Recipients of Death, groupe Californien de thrashmetal, a réussi la prouesse de ne sortir aucun album dans sa courte vie, et pourtant de bénéficier d'un sentiment de sympathie avéré chez les thrashers avec la publication de deux E.P. durant son existence éphémère. Deux sorties sous ce format valent elles un album entier ? En l'occurrence, et depuis une réédition de piètre qualité chez
Cobra Records groupant les deux sorties, mieux vaut acquérir les deux objets séparément. Il vous en coûtera deux achats, mais vous pourrez avoir des éditions d'origine d'un groupe méconnu qui permettent de découvrir un thrash agressif, dans la veine du
Dark Angel des deux premiers albums pour prendre une référence plus établie.
Constitué de cinq morceaux, et coproduit par Eric Meyer (
Dark Angel, tiens, tiens),
Final Flight débute par un titre éponyme rapide, véloce et tout à fait dans la veine d'un
Darkness Descends. La ressemblance vocale avec Don Doty (chanteur des deux premiers albums de
Dark Angel) de
Dead Rich G., leader, guitariste rythmique, bassiste, chanteur et compositeur principal, tant dans le débit rapide que dans les intonations, contribue à évoquer cette similitude évidente.
Pas toutes extraordinaires non plus qualitativement parlant, les compositions auraient pu accrocher par un riffing parfois plus varié pour ne pas avoir cette impression de redondance qui, sur un album, aurait sans doute été préjudiciable. Néanmoins, sur le format d'un E.P., ça passe tout seul, tabassage en règle inclus.
Point fort du disque, le son, en progression par rapport à son prédécesseur, apporte une basse mieux mise en avant, et une rondeur finale qui renforce la lisibilité de compositions toujours rapides, un peu à l'image des premiers
Sadus, dont
Recipients of Death n'est pas si éloigné, sans filiation aucune avec le deathmetal toutefois. Le meilleur morceau, "Democratic Lie", avec ses breaks mid tempo, et ses leads malsains surnage et apporte un peu de respiration bienvenue. Couplé à des paroles dénonçant les dérives du système, ce morceau final termine à ce jour l'envol du groupe et laisse un fort sentiment d'inachevé.
Par sa rapidité, son côté immédiat et sa hargne,
Final Flight constitue une approche intéressante du thrashmetal des 80's, à l'image d'un
Armoros (dont je recommande la lecture sur le site de la chronique du coffret sorti en 2008 chez Marquee Records), d'un
Gammacide, ou de tout autre groupe de thrash agressif et débridé,
Dark Angel en tête, bien sûr. Mais ça, chacun l'aura compris.
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