Le Chili serait-il devenu le chef de file du mouvement thrash option sauvagerie en Amérique du sud ? Entre un
Torturer qui fait figure d'ancien, ou les dernières livraisons de
Dekapited,
Miserycore,
Evil Madness,
Dictator ou Invincible Force, la question mérite d'être posée. La réponse paraît toute trouvée avec ce second album de
Ripper, quatuor de Santiago, qui sort chez
Dark Descent et Unspeakable Records (selon le format).
Reprenant le style qui fit le succès d'estime de
Raising the Corpse, à savoir un thrash rapide et poilu bourré de bastonnage en règle, quoiqu'un petit chouia linéaire sur la durée,
Ripper propose onze titres d'un thrash metal en tous points réussi. La recette est simple, et bigrement efficace, tant est si bien que le très bon titre qui est sorti en avant-première ("Neuronal Unity") fait partie des moins efficaces du lot, c'est dire le niveau atteint par nos braves Chiliens.
Ripper a su évoluer dans ses compositions, plus aérées mais pas moins sauvages, mieux construites sans être difficiles d'accès. On se prend même à penser au
Sepultura de Schizophrenia, dans les rythmiques et l'assemblage des riffs, mais aussi dans les relances rythmiques. "Anthropophagic
Life" ou l'instrumental "
Anatomy of the Galaxies" renvoient facilement à "
Inquisition Symphony" dans les riffs galopants, les cassures et les breaks. Les musiciens semblent avoir élevé leur niveau, un peu à l'image de l'apport d'un
Andreas Kisser à la sortie du
Sepultura à la pochette bleue, qui avait tiré les Sep' vers le haut. Bien entendu,
Ripper se dégageant quelque peu de ses influences précédentes présentes sur
Raising the Corpse, a su insuffler quelques apports complémentaires à son thrash. A ce titre, la basse de Pablo Cortes fait merveille à de nombreuses reprises (l'interlude "Chromatic Fantasy", bien sûr, mais aussi le final de "Stellar
Evolution" par exemple). On citera aussi les incursions en soli de la doublette Leon / Spallinger, tantôt vicieuses, tantôt lumineuses ("Stellar
Evolution" ou "
Rotten Dreams", mais on pourrait mentionner la quasi-totalité des morceaux) qui aèrent considérablement l'œuvre, qui n'en a pourtant guère besoin.
L'album comporte ainsi nombre de moments de bravoure (citons pèle-mêle les riffs plombés des magiques "Stellar
Evolution" ou "The Alpha Orionis"). Mais c'est surtout dans sa capacité à offrir des riffs et des breaks implacables que
Ripper a concentré son énergie. Par moments dévastateurs, souvent entre 1'30" et le début de la deuxième minute,
Ripper assène des breaks encore plus meurtriers que ceux ouvrant chaque titre.
Plus nombreuses que par le passé, les variations relancent avec à propos la machine. Toujours aussi rapide et thrash dans ses gênes, mais plus abouti que sur
Raising the Corpse,
Ripper s'est clairement amélioré encore dans son rendu final (le chant est aussi mieux mis en valeur), et on distingue rage et dextérité à un niveau égal tout au long des dix titres. La thématique globale semble également avoir évolué, à la lecture des titres qui composent le disque, comme si
Ripper avait su se détacher de l'imagerie gore pour s'élever quelque peu, un peu à l'image du
Pestilence passant d'un Consuming
Impulse à
Testimony Of The
Ancients, du moins thématiquement.
Ce second album de
Ripper, qui sait aussi comment asséner deux coups de massue définitifs pour clore un album (le riff ouvrant magnifiquement "Spherical
Energy" et "Humanity Was
Wrong" avec son riff d'ouverture supersonique) est clairement la première grosse claque en thrash metal extrême de l'année. Gageons que la tempête qu'il suscitera chez les fans de violence fort bien construite ne restera pas anecdotique. Le
Sepultura de 1987 a trouvé son digne héritier. Dévastateur.
Cet album très Sepulturien tourne très régulièrement. Ses influences excellemment digérées ne donnent pas l impression d'avoir 1 réinterprétation de beneath the remains et schyzophrenia mais plutôt 1 continuité .....
A écouter pour 1 retour tout début 90's
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