Asylum Pyre nous revient quatre années après son premier album «
Natural Instinct? » Un album metal mélodique déjà réussi, un cover assez écolo avec des teintes faisant penser à l'aube, accompagnées du logo du groupe, écrit en vert et rouge....une étrange jeune femme mi humaine, mi végétale semble naître d'un arbre... un univers rêveur s'ouvre alors à nous....
Si je vous parle du cover de cet album alors que ma chronique va traiter de «
Fifty Years Later » ce n'est pas que je sois nostalgique mais que ça me paraît avoir son importance. Car, la première chose qui frappe avant même d'écouter l'album, c'est bien ce changement d'aspect du cover. Oubliées les couleurs printanières et colorées, place aux teintes crépusculaires, jusqu'au logo «
Asylum Pyre » qui devient plus sombre. La jeune femme naissante de «
Natural Instinct? » semble être bien vivante mais déjà menacée par un monde désormais sans arbres, quelques troncs à demi calcinés restent présents parmi les feuilles mortes encore présentes. Au loin, les traces sombres de la civilisation des hommes semblent se rapprocher dangereusement de notre jolie et bien étrange femme... "
Fifty Years Later" nous donne le ton de l'album, beaucoup plus sombre et inquiétant, pour tous.
Comment cela se traduit-il en musique et en paroles ?
Tout d'abord par un changement important dans le line-up, la voix essentiellement lyrique de Carole Alcantara fera place à celle très personnelle de Chaoss
Heidi, plus rock-metal et ne se permettra quelques notes lyrique qu'en de courts instants. Avec une voix plus sombre, la musique va changer légèrement en commençant par une introduction, tout en douceur avant d'entrer directement vers un style plus heavy-progressif qui nous accompagnera tout au long de l'album. Quant aux textes, ils sont à l'image du cover, peu rassurants, car si
Fifty Years Later n'est pas à proprement parler une suite directe de «
Natural Instinct? » il va tout de même établir une continuité avec son prédécesseur.
Nous nous retrouverons dans une histoire qui passe donc de notre époque à cinquante ans plus tard. A nous de faire en sorte que l'avenir qui semble nous attendre dans ce récit nous soit meilleur dans notre réalité. Et la voix de Chaoss
Heidi nous décrit parfaitement cette atmosphère de mise en garde, la voix souvent a l'air menaçante et sombre ou au contraire tout en délicatesse, notamment lors des duos avec Johann comme sur Fisherman's Day, un titre qui nous apporte un peu de repos mélancolique au milieu de ce tumulte, car même si cet album n'est pas du heavy metal pur et dur, il reste très énergique et mouvementé avec ses riffs énergiques, sa double grosse caisse, ça reste du metal !
Mais du metal complexe et bien structuré qui sait alterner colère et lueurs d'espoir. De même la voix de Chaoss
Heidi sera souvent accompagnée par celle de Johann, les titres les plus approfondis sauront jouer sur l'énergie des guitares saturées tout en passant par des séquences acoustiques très bien complétées par des guitares aux sons cleans. Le titre « Any Hypothesis » qui dure plus de neuf minutes illustre parfaitement cet album dont les contrastes bien présents ne semblent pourtant jamais en opposition mais davantage en complément. Le très énergique « Just Before the
Silence », où se mélangent l'énergie du chant clean et des grunts avec même quelques effets sur la voix homme, terminera définitivement le coté colérique de l'album.
Un album que le groupe finira en beauté avec le titre éponyme de l'album, un titre assez long encore avec ses sept minutes. La conclusion de ce concept, de plus de cinquante minutes tout de même, laisse un sentiment positif dès la première écoute. Mais ce n'est que le début de l'aventure que l'on souhaitera revivre et approfondir davantage afin d'en mieux saisir ses très nombreuses subtilités.
Asylum Pyre a encore progressé en quatre ans et, avec «
Fifty Years Later », ils peuvent prétendre faire leur entrée avec succès dans la cour des grands. Le changement de voix apporte au groupe une singularité qui peut l'aider à se démarquer des productions dites de « metal à chanteuse »
La qualité et le talent sont bien présents avec
Fifty Years Later....encore une belle production à mettre au crédit du metal français
….à suivre...et de près.
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