Force of Destiny

ajouter les paroles de l'album
ajouter une chronique/commentaire
Ajouter un fichier audio
16/20
Nom du groupe Tigersclaw
Nom de l'album Force of Destiny
Type Album
Date de parution 15 Fevrier 2019
Labels 7Hard
Style MusicalPower Symphonique
Membres possèdant cet album7

Tracklist

1.
 Force of Destiny
 04:14
2.
 Walpurgis Night
 03:56
3.
 Tigersclaw
 05:57
4.
 Speed of Light
 03:31
5.
 Empire of Forgotten Souls
 04:44
6.
 Lightyears Away
 04:54
7.
 Still of the Night
 05:50
8.
 The Fallen Queen
 05:56
9.
 Feel the Night
 03:56
10.
 For Kingdoms Pride
 04:38
11.
 Dimitte Me
 03:30
12.
 Tears in the Night
 06:15
13.
 Angels Don't Cry
 04:47
14.
 Breath of the Dragon
 04:19
15.
 Love at First Sight
 06:42

Durée totale : 01:13:09

Acheter cet album

 $92.00  13,67 €  14,99 €  £11.98  buy  92,00 €  13,17 €
Spirit of Metal est soutenu par ses lecteurs. Quand vous achetez via nos liens commerciaux, le site peut gagner une commission

Tigersclaw


Chronique @ ericb4

26 Juillet 2022

De truculents harmoniques alliés à de subtiles variations s'inscrivent dans l'adn de ce second mouvement...

Nous ayant gratifiés d'un émoustillant et élégant premier album, « Princess of the Dark », plutôt que de chercher coûte que coûte à disséminer ses gammes et ses arpèges, c'est avec patience et une infinie minutie que le trio germano-russe échafaude son édifice. Aussi, mettra-t-il près de deux années pour revenir de plus belle, à l'instar d'un second effort de même acabit dénommé « Force of Destiny » ; rondelle de 15 morceaux égrainés sur un ruban auditif de quelque 73 minutes, sortie, tout comme son aînée, chez le puissant label teuton 7Hard. Après son encourageant devancier, ce nouvel arrivage serait-il à même de propulser dores et déjà nos trois acolytes au rang de valeurs montantes du si couru registre metal symphonique à chant féminin ?

Conformément à leurs aspirations premières, c'est à nouveau dans un environnement rock'n'metal symphonique gothique aux colorations power mélodique et progressif que sévissent de concert la soprano Elena Minina, le compositeur, guitariste/bassiste et claviériste Alexander Baier (ex-Silk 'n' Steel) et le batteur Ralf Neumann (ex-Infinity's Call). De cette étroite collaboration émane une œuvre volontiers solaire, souvent vitaminée, parfois intrigante, un brin romantique, non sans rappeler, là encore, tour à tour, Nightwish, Imperial Age, Sirenia, Lunatica, Xandria, Amberian Dawn, Darkwell, Atargatis, After Forever ou encore Ancient Bards. Enregistré à la fois aux Stardust Records Studios et aux studios propres du groupe, le méfait ne concède que peu de sonorités parasites tout en jouissant de finitions passées au crible. Bref, tous les voyants seraient au vert pour effectuer une traversée des plus sécurisantes pour nous mener, espérons-le, vers quelques terres d'abondance...


Si, à l'image de son prédécesseur, c'est sur une terre de lave en fusion que démarrent les hostilités, les exemples seront loin de manquer à l'appel, non sans quelques pépites essaimées çà et là par nos compères. Ainsi, le titre éponyme de l'opus, « Force of Destiny », se pose tel un magmatique effort power gothico-symphonique au martelant tapping, à la croisée des chemins entre Ancient Bards et Darkwell, magnifié par les envoûtantes inflexions de la sirène et doté d'un flamboyant solo de guitare. Le pavillon pourra également se voir happé d'un battement d'ailes tant par le refrain catchy du ''xandrien'' « Lightyears Away » que par les fondants couplets du ''nightwishien'' « Dimitte Me », deux tubesques plages encensées, elles aussi, par les poignantes envolées lyriques de la diva. Démarrant sur un tapis de velours, l'énigmatique et ''atargatien'' « Speed of Light », pour sa part, n'en recèle pas moins un riffing acéré adossé à une frondeuse rythmique et de fulgurantes accélérations. Un galvanisant effort incitatif à un headbang bien senti, en somme.

D'autres passages à la coloration progressive plus marquée pourront également nous assigner à résidence. Ce qu'atteste, d'une part, le rageur et ''xandrien'' mid/up tempo « Walpurgis Night ». Alternant ses féroces coups de boutoir avec des breaks judicieusement amenés, le torrentiel mouvement dissémine une énergie aisément communicative. Dans cette mouvance, au carrefour de Nightwish et Imperial Age, « Tigersclaw », pour sa part, joue 6 minutes durant sur les effets de contrastes atmosphériques et rythmiques pour tenter d'aspirer le tympan. Aussi, effeuille-t-on un morceau scindé en deux temps : une première période sous forme d'instrumental a-rythmique laissant entrevoir un fin legato à la lead guitare et de troublantes incantations féminines ; la seconde, bien plus sanguine, mise en exergue par les saisissantes modulations lyriques de la déesse. Et la sauce prend, in fine. Fusionnant les empreintes de Nightwish et Atargatis, le low/up tempo « The Fallen Queen », lui, séduit par la délicatesse de ses schèmes d'accords autant qu'il interpelle par la soudaineté de sa montée en puissance à mi-morceau.

Dans une même logique progressive mais un tantinet plus en retenue, d'autres pistes trouveront non moins les clés pour nous retenir plus que de raison. Aussi, à la confluence de Lunatica et After Forever, le low tempo progressif « Empire of Forgotten Souls » ne mettra qu'une poignée de secondes pour nous entraîner dans son sillage. Sous couvert de seyants gimmicks guitaristiques, de sensibles arpèges au piano, d'une grisante montée en régime de son corps orchestral, et mis en habits de lumière par les puissantes impulsions de la princesse, l'altier méfait ne se quittera qu'à regret. Par ailleurs, au regard du subit emballement de son convoi instrumental relayant une entame infiltrée de choeurs aux abois, l'intrigant et ''xandrien'' low/mid tempo « Angels Don't Cry » s'avère non moins surprenant, mais nullement déroutant. Mais là n'est pas l'ultime argument de nos compères....

Dans cette énergie, certains espaces d'expression observent une structure originale, le groupe ouvrant alors largement le champ des possibles en matière d'exercices de style. Ainsi, dans la veine coalisée d' After Forever et Imperial Age, « Feel the Night » recèle une construction singulière, un long et seyant espace tamisé s'insérant entre deux passages bien plus offensifs, alimentés par des riffs crochetés et de puissants coups d'olives. Et la magie opère, une fois encore. Dans la même lignée mais dotés tous deux d'une structure radicalement opposée, les low/mid tempi « Tears in the Night » et « Love at First Sight » nous retiendront à la fois pour la fluidité de leur picking à la guitare acoustique et pour les sensuelles oscillations de la frontwoman.

Lorsqu'elle nous emmène sur d'apaisants rivages, comme elle nous y avait déjà accoutumés, la troupe s'avérera apte à nous pousser dans nos ultimes retranchements. Ce qu'illustre « Still of the Night », ballade romantique jusqu'au bout des ongles voguant sur une sente mélodique toute de fines nuances cousue, que n'auraient reniée ni Amberian Dawn ni Xandria. Sous-tendue par les pénétrantes ondulations de la maîtresse de cérémonie, cette dernière allant jusqu'à tutoyer les notes les plus hautes perchées, à l'instar de « Twilight of the Gods », la tendre sérénade se jouera de toute tentative de résistance à son assimilation par le chaland.

En dépit de ses mérites, le foisonnant opus ne va pas sans accuser l'un ou l'autre bémol. Ce que prouve, tout d'abord, « Breath of the Dragon », ''sirénien'' mid tempo aux arpèges d'accords sujets à moult répétitions et évoluant sur une ligne mélodique convenue, et surtout éthérée et linéarisée. On ne retiendra pas davantage le ''nightwishien'' « For Kingdoms Pride », son refrain en demi-teinte et en proie à la répétibilité de ses séries de notes ne permettant de compenser que partiellement les fines ciselures de ses couplets et ses grisants gimmicks guitaristiques.


Résultat des courses : le trio germano-russe nous livre un message musical aussi fringant et énigmatique que puissant et émouvant, bénéficiant, tout comme son aîné, d'une production d'ensemble de bonne facture. Variant ses phases atmosphériques et rythmiques à l'envi, témoignant parallèlement de qualités techniques et mélodiques que bon nombre de ses homologues pourraient lui envier, cet opus n'aura pas tari d'atouts pour espérer voir le combo élevé au statut de valeur montante de ce registre metal. Nos acolytes devront toutefois veiller à effacer toute zone de remplissage de leurs tabloïds et digérer plus encore leurs sources d'influence pour nous surprendre, et parvenir à nous retenir sur le long terme, in fine. De truculents harmoniques alliés à de subtiles variations s'inscrivent néanmoins dans l'adn de ce second mouvement ; état de fait qui laisse à penser que le collectif est loin d'avoir écrit la dernière page de son histoire. Wait and see...

0 Commentaire

0 J'aime

Partager
    Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire

Autres productions de Tigersclaw