Imaginez un endroit qui pourrait être la cabane au fin fond du Kentucky, mais plutôt dans le Sud de la France. Là, se trouve la cave où tout est arrivé. Bien entendu il y a l'ampli Orange encore fumant, la batterie qui a pris des coups dans le fond, et les capsules qui jonchent le sol comme des traces tordues vers cette porte de
Metal grise. Accrochée là, comme un trophée de chasse, une plaque percée sur laquelle est inscrit : Poste 942.
Pas d'erreur, nous sommes au bon endroit pour écouter Extented Play, premier
Scud de nos quatre gaillards : Seb (chanteur), Ludo (bassiste), Jay (batteur), et le maître des lieux Seb guitariste de son état.
Les deux premiers titres avancent les armes pour que vous ne soyez pas trompé sur la marchandise. Le hard rock au dissonances Heavy va vous attraper par les balloches et ne pas vous lâcher facilement. Autant dire que « Miss You Like The
Devil » est une tuerie. L'intro, comme sur l'ensemble des titres, fait monter la mayonnaise au poil. Les premiers coup de médiator arrivent comme la scie du boucher qui découperait le cochon sauvage. Puis d'improbables effluves de guitares hérétiques arrivant du côté du
Soundgarden donnent vraiment envie de monter le volume.
Des riffings d'une efficacité redoutable accompagnés d'une section rythmique véritablement au taquet. Jay, derrière sa batterie, et bassiste d'une autre formation, ne ménage pas ses efforts pour que ses rythmes collent aux guitares démentes de Seb. Le rythme complètement « décalé » qui accompagne le solo de guitare de « Bad to The Bone » ne vous laissera pas de marbre. Un apport régulier de double grosse caisse, juste ce qu'il faut pour appuyer les riffs et faire ressortir les quelques harmoniques et autres notes aiguës de la six corde.
« Breathe », pièce centrale de cet EP, illustré par un clip fait avec les trois bouts de ficelle du maillot de Miss America, reflète gravement l'ambiance et l'état d'esprit du groupe : « prendre du plaisir à jouer et boire des bières entre potes ». Ce côté grungy dans le refrain, les rythmiques changeantes, notamment au centre du titre varient les plaisirs. Un morceau de plus de 5 minutes, le plus long du disque, qui nous donne toute l'étendue et les possibilités du groupe. Le cri du chanteur qui vient se casser la voix, embrayée par la basse qui claque vous arrachera un bout d'oreille. L'accélération qui clôture « Color Of
Red » ne manquera pas de vous décoiffer avec un faux air de punk énervé.
«
Pure White Snow », derrière une note de
Faith No More, termine également sur un rythme effréné et nous montre la détermination du groupe. D'ailleurs, tel le canon de ce fusil qui orne la pochette, les maîtres mots de ces salves sont : l'amour est mort, il est trop tard pour la paix, la haine nous fera avancer, et bien entendu « sexe and rock'n roll ! »
Pour résumer, les deux premières cartouches vont vous assoir, le tir central, pilier et single du disque, sera choisi pour sa richesse, et les deux derniers coups assurent un rock aux petits oignons. Autrement dit cinq balles qui passent à toute vitesse. Mais attention, Poste 942, derrière son apparente musique brute de décoffrage, pourrait vous surprendre avec une certaine subtilité dans plus d'un arrangement. Peut être une manière de commencer à entendre le mystère et la folie rock qui anime le chasseur de riffs armé de sa gratte.
Le mixage, loin d'être modeste, n'est pas du tout dénuée de sens avec son esprit garage, voir punk. Un son qui transpire et un vernis volontairement chauffé à blanc. On pourrait commencer à y voir comme une espèce de marque de fabrique. Et soyez rassurés, lors d'un rêve agité, le
Razorback est venu me parler. Il m'assure que la production de l'album à venir viendra défoncer toutes les barrières avec un truc Grunge augmenté de gros riffs façon 70's. En attendant cette deuxième galette, on aura le plaisir d'écouter ce rock burné aux riffs accrocheurs cet été au Var West Fest.
Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire