allez très loin avec ce skeud, que ce soit dans le son, l'intelligence des compos ou l'ambiance, tout était poussé à fond. Trop à fond même puisque la limite a été atteinte. Dans l'impossibilité d'aller plus loin sans se parodier,
Katharsis doit faire demi tour et essayer de prendre une nouvelle direction. Si possible, sans se planter. Je ne vais pas faire durer le suspense: le groupe s'est planté, et ce plantage a un nom:
Fourth Reich.
Tout d'abord, il faut parler de la prod, moins brouillonne et saturée que celle de son prédécesseur. Le groupe est revenu à un son raw plutôt classique et, paradoxalement, plus propre. Ce n'est pas grave en soit mais ça enlève quand même énormément d'ambiance aux compos. Bref, oubliez ce sentiment d'oppression et de violence constante qui guidait chaque titre de VVorld VVithout
End.
Même le chant se casse la gueule. Drakh nous avait habitué à des cris de damné et à des envolées lyriques hyper aigües qui avaient fait sa renommée en le plaçant au dessus du flot des chanteurs interchangeables. Sur
Fourth Reich, il se contente d'un chant
True Black plutôt basique et ponctué de pseudo expérimentations qui ne duperont personne. Pire, certains passages donnent même l'impression qu'il s'emmerde. Ça manque d'ambition, de conviction, comme si il n'y croyait plus. Et c'est bien dommage car son chant reste quand même au dessus de celui de pas mal de monde, y compris sur ce disque. Car le monsieur reste un vocaliste d'exception même lorsqu'il se repose sur ses lauriers.
En fait, c'est ça le problème de
Fourth Reich, le groupe s'est endormi et a perdu sa motivation au beau milieu du travail de composition. Du coup, on se retrouve avec une galette de cinq titres dont les deux premiers sont très bien foutus (Rrhhaa la fin de So Nail the Hearts) et dont les suivants sont ratés. Reckoning est un morceau fade qui entre par une oreille et ressort par je ne sait quel orifice.
Plus grave encore, on sent la panne d'inspiration et la récupération d'idées développées par d'autre groupes plus mainstream. Pour preuve, ce solo de guitare ramassé chez
Dissection/
Watain qui est long comme un jour sans bière et qu'on découvre, consterné, à la fin de
Sinn Koronation, juste avant le sample divin final vu et revu mille fois ailleurs. Sans oublier l'instrumental (Emeralde Grave) de cinq minutes qui est tout juste digne d'une cassette de relaxation féminine (Vous êtes une femme forte...).
Vous l'avez compris, hormis les deux premiers titres, rien n'est à sauver dans ce
Fourth Reich. Le groupe a simplement sorti son premier mauvais album. Je n'attendais pas un VVorld VVithout
End N°2 mais au moins quelque chose du niveau de
Kruzifixxion. Malheureusement ce n'est pas ça.
Mais bon, comme je suis gentil avec les groupes capables de me tabasser durement quand ils le veulent, je me dis que ce n'est qu'une regrettable erreur de parcours dans une belle discographie et qu'elle sera effacée par un nouveau coup de génie. Car
Katharsis en est capable même si ce n'est pas le cas ici.
Katharsis, non quand même pas, un des groupes les plus intéressants de ces dernières années à mon sens, qui ont réussi à retrouver la pureté originelle de la Seconde vague sur le Kruzifixxion pour pondre un deuxième "Under a funeral moon", pas moins, ou alors un album complétement hystérique, WWE. Fourth Reich ne traduit pas forçément une accalmie, au contraire. Au casque+ l'obscurité, ça reste toujours dément à écouter.
Orlog franchement passe ta route, t'as déjà assez perdu ton temps comme ça.
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