Un Heavy
Metal tourmenté, épais et noir aux influences diverses et variées (Iron Maiden,
WASP,
Judas Priest,
Mercyful Fate...) divinement sublimé par un chant aux accents hérités d'illustres prédécesseurs tels Rob
Halford, Tim Owen ou
King Diamond. Voilà, en quelques mots succincts et sommaires, ce que nous proposent, en cette année 2005, les Finlandais de
Domination Black sur un premier album baptisé
Fearbringer.
Au-delà de ce résumé succinct aux références séduisantes, et dont les perspectives s'annoncent prometteuses, fort desquelles cette formation compose des titres remarquablement inspirés, d'autres éléments viennent, eux aussi, aiguiser nos sens. Comme par exemple les superbes dissonances apportées par une guitare claire sur un admirable
Nightmare Asylum, un somptueux The
Psycho lancinant et ténébreux, l'entame horrifique d'un
Traitor Within aux claviers emprunté aux films les plus fameux de la
Hammer mais aussi, plus généralement, l'ensemble de ces passages pesants sombres et suintant une humeur visqueuse malsaine nous menant tout droit sur les chemins d'une délicieuse folie douce. Difficile d'extraire un morceau plutôt qu'un autre afin d'illustrer cette excellence car en réalité tout concourt ici à nous offrir un plaisir plein et entier où les éléments s'imbriquent parfaitement pour former une fresque noire, inquiétante, aboutie et maîtrisée.
En parant ainsi son art à la fois de ténèbres et à la fois de ces parfums d'aliénation
Domination Black nous propose donc un
Fearbringer constituant une alternative passionnante là où nombres d'autres se contentent de marcher dans les pas convenus de leurs illustres prédécesseurs.
Par ailleurs cette œuvre est une réussite d'autant plus impressionnante qu'elle n'aura nécessité que 5 jours d'enregistrement. Un temps durant lequel le groupe aura décidé de ne pas s'égarer en des considérations donnant lieue à d'interminables atermoiements et débats stériles. Force est de constater que se contenter de privilégier une spontanéité immédiate est une démarche qui assurément aura été payante ici.
En outre, insistons encore sur le travail effectué ici par un Kari A. "The Sentinell" KILLgast (dont le surnom fut trouvé par certains membres d'
Omnium Gatherum lors d'une soirée dans un bar où l'alcool ne manqua guère) et sur ces multiples facettes, dans chacune desquelles il excelle, et qui, indiscutablement, apportent un supplément d'âme à un manifeste qui n'en avait pas véritablement besoin.
Juste quelques mots encore pour signaler que l'artwork, remarquable au demeurant, de cet effort est l'œuvre de Mr
Lordi dont la notoriété n'est plus à faire depuis qu'avec ses acolytes grimés et costumés, il gagna, en 2006, le concours Eurovision de la chanson avec le titre "
Hard Rock Hallelujah".
Ce premier véritable album des Finlandais de
Domination Black constitue donc une découverte tout à fait séduisante. Fort d'un Heavy
Metal lugubre et angoissant, sublimé, de surcroît, par un vocaliste émérite, il nous satisfait pleinement.
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