Après deux albums dévolus à un Heavy
Metal sombre et tourmenté, les Finlandais de Black
Domination, en cette année
2012, nous reviennent avec un nouvel effort baptisé
Dimension: Death.
Premier constat le concernant, Kari A. "The
Sentinel" Kilgast n'en sera pas le chanteur puisqu'il aura délaissé ses comparses au profit de Matias
Palm. La voix de ce dernier, moins rugueuse et plus mélodieuse que celle de son prédécesseur, constituera d'ailleurs une première alerte inquiétante quant à cet album.
Legacy of Fears entame curieuse et déstabilisante s'il en est, constituera, quant à elle, la première véritable déception. L'aspect mélodique de ce premier morceau, notamment ces refrains et ce break final naïfs, est, en effet, assez étonnant. Contrastant bien trop avec la noirceur âpre du reste de ce titre, il nous laisse à l'esprit un goût amer déplaisant. L'incongruité et l'ingénuité de cette musicalité s'atténueront, fort heureusement, dès la piste suivante, Passage of the
Dead, qui retrouvera suffisamment de tenue pour sinon nous satisfaire pleinement tout au moins apaiser quelque peu nos craintes. Construit sur le même schéma de ce périlleux contraste,
Cold Touch, vient, elle aussi, s'ajouter à cette liste de chansons plus ou moins convaincantes. Un fait d'autant plus regrettable que Black
Domination avait toujours su jusqu'alors géré avec subtilité ses diverses envies sans jamais sombrer dans les excès le menant trop vers les unes et pas assez vers les autres. Qu'il semble désormais loin le temps des superbes From
Abyss, The
Psycho (
Fearbringer (2005)) ou de
What Lies Beneath (
Dark Legacy (2006)) aux voix subrepticement Death.
Parfois, pour ne pas dire souvent, ce disque nous donne également à entendre quelques stigmates
Power US, Heavy Thrashy, à même de séduire les inconditionnels de certains travaux des
Helstar ou
Judas Priest. L'excellent
The Final Sigh, dont la remarquable agressivité n'est pas sans nous évoquer celle de
Metal Meltdown (Painkiller (1990)), en est d'ailleurs une cinglante démonstration.
Oscillant entre plusieurs visages distincts, Black
Domination ne parviendra donc pas, ou si peu, à trouver un équilibre entre ces différentes aspirations. Sans doute qu'en allant puiser son inspiration en des extrêmes un peu moins éloignés les unes des autres il réduirait considérablement cette fracture née de la confrontation de ces univers paradoxaux.
S'agissant de la pochette de ce manifeste, dans l'étroite continuité de celle que conçut Mr.
Lordi (trublion grimé chanteur du célèbre groupe d'Helsinki qui remporta le concours eurovision de la chanson en 2006) du temps de
Fearbringer, là encore, elle nous laisse un sentiment mitigé. Il serait, en effet, temps que ce groupe se forge une identité visuelle loin de celle imaginée par d'autre qu'il aura bien trop recyclé.
Dimension: Death, troisième album de ce quatuor originaire de Kotka, est donc un échec. De cet art, aux confins d'un Heavy
Metal sombre et tourmentée qu'il avait su nous proposer autrefois, il n'aura pas su extraire le meilleur s'égarant en des territoire bien trop harmonieux, voire même, parfois, candides.
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