Es Reiten Die Toten So Schnell

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Nom du groupe Sopor Aeternus And The Ensemble Of Shadows
Nom de l'album Es Reiten Die Toten So Schnell
Type Album
Date de parution 2003
Style MusicalDark Ambient
Membres possèdant cet album41

Tracklist

1. Omen Sinistrum
2. Dead Souls
3. Stake of my Soul
4. Beautiful Thorn
5. Baptisma
6. The Feast of Blood
7. Sopor Fratem Mortis Est
8. The Dreadful Mirror
9. Reprise
10. Birth-fiendish Figuration
11. Penance and Pain
12. Holy Water Moonlight
13. Infant
14. Über den Fluss
15. Dark Delight

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Sopor Aeternus And The Ensemble Of Shadows


Chronique @ Metalyon

22 Juillet 2009
« Omen Sinistrum »… Les cloches sonnent, résonnent, suivies du tonnerre, et le chant métallique et inquiétant de la boîte à musique nous immerge dans l’univers de Sopor. La voix nous murmure à l’oreille des histoires de cadavres, de morts vivants… car c’est bien de cela dont il est question sur cet envoûtant « Es Reiten Die Toten So Schnell », 9ème opus de l’énigmatique Anna Varney. Ainsi, les morts reprennent vie et nous content leurs malheurs et leurs désirs, ce désir de mort et d’amour, thème si souvent et si talentueusement mis en musique par Sopor Aeternus. Nous voilà bien partis dans ce monde obscur.

Et les cloches sonnent toujours… Puis les orgues… «Dead Souls» nous fait partager le cortège de souffrances de ces chers morts-vivants, l’ambiance se pose, doucement, puis un cri, le chant plaintif des trépassés… On s’y croirait. En pleine confession avec les âmes. On écoute, les voix se taisent… Puis de nouveau ces cloches, cet orgue… et un tambour… quelqu'un bat un rythme. Est-ce une procession ? Pris dans cette marche, nous accompagnons les défunts, au son du clavecin, des flûtes, des trompettes… tandis qu’on nous raconte l’amour particulier des morts pour ce «loving handsome parasite» qu’Anna nous chante sur «Stake of my Soul». Le voyage nous emmena loin. En effet, l’intro orientalisante de «Beautiful Thorn», ondulante et hypnotique, parvient à nos oreilles. Les voix criardes de plusieurs demoiselles nous ensorcellent… qui sont-elles ? Probablement les trois sœurs vampires de Dracula. Avec elles nous entrons dans une danse macabre bercée par le rythme tribal des tambours, prisonniers de ces voix étranges et captivantes. Nous revoilà dans une atmosphère plus humble, plus calme. Une basse, des cordes pincées avec retenue, puis toujours cette cloche qui revient, avec son cortège de morts.

«Baptisma», où le baptême du sang, de l’offrande au vampire qui hante ces paroles. Et la valse ténébreuse commence… et s’arrête par le tintement austère d’un clocher… Quelqu’un meurt, sa voix nous parvient, dans cette ronde effrénée, lorsque les morts prennent les vivants, grossissant les rangs du sombre cortège auquel nous sommes à présent bel et bien lié. Le tintement d’un xylophone, la parade des trompettes, et encore nous avançons. C’est l’heure du festin, «The Feast of Blood», hommage à la nouvelle vampirique d’où Anna tire son nom : «Varney the vampire, or the feast of blood». De nouveau, des rythmiques étrangères, tout tinte et chante et semble danser, grâce aux flûtes - presque - entraînantes, toutefois contrebalancées par un clavecin et un orgue quasi-médiévaux. Et des voix qui hurlent, comme les fantômes des légendes. Tout se ralentit un instant avant de nous entraîner tout à coup plus vite vers ce «festin de sang» où le violon, légèrement, se mêle et nous accompagne dans ce repas. Sans peine, nous assistons jusqu’à la fin à la scène du banquet. Et la cloche sonne. Tout redevient calme, dans une valse lente, et plusieurs voix tentent de nous faire partager la douleur du sommeil éternel : «The silence of the grave, is not silent at all : Millions of the dead are crying in their graves…» Les morts-vivants, incapables de mourir vraiment, nous pleurent cette complainte. Et le repos fait mal «Sopor Fratrem Mortis Est» : Le sommeil est le frère de la mort….

«The Dreadful Mirror»… La valse reprend, les violons, doucement, nous font tournoyer tristement. Deux morts amoureux, dans un caveau, dorment accompagnés par le chœur et la danse de nombreux morts-vivants… Toujours cette spirale de sons, d’instruments qui nous attirent plus profondément encore dans les ténèbres d’Anna Varney et de sa parade d’âmes en peine. Des cuivres nous accueillent ensuite, avant que la voix hypnotique de Varney ne nous transporte plus loin encore dans notre voyage. Hypnotique, c’est bien ce qui caractérise, à mon avis, ce morceau, cette «Reprise». Fermez les yeux, et le chant parfois murmuré à vos oreilles vous ensorcelle de plus en plus. La ballade se poursuit, sous un ciel évidemment nocturne. Tout à coup nous forçons quelque peu le rythme : «Birth - Fiendish Figuration» nous emboîte le pas, la voix presque robotisée et les sons magnétiques nous ouvrent de nouveaux horizons. Puis le retour des traditionnels clavecins et orgues, violons et autres. Et encore des plaintes, lancinantes, des mouvements ondulants… qui s’éloignent : nous repartons.

«Penance and Pain» et ses cuivres, sur fond de violons, nous emmènent ailleurs avec discrétion. On avance, il semblerait, à pas de loup. La basse nous suit, de son pas lourd. Ces voix… le retour des «vampirettes» de tout à l’heure. De leurs timbres criard, elles nous invitent, nous les vivants. Mais… se moqueraient-elles de nous ? Nous si maladroits et aveugles dans ce cortège où nous dansons, transportés, les yeux clos. Nous voilà les jouets, les pantins d’un ballet étrange. Une ambiance plus lourde et triste ouvre «Holy Water Moon light» avant la cloche. Puis les cordes nous entraînent plus légèrement, et tout est changeant. Une autre confession, les morts-vivants, condamnés à marcher ainsi nous confient leur mal-être au son des violons et des cloches. Nous n'aurions pu trouver voix plus adaptée pour chanter les malheurs des morts que celle d’Anna, qui pleure, qui se plaint, nous suppliant alors de l’aider «Undead... and still suffering, Always suffering - Wooden stake, come, impale my heart... Driven through this ancient heart ! Holy water, heal my wounds...».

Et le son qui s’éloigne… Et nous amène sur le simple duo clavecin/voix de «Infant», où toute la beauté et l’émotion de la voix transparaissent un trop court moment. La valse rythmée mais néanmoins inquiétante d’«Uber den Fluss» nous laisse nous faire manœuvrer par les morts, tels des pantins joyeux mais sans volonté… pour nous, pauvres mortels, tout va trop vite. Les voix se répondent, et nous nous perdons dans ce chœur. Puis tout s’arrête. Après la peur, le frisson vient ensuite. «Dark Delight», ses cris grinçants, ses notes aigrelettes… mais où sommes-nous donc ? Nous voilà tremblants dans le noir. Quelque chose gronde… puis respire en un râle d’agonie. Des orgues, calmes… une chambre mortuaire, un mort allongé, les mains jointes… et quelqu’un chante pour lui, une dernière ode à l’être aimé… Nous nous recueillons, tristement, sans peur aucune. Et on emporte le corps, le cortège s’éloigne, sans nous… La procession s’en va sous nos yeux, sous une dernière et vibrante note d’orgue… Enfin nous ouvrons les yeux, en vie, chez nous… Où avons-nous bien pu voyager pendant ce temps. Un regard sur l’horloge, un peu plus d’une heure a passé. Si peu ? Le voyage fut trop court ! Mais «Es Reiten Die Toten So Schnell», «les morts voyagent vite», dans leur folle danse, trop vite pour nous, pauvres mortels…

10 Commentaires

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Scheol - 16 Août 2009: Franchement, chapeau bas pour cette très belle chronique...
Merci!
morgothduverdon - 29 Août 2010: Je n'avais vu cette chronique.

Tu retranscrit bien l'ambiance de cet excellent album.
SilexBarnabas - 18 Novembre 2010: Bonne chronique pour un bon album. Logique! L'écoute des vieux morceaux dans la version des débuts permets de voir les corrections apportées aux morceaux.
Metalyon - 18 Novembre 2010: Merci tout le monde ;) Vraiment un excellent album, je ne m'en lasserai jamais je crois !
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