Five Serpent's Teeth

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Nom du groupe Evile (UK)
Nom de l'album Five Serpent's Teeth
Type Album
Date de parution 26 Septembre 2011
Style MusicalThrash Metal
Membres possèdant cet album78

Tracklist

1. Five Serpent's Teeth 05:34
2. In Dreams of Terror 05:09
3. Cult 04:52
4. Eternal Empire 05:34
5. Xaraya 06:04
6. Origin of Oblivion 05:06
7. Centurion 05:46
8. In Memoriam 05:48
9. Descent into Madness 04:26
10. Long Live New Flesh 05:17
Total playing time 53:36

Chronique @ AlonewithL

23 Octobre 2011

Au lieu de vipères, nous aurons en fait des couleuvres. Ce qui pourra toujours impressionner au premier abord.

Où est l’âme d’« Evile » ? Qu’est ce qui caractérise cette formation des autres ? On en est à se poser de telles questions aujourd’hui. On aurait déjà reproché au groupe de s’être montré trop intimiste avec « Slayer ». Dorénavant on aurait tendance à le voir puiser allégrement chez d’autres groupes de thrash californien. Les membres de la formation n’ont d’ailleurs jamais caché leur fascination pour « Metallica ». Cette fascination pour le thrash californien des années 80-90 pourrait bien devenir une faiblesse de plus en plus visible. Un corps, de plus, fragilisé par la perte de son bassiste Mike Alexander, décédé le 05/10/2009 en Suède, alors que le groupe était en première partie d’« Amon Amarth ». Son esprit semblerait flotter au dessus de cet album vêtu d’une magnifique couverture noire. Ainsi, on retrouvera le nom de Mike associé à deux des titres de ce troisième opus, de nouveau chez le label Earache. Doit-on parler de « Five Serpent’s Teeth » de nid de vipères? Au lieu de vipères, nous aurons en fait des couleuvres. Ce qui pourra toujours impressionner au premier abord. Mais rien de raisonnablement terrifiant de leur part.

Oui, l’auditeur sera impressionné lors de sa première visite. Par l’excellence du son qui doit beaucoup à la production encore une fois signée par Russ Russell. Mais surtout par l’entame du titre éponyme, tous premiers signes fournis par le groupe. Grandiloquent, sinistre. On sent dès à présent un frisson. Une très bonne annonce qui n’aurait pas laissé envisager les parties rythmiques empruntes à « Metallica » qui vont suivre. Un peu poussif. Ce serait presque mou alors qu’il y a bel et bien du courant qui passe. Toutefois, le réveil en sursaut des guitares se fera juste avant le dernier tiers. Une prise d’orgueil faisant place à la virtuosité et la technique, pour que tout ce flux d énergie retombe malheureusement dans le riffing redondant antérieur. Quelque chose ne colle pas vraiment chez les anglais. « Evile » est devenu sophistiqué. Chant comme musique se veulent raffinés, rafraichis, propres. Trop propre pour du thrash metal. Où est la hargne, la crasse, la brutalité de « Enter the Grave »? Nous aurions déjà pu y déceler un certain changement sur « Infected Nations » qui paraissait plus fignolé, mais donnait quelques signes de faiblesse au niveau de la force de frappe. Tout cela rend le contenu assez ennuyeux au final.

Niveau puissance de feu « In Dreams of Terror » paraissait bien doté. Le titre est pour autant des plus linéaires hormis quelques passages tapageurs bienvenus. L’état d’excitation sera néanmoins atteint avec « Origin of Oblivion ». Enfin « Evile » tire des salves transformant la piste en véritable théâtre de conflit. Son point fort : la vitesse. On rentre à toute allure sans se préoccuper des obstacles. C’est ça qui est bon dans le thrash metal. Un titre, donc dévastateur qui comptera également sur un refrain très porteur, où la voix de Matt Drake ira jusqu’aux cieux pour reprendre ensuite son assise en enfer. Cette brutalité vivifiante se retrouvera de manière plus contenue sur « Descent into Madness ». Un peu plus déconcertant. Lourd et incandescent. Cependant on peinerait à le suivre. Ce morceau nous fait vivre plusieurs scènes différentes. La musique d’abord débordante de vie, va commencer à tituber jusqu’à s'écrouler dans des sonorités à la fois étranges et morbides en toute fin. Un aspect sinistre et décousu utilisé aussi pour « Centurion », sauf que sa construction apparait déjà beaucoup plus bancale. On ne comprend pas trop ce que le groupe a cherché à faire. On en garde un parfum d’inachevé.

L’apparence sombre de l’album n’aura pas échappé à l’auditeur. Ce condensé de noirceur prendra appui sur des titres à l’exemple d’« Eternal Empire » et son amorce lente et grippée. Des déboulés de pierres remarquablement déclenchés par les frères Drake. Morceau qui fera certainement songer à « Testament » tellement les sonorités lui sont similaires par moments. Le chant quant à lui manquerait ici d’adhésion. Autre endroit, même sensations escomptées, la basse sur « In Memoriam » donnerait froid dans le dos. Le fantôme de Mike Alexander se voit alors incarné par Joel Graham, pour se faire relayer par celui de « Metallica ». On se croirait être en train d écouter l’une des balades du black album ou de « Load », en moins bon. La voix de Matt Drake se confond avec celle de James Hetfield. Ce n’est vraiment pas l’hommage que l’on attendait de leur part. Rien de vibrant, juste une pâle contrefaçon d’une autre grande formation metal. On pourrait y signaler la présence du papa de la famille Drake, Tony Drake sur le premier soli de guitare.

L’ombre de Mike planera encore sur « Long live the New Flesh », frustrant lui aussi. On admire là un mirage. Majestueux et fort dans un premier temps. On assistera par la suite à quelque chose de bien trop dissonant et perdu. Une guitare rythmique et une batterie en grand manque de perspective et d’inspiration. Cela tabasse, mais « Evile » n’a plus le contrôle de sa machine. Quand on vient à évoquer le manque d’inspiration, on pense immédiatement à « Xaraya ». La parenté à « Metallica » n’est plus contestable. Véritable revisite du black album. Il y aurait à chaque fois un semblant de démarrage moteur, puis ça s’essouffle. C’est la panne. La confusion qui règne sur le dernier tiers rattrapera quelque peu le manque de performance. Il ne faut pas faire non plus le rabat-joie, dans la contrefaçon, il y a du bon. Prenez le cas de « Cult ». Rien à redire. Les riffs répondent dans l’immédiat. L’imitation est parfaite.

C’est un « Evile » endeuillé et fragilisé que l‘on perçoit. Confus, et quasiment en perte de repère s’il n’y avait pas le thrash californien des années 80-90 pour le soulager. Deux ans sont passés depuis la mort de leur bassiste Michael Alexander, et ils nous livrent aujourd’hui un opus en demi teinte. De la technique, de l’ambiance. La formation voudrait nous transporter ainsi dans une autre dimension. Mais la magie n’opère pas. La spontanéité, la rage des débuts s’en sont allés. Les serpents ont perdu de leur venin. « Five Serpent’s Teeth » ne figurera pas comme la tuerie tant redoutée. Peut être plus comme un simple hommage à de grandes formations qui ont fait les beaux jours du thrash, mais aussi et surtout à un de leurs compagnons, le 5ème serpent de cet album.

13/20

20 Commentaires

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AlonewithL - 02 Mars 2015: "Evile" c'est du "Metallica" worship, et on décèle sur celui-là une grosse influence au black album.
Slyness - 03 Mars 2015: Grosse je trouve pas
AlonewithL - 03 Mars 2015: Je ne suis pas le seul à l'affirmer pourtant ^^
Slyness - 07 Mars 2015: C'est pas parce que 300 000 personnes disent que 1+1=3 que ça va faire 3. Et c'est pas parce que cet album est moins "pure old school thrash" et plus recherché qu'il est moins bon. Il peut avoir une influence Black Album si ça peut te faire plaisir, perso je m'en fous, ça change pas le fait qu'il soit recherché et putain de jouissif
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