For Battles Once Fought

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16/20
Nom du groupe Arafel
Nom de l'album For Battles Once Fought
Type Album
Date de parution 28 Janvier 2011
Enregistré à Hertz Studio
Style MusicalBlack Folklorique
Membres possèdant cet album28

Tracklist

1.
 Sword's Hymn
 07:32
2.
 Kurgan
 06:03
3.
 The Siege
 05:46
4.
 1380: The Confrontation
 06:47
5.
 The Last Breath of Fire
 03:25
6.
 Im Feld
 04:45
7.
 Wolf's Hunt
 05:44
8.
 Death of Archaic World
 06:14

Durée totale : 46:16


Chronique @ AlonewithL

16 Mars 2011

Un sombre nuage se profile à l’horizon. Écoutez ses coups de tonnerre.

« Le peuple restait dans l'éloignement; mais Moïse s'approcha de la nuée où était Dieu. » (Exode 20:21)

« Arafel », si l’on prend sa signification de l’hébreu « ArAfel » signifierait « sombre nuage » ou encore « nuée ». Le mot en question a souvent été usité dans l’ancien testament et ne laisse rien présager de bon, ou au moins à quelque chose d’assez extraordinaire. Mais ce « Arafel » là, par contre, serait bien capable de nous donner du bon. Cette formation de black folklorique israélienne n’en est aujourd’hui qu’à son troisième volume depuis sa fondation en 1997. Et l’avant dernier, « Second Strike: Through the Flames » date de 2005. Felius et Leshii, derniers membres originels du groupe, ont depuis fait le ménage autour d’eux et ont invité de tout nouveaux membres. À savoir, Roman du groupe israélien « Deface », à la basse; Nasha, ex-« Anora Dimentia », au violon; et surtout l’ancienne voix des deux premiers opus d’« Equilibrium », Helge Stang.
« Arafel », figurant désormais sur le label NoiseArt Records aux côtés de son confrère « Varg », ne puise pas ses inspirations dans la culture du Proche Orient, comme la localisation de ce groupe le laisserait à penser. Pas de metal oriental donc, mais bien un pagan qui plonge ses racines dans la culture du nord de l’Europe, et principalement de Russie.

Affirmation que l’on pourra dès lors confirmer à l’écoute de « Sword’s Hymn ». On est bien là dans un paysage froid et moyenâgeux du Nord-est européen. Combats à l ‘épée, cavalcades et chants victorieux de braves guerriers, la mousse de bière aux lèvres. Tout cela sent bon l’épopée, à priori. Puis c’est le tumulte brutal associé de la batterie et de la guitare, que viendra éclaircir le violon, suivant la scène d’assez loin. Première remarque que l’on peut d’or et déjà faire, par rapport au précédent opus. La batterie est ici bien à sa place, beaucoup plus expressive et agréable au niveau du son. Il n’y a plus cette continuité compacte, assez embarrassante, quand on fait une relation par rapport à « Second Strike:… ». La partie vocale est aussi mieux maîtrisée, et s’enrichie même. Helge Stang y alterne growl death et black avec un certain brio. Le morceau se pare d’un élan mélodieux qui ne figurait pas sur les deux premiers « Arafel », et ceci malgré la dissonance calculée et intimidante du riffing de guitare. Les sonorités sur la fin, après une courte escapade en pleine liberté, seront davantage appuyées. Plus tranchées, presque rendues étourdies. Le violon et les passages de fond claviers seront, comme les rares moments de chœurs, les éléments déclencheurs d’airs beaucoup plus harmonieux, et par essence beaucoup plus folk.

Le violon, instrument de base dans de nombreuses formations à tendance folk, est à la manœuvre sur l’imposant « Kurgan ». Il ouvrira et fermera le bal, tout en tentant de s’immiscer au milieu de salves rigides, puis mélodieuses, des quelques blasts et chœurs épiques portées aux nues. Mais également des différents types de chants grondés qui se rendent la pareille, quasi coup pour coup.
Là où l’instrument sera à sa pleine mesure sera bien évidemment sur la piste instrumentale de l’album. « The Last Breath of Fire » se dévoile sobrement au bruit du vent glacial et du crépitement d’un feu. La guitare acoustique, qui avait débuté sur quelques notes apaisantes, se fait subtiliser sa place par un violon conquérant, que vient ensuite accompagner les tonalités agressives d’une guitare chargée en électricité. Des voix épiques apportent un complément pour rendre l’atmosphère hymnesque.

Épique, c’est le mot qu’on retient pour qualifier le froid et splendide « Wolf’s Hunt ». Le titre débute sur une très belle entame attristée. On entend ici une guitare solitaire perdue au milieu du froid et des hurlements de loups affamés. Les mélodies qui prendront place seront marquées de la même fraicheur. Mais point de rigidité dans le jeu cette fois. Guitare et batterie s’élancent pleinement et démontrent toute leur expressivité. L’âme épique s’envole à l’arrivée du chœur guerrier, devenu point de repère essentiel.

Cette impression mêlée de solidité et de mélodicité, dans ses nombreux éléments, pourrait faire paraître les morceaux comme étant décousus au tout premier abord. Mais toutes les différentes approches dans ce panel de styles utilisés, parviennent à former une cohésion. La majorité des pistes naviguent dans des passages diversifiés, passant de la légèreté du folk, à la virulence du black ou encore à la lourdeur implacable du death; comme l’illustre très bien des titres comme « The Siege », au son des plus chaloupés, mais aussi « 1380: The Confrontation ». Au passage, ces deux titres content les événements liés à la bataille de Koulikovo (03/09/1380), où les russes vainquent les mongols de la Horde d’Or. Événement qui va conduire à l’unification de territoires russes, point de départ dans la création de la future Russie. Sur « 1380: The Confrontation », le contraste entre les airs guillerets tenus par le violon, et les riffs secs sous la direction tyrannique des growls, est des plus saisissants.

Contraste, dualité entre instruments, que l’on retrouve à nouveau ostensiblement sur « Im Feld ». Les riffs sont tout en violence, en précipitation, parfois en courses folles incontrôlées. Face à ce remous, le violon reste impassible et calme. Les instruments sembleraient tous ensemble être épris de la même rage, de la même fougue, sur « Death of Archaic World ». Les riffs de guitare répondent cette fois ci, à une logique plus pagan. Ce qui expliquerait une totale adhésion et le compromis passé entre tous les instruments qui s’éprennent à toute vitesse, avec un sens plus aigue de la mélodie et de l’harmonie que sur les pistes qui l’ont précédé.

Un sombre nuage se profile à l’horizon. Écoutez ses coups de tonnerre. « Arafel », après une longue période à se tâter, à se remettre en question, pourrait bien avoir enfin trouvé la bonne formule. Son troisième volume, bien que perdu dans les lointaines steppes du Nord, comprend des titres à la fois élaborés, uniformes et imprégnants. L’équipe, qui peut s’enorgueillir d’avoir Helge Stang dans ses rangs, a l’air de fonctionner. Avec « For Battles Once Fought », « Arafel » risquerait de paraître au grand jour et combler tout amateur de black folklorique et de black pagan. Ne restez pas si éloignés. Venez! Approchez vous!

15/20

24 Commentaires

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Silent_Flight - 19 Mars 2011: Grande folle hahaha (hem...)
CrazyMetalhead - 28 Mars 2011: Bonne chronique !

Par contre je ne suis pas du tout d'accord avec ceux qui disent que c'est pas terrible en live. Je viens de les voir à la pagan fest d' Anvers et c'était vraiment super. Très bonne découverte pour ma part.
Opalescente - 29 Mars 2011: Ah je fais partie des gens qui trouvent qu'Arafel ne vaut rien en live. Vus à Paris, je les ai trouvé mous, et à mon avis la violoniste massacre toutes les chansons, avec un violon désaccordé et pas en rythme du tout. Le pire groupe du Paganfest je pense.
BlackBowl - 31 Mars 2011: Une superbe Chronique félicitations ;) ! Un album vraiment sympa à écouter, il y a de quoi faire j'attends avec impatience la suite.

Encore merci pour la chro :)
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