Fighting the Poison

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Nom du groupe Mosh Pit Justice
Nom de l'album Fighting the Poison
Type Album
Date de parution 05 Avril 2019
Style MusicalThrash Metal
Membres possèdant cet album3

Tracklist

1.
 Bound to Decay
 05:02
2.
 Feed Me to the Flames
 05:29
3.
 God Wills It
 05:08
4.
 The Serpent's Call
 05:42
5.
 State of Damnation
 05:00
6.
 In the Final Days
 05:05
7.
 Prove Your Faith
 04:29
8.
 Forging Our Fate
 05:52

Durée totale : 41:47


Chronique @ LeMoustre

27 Octobre 2019

Through Eyes of Thrash

6 ans après leur premier album, chroniqué en ces pages, le trio Bulgare Mosh Pit Justice sort son quatrième disque chez Punishment18, label italien réputé pour ses sorties thrash souvent intéressantes à défaut d'être ultimes. Si votre serviteur a injustement laissé de côté ce jeune groupe pour ses seconds et troisièmes albums, le temps est venu de rendre hommage à ce disque, situé haut, très haut sur l'échelle des sorties de cette année en pur thrashmetal. Voilà qui pose le tableau dès le début de ces modestes lignes, à l'instar des huit morceaux sans introduction inutile du nouvel album arborant toujours le gorille patché cher au trio.

Les connaisseurs du groupe ne seront guère surpris par le niveau affiché, et si l'influence vocale du chanteur de Forbidden Russ Anderson est plus que jamais palpable (c'en est confondant et il serait tentant de s'arrêter à cela), les compositions made in Bay-Area prennent corps directement, sans avoir à subir l'amalgame avec le groupe de Glen Alvelais (pour le thrasher qui ne se contentera pas d'une écoute superficielle évidemment). A cet effet, si on prend une par une chaque pièce, force est de constater aucun remplissage ou passage instrumental malvenu. Déjà, les huit titres, format idéal pour un disque de thrash, sont tous de haute volée, du niveau des deux premiers Forbidden globalement (si, si) : rythmiques véloces, accélérations soudaines, gang vocals, parties de guitares acérées, bastonnage rythmique et finesse instrumentale. Ensuite, Georgy Pichev module sa voix à loisir (comme sur "God Wills It" où Glen Alvelais - Forbidden - tombe un magnifique solo en invité assumé au milieu d'un texte sur la prise de Jérusalem par les croisés) et amène par ses mélodies vocales efficaces un surplus d'intérêt aux riffs et breaks incessants de l'album. Enfin, l'inspiration rayonne ici, ne se contentant pas de recyclage redondant ou de plans déjà entendus, sans réinventer la roue du thrash, mais en maîtrisant son sujet admirablement tout au long des 41 minutes (au hasard, les mélodies du final "Forging Our Fate").

Notons dans ce déluge thrash quelques curiosités, comme le début épique du magnifique "The Serpent's Call" qui n'aurait pas dépareillé sur un album d'Atlantean Kodex (en écoute ci-dessous et titre le plus heavy de l'album). Si le tempo est majoritairement rapide, Mosh Pit Justice ne rechigne pas à quelques plans plus foncièrement heavy et mélodiques, comme pouvaient le faire Flotsam & Jetsam ou Forbidden, bien sûr. Ainsi, avec une base toujours entraînante, très souvent galopante et parfois agressive, le thrashmetal de Mosh Pit Justice nous renvoie directement en 1987-89 (les attaques à 0'47", à 2'46" et à 4'18" d'un "State of Damnation" qui n'aurait pas fait tâche sur Forbidden Evil). Staffa aux guitares effectue un boulot dingue, toujours soigné tant en riffing pur qu'en solo (celui au début du superbe "In The Final Of Days" par exemple mais aussi celui à la fin de "Prove Your Faith" effectué par Emil Markov du groupe de Jeff Scott Soto) rendant cet album immersif et prenant, et avec une durée de vie sur la platine supposée illimitée. Un mot sur les textes, intelligents avec fibre écologique et récits historiques illustrant des mélodies toujours pertinentes.

Si souvent il est tentant de rester accroché à une comparaison entre anciens et nouveaux groupes avec ressemblances plus ou moins pertinentes, tant en deathmetal ou en thrash, genre "bah, ça ressemble trop à Death", ou "pfff, on dirait du Kreator d'avant" avec telle ou telle formation, Mosh Pit Justice ne souffrira pas de ce mal là, tant les compositions toutes excellentes et portées par un sens mélodique remarquable existent par elles-mêmes. On pourra d'ailleurs de fait trouver un décalage entre le nom du groupe, sa mascotte un brin risible et la qualité de cet opus, faisant entrer Mosh Pit Justice dans la cour des grands. Si l'influence Forbidden restera incontournable (les déçus de la discographie post 1990 du groupe californien peuvent se faire ici un trip nostalgique sans hésiter - effet garanti), il sera mieux de regarder cet album avec des yeux d'un thrasher dépassant cette simple similitude rapidement balayée par la qualité présente. Un grand album.


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