En ces temps obscurs et reculés, ceux où ces préaux virtuels ne nous donnaient pas un accès aussi commode à l'art, certaines œuvres revêtait un aspect mythique tant, au cœur de certaines zone géographique culturellement défavorisées, elles étaient rares et complexe à dénicher. Tant et si bien que beaucoup d'entre nous, à l'âge certain, se souviennent avec une certaine émotion de ces parcours initiatiques où après d'âpres recherches, aux détours d'une énième échoppes, ils finissaient, enfin, par découvrir l'objet coupable de leurs désirs. La quête elle même était, par ailleurs, parfois aussi grisante, sinon plus, que l'objet concret.
Parmi ces trésors pour lequel votre modeste obligé dût s'employer, citons
First Things First des californiens de Medecine
Wheel. Découvert en
1994, égaré au milieu d'une compilation offerte par
Hard Rock Magazine dans laquelle ce groupe nous dévoilait ses charmes au travers du morceau
Flying Blind issus de leur premier album, Michael Mulholland et ses complices font partis de la longue liste de ces groupes dont la renommée sera aussi foudroyante que relative. Une liste au caractère quelque peu énigmatique car outres la difficulté déjà évoqué à acquérir leurs travaux, l'absence de talent n'est, par exemple, pas nécessairement un critère suffisant pour y figurer. Et de
Bad Moon Rising à Dirty White Boys, en passant par
Cry Of Love et Howling Iguanas, de nombreuses formations aux destinés diverses y échouent et y partagent au pire un injuste anonymat, au mieux une dédaigneuse reconnaissance honorifique.
Fort heureusement, exception faites de cette extrême accessibilité dont bénéficie (où pâtit) la culture, ces nouveaux univers numériques nous offrent aussi la possibilité de réhabiliter des opus, et des artistes, méritants. Rendons donc grâce a
First Things First et à
Medicine Wheel.
Avec ce premier album, les californiens allaient nous permettre de découvrir ce
Hard Rock aux accents Heavy prononcés dans lequel ce souci de musicalité demeure prégnant. Précisons que si cette expression artistique s'inscrit quelques peu dans la continuité de certains des groupes déjà citées,
Medicine Wheel, quant à lui, ne possède pas vraiment cet aspect Bluesy que l'on peut retrouver sur les premiers pas, par exemple, de
Bad Moon Rising. Et en parlant de voix, on notera d'ailleurs que celle de Michael Mulholland est plus aigue, moins écorchée, moins chaleureuse et, donc, moins singulière que celle de Kal
Swan. Non pas qu'elle handicape le propos de ces américains, loin s'en faut, mais force est de constater qu'elle s'inscrit davantage dans les caractéristiques particulières d'un Heavy
Metal, plutôt que dans celles d'un
Hard Rock. D'aucuns pourraient le déplorer.
Cependant ces signes distinctifs n'empêcheront pas
Medicine Wheel de nous proposer un remarquable travail. Bien au contraire. Et ainsi de nous séduire en nous égarant dans les méandres, tantôt nerveux (les excellents Hit and Run,
Flying Blind, Wlakings Into Walls), tantôt plus mélodiques (les remarquables Don't Promise me the
Moon, Long on Love,
Money to
Burn), tantôt plus intimistes (Stay, le superbe Blue Over You), tantôt groovy (l'étonnant
Pain), de leurs talents. Par ailleurs, l'album qui en résulte, en plus d'être très réussi, loin d'être morcelé et déconcertant, garde une incroyable efficacité.
First Things First, premier album des Californiens de
Medicine Wheel, est donc un opus passionnant. Sa diversité délicieuse, sa musicalité, sa force, ses constructions subtiles et son intensité auraient dût en faire une œuvre cruciale dans la carrière de ce groupe. Ce qui, malheureusement, n'arriva pas.
Cet opus est une petite bombe débordante de feeling, au cachet vraiment original; le seul défaut que je lui trouve est le dispensable interlude "Classical Peace" qui coupe cet album racé en deux, inutilement à mon sens.
Connais-tu d'ailleurs le suivant, que je n'ai jamais écouté ?
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