Estorat Taghoot

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Nom du groupe Al-Namrood
Nom de l'album Estorat Taghoot
Type Album
Date de parution 01 Avril 2010
Style MusicalBlack Folklorique
Membres possèdant cet album20

Tracklist

1. Arousal at Nebuchadnezzar Fortress
2. Junood al Amjaad
3. Estorat taghoot
4. Ma Kan mn Aldahr Mundthera
5. Endma Tuqsaf al Ru'os
6. Ma'dabt al Audhama
7. Fe Youm Thaqeef
8. Wata'a Bakhtanasar
9. Laylat Ghabra'a
10. Asda'al Dmar
11. Ajal Babel

Chronique @ Matai

03 Octobre 2010
Rares sont les groupes de métal du côté du Moyen Orient, et encore moins en Arabie Saoudite. Dans un pays où il est difficile de se marginaliser, d’explorer des contrées ou avoir des pensées bien différentes de ce que la religion ou la politique imposent, les combos se font discrets, enfermés dans une doctrine poussée aux extrêmes qui pourrait leur être fatale…Al Namrood s’impose sans aucun doute comme le leader de cette scène métal si méconnue et alors si dangereuse. Car en jouant non seulement du black metal et en portant un nom signifiant tout simplement « le non croyant », il est clair que les membres tentent, au péril de leur vie, de sortir des sentiers battus et faire rentrer les auditeurs plutôt occidentaux dans leur univers si dark et macabre.

Signé chez Shaytan Production, label canadien, depuis leur formation et la date de leur première démo nommée basiquement « Shaytan » (« diable » en arabe), Al Namrood sort tout juste un an après leur premier album « Astfhl Al Tha’r » un second opus tout aussi original et rocambolesque nommé « Estorat Taghoot ». Composé de onze titres pour une durée approximative de cinquante six minutes, et d’une pochette aux couleurs chaudes et représentant la célèbre Tour de Babel, le combo semble s’attacher aux mythes et légendes centrés sur cette fameuse tour. Etonnant qui plus est, étant donné que ces traditions sont à la base judéo-chrétiennes, mais en fouillant un peu plus dans le mythe, on découvre que l’homme ayant eu l’idée de construire ce monument se dénommerait Nemrood…difficile de ne pas y voir un rapport évident au groupe…

Musicalement, le black que nous propose Al Namrood est tout d’abord assez cru sur les bords. Le son global se veut assez caverneux et comme un écho dans le lointain, sans doute dû à une qualité de production qui laisse à désirer. Mais cela donne un style, les sonorités semblent alors s’éparpiller et les vocaux, typiquement black et malsain, renforcent ce sentiment d’inconfort face à ces ambiances si particulièrement noires et crasseuses. On ne peut aussi s’empêcher d’entendre des saturations dans le son, ce qui peut en désarçonnés certains. Principales responsables : les guitares, qui semblent avoir une distorsion des plus étranges. Les riffs sont toutefois violents, efficaces et bien rentre dedans, et le gratteux Mephisto s’évertue à nous jouer des mélodies arabisantes, typiques de la région. Impossible alors de ne pas se sentir dépaysés au sein de cette atmosphère macabre et glauque et de ce déluge de riffs assez bien maîtrisés.

Cependant malgré cette agressivité impalpable des guitares, mais aussi des vocaux, grognant des phrases chantées les unes après les autres en arabes exclusivement avec violence et conviction, la mélodie est aussi de la partie, dévoilant alors des ambiances nouvelles, poussées à l’extrême. Il serait donc temps de mentionner l’apparition d’instruments traditionnels, comme les percussions, les mandolines mais aussi quelques flutes voire violons orientaux. Au cœur de ces riffings imposants, ces instruments là apportent vraiment un brin d’originalité, l’orientalisation du métal étant assez rare. Le titre instrumental « Arousal At Nebuchadnezzar Fort » ou le morceau « Fe Youm Thaqeef » sont de beaux exemples de mélanges…

Du côté des claviers, omniprésents, ils apportent beaucoup de profondeur aux titres, en incorporant des sonorités plus ou moins étranges et quelques peu malsaines. Mélangés aux guitares et aux éléments orientaux, ça en devient presque glauque et super intéressant. « Asda' Al Dmar » emmène réellement l’auditeur dans un monde chaleureux mais meurtri. Les atmosphères sont vraiment dark et enivrantes sur ce rythme lent, à la limite du doom, et cette lourdeur des guitares.

Par contre, et il faut l’avouer, ce n’est pas toujours très réussi et « Ma'dabt Al Audhama » est bien l’exemple de cette espèce de faute de parcours : les sonorités de claviers sonnent presque faux, les accords ont bien été loupés et tout est plutôt cacophonique. Cela peut devenir relativement gênant, surtout quand on voit la longueur des morceaux, atteignant souvent les six voire sept minutes et apportant un aspect progressif à la musique. En effet en plus de la longueur, les structures ont aussi tendance à varier et à se complexifier. On arrive alors à se perdre en cours de route quand la linéarité pointe le bout de son nez, et c’est un point que je regrette le plus. On n’aurait pas d’aussi longs titres, tout passerait comme une lettre à la poste.

Mais tout de même, malgré ces quelques points négatifs, l’ensemble reste pour le moins sympathique et même agréable, si tant est qu’on apprécie le black metal dit oriental. Cet album assez underground pourra alors ravir les amateurs de metal glauque mélangé avec de chouettes éléments arabisants. Une bonne prise de risque pour ce groupe qui se veut alors hérétique dans ses contrées chaudes et étouffantes…

10 Commentaires

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Matai - 18 Avril 2012: Oui c'est la même. C'est la Tour de Babel dans la mythologie.
ars_subtilior - 27 Septembre 2012: Chronique très intéressante et objective (si c'est possible !) Ca m'a donné envie de découvrir cet ovni. J'ai découvert récemment un groupe iranien Ekove Efrits très intéressant également. Merci, Matai...
Matai - 27 Septembre 2012: On trouve des groupes plutôt étonnants au Moyen Orient. Je ne connais pas le groupe que tu mentionnes, dans quel style de black évolue-t-il?
Toorop - 26 Novembre 2012: Après avoir écouté les deux derniers albums d'Al Namrood, je préfère Estorat Taghoot à Kitab Al-Awthan, leur dernier cd.
Niveau ambiance, rien à redire sur le dernier album. La production est en plus meilleure. Ce qui me chagrine, c'est la linéarité des morceaux. Il n'y a que trop peu de nuance entre les morceaux (souvent en mid-tempo) et même au sein d'un même morceau, ça n'évolue pas spécialement. Le rythme reste le même du début à la fin même si c'est voulu. Ca en fait au final un album bien trop sage.
Dans Estorat Taghoot, il y a un côté fait à l'arrache. Tout n'est as forcément en place. Ca rajoute du charme aux morceaux et on ne se contentait pas d'un simple mid-tempo. Il n'y a qu'à entendre le morceau qui suit l'introduction (Junood Al Amjaad est rentre-dedans à souhait).
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