Eterna Oscuridad

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15/20
Nom du groupe Cryfemal
Nom de l'album Eterna Oscuridad
Type Album
Date de parution 26 Juin 2020
Style MusicalBlack Metal
Membres possèdant cet album5

Tracklist

1.
 Capilla Ardiente
 04:38
2.
 Necra Exequia
 04:04
3.
 Insepulto
 03:54
4.
 El Retorno
 04:07
5.
 Reencarnacion
 04:14
6.
 Lapida Condenada
 04:35
7.
 Culto a la Muerte
 04:38
8.
 Crematorio
 04:48
9.
 Eternidad
 02:03

Durée totale : 37:01

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Cryfemal


Chronique @ fufupue

12 Janvier 2026

El regreso del verdadero nicro metal

2016 marquait le retour de Cryfemal après 5 années d’absence, absence qui aurait pu être définitive sans l’intervention de Bornyhake. Grand fan du groupe et ami d’Ebola, il insista pour que le jusque-là quasi one man band revienne à la vie. Le binôme sortait donc il y a 10 ans déjà sous la houlette d’Osmose le très «propre» D6s6nti6rro, excellemment chroniqué sur le site par Icare. J’utilise le terme «propre» car je considère personnellement ce dernier comme un peu à part dans leur discographie. Enregistré à domicile (Ténériffe) et mixé aux studios Necromorbus, le son y est étonnamment clair et limpide. Chaque instrument est parfaitement audible, dégageant une aura cristalline inhabituelle; la voix d’Ebola elle-même apparaissant plus polie, un peu comme si l’on avait quitté la crasse d’un caveau poisseux pour une sépulture en marbre satiné.

4 ans plus tard et cette fois endorsé par le label Belge Immortal Frost* productions, le groupe nous revient avec son 8éme essai: Eterna Oscuridad. Dès les premières secondes de Capilla ardiente on comprend que le véritable Cryfemal et son nécro black metal sont de retour, nous ramenant aux heures les plus sombres et folles du groupe. Le son est sale et grésillant, la voix d’Ebola a retrouvé sa folie mortifère, avec cet écho/réverbération qu’on lui connaissait jadis. Les guitares sont saturées à souhait: les amateurs de productions propres diront qu’ils ont l’impression d’entendre une disqueuse en bruit de fond et sans cesse la même chose … et c’est le but: créer un mur sonique qui vous monte droit au cerveau et vous fait basculer dans la folie. Mais cela serait bien trop réducteur, car chaque titre pouvant de prime à bord ressembler fortement aux 8 autres (il y en a 9 sur cet opus pour 37 minutes) possède sa propre identité et mal-être. Une œuvre protéiforme dans son uniformité; tel est le superbe paradoxe d’un album à la fois si simple et difficile à appréhender.

L’ensemble de l’album est très homogène, le rythme alternant majoritairement entre up et mid-tempo, le groupe n’hésitant cependant pas à ralentir la cadence au sein de chaque morceau pour quelques moments d’accalmies où des nappes de clavier éthérées viendront accentuer l’aspect fantomatique de la musique. Des cris de goules décharnées, solos de guitares déshumanisés, raclements de gosier ou invectives lancées en espagnol: tels seront les moyens utilisés pour vous faire basculer.
L’équilibre entre parties vocales démentes et purement instrumentales est parfait: cet album n’est pas ce que l’on peut parfois nommer un album «bavard» où des vocaux envahissants prennent le dessus et ne laissent aucun espace à l’ensemble guitare/basse/clavier/batterie pour s’exprimer indépendamment. Un mot sur cette dernière dont les baguettes sont pour la seconde (et dernière) fois tenues par Bornyhake: son jeu est ici totalement différent que sur D6s6nti6rro et est totalement en adéquation et au service des compositions.

Un titre peu à lui seul résumer l’album: El retorno, la 4ème plage de l’album. Débutant en low tempo avec un bel arpège mélodique joué à la guitare saupoudré de claviers aériens très typé 90’ (Emperor, Hecate Enthroned, …) ; s’en suit un break très incisif où un riff du duo guitare/basse vient marquer la transition avant qu’Ebola ne vienne pousser quelques hurlements ponctués d’un Vamos hijos de puta! qui fait mouche, c’est la petite touche «exotique» plaisante mais surtout marquante.

La basse a sa petite place dans le mix mais n’hésite pas à venir arrondir l’ambiance générale à l’avant plan via une simple mais contagieuse ligne comme sur Necra Exequia à partir de 0.30’ ou de … et puis non : je ne vais pas vous mâcher tout le travail … à vous d’être curieux et de trouver ces autres moments qui me font penser à ceux que d’illustres ainés ont jadis composés (Mayhem, Pagan fear à 3.50’ ; Nehëmah, Light of a dead star à 3.50’ (très bizarre cette coïncidence de timing))…

9 titres, 37 minutes qui n’ont d’autre ambition que vous faire passer, selon votre état psychologique, qu’un moment de pure torture rétrograde aliénante ou un moment d’extase morbide coupable. A réserver aux oreilles averties, mais à tester quand même pour les autres: on ne sait jamais cet album peut-être une porte d’entrée vers autre chose.

Difficile de croire qu’un tel monument de noirceur ait pu voir le jour sur l’île de Ténériffe où réside Ebola; et pourtant: prenez la plage de La Arena à Puerto del Santiago qui est composée de sable … noir… (Ténériffe est une île volcanique).

La note : 17.5/20

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