Porté par son introductif et troublant EP, «
Equilibrium Pt. 1 », réalisé en février 2020, le discret combo italien ne mettra que quelques mois pour enfanter d'un bébé de même acabit, répondant au nom de «
Equilibrium Pt. 2 » ; seconde auto-production où s'égrainent 6 pistes sur un ruban auditif de près de 24 minutes. Pour ce faire, le duo créé il y a déjà trois ans par la soprano Monica Cimmarusti et la bassiste/guitariste Valeria Tritto se muera en trio, avec l'intronisation, en 2020, du vocaliste/guitariste Gennaro Di Gennaro (Iced
Flames). De cette fraîche mais étroite collaboration émane une œuvre rock'n'metal mélodico-symphonique et atmosphérique gothique dans le sillage de
Nightwish,
Visions Of Atlantis,
Xandria et
Lyriel, jouissant d'une ingénierie plutôt soignée à commencer par une qualité d'enregistrement difficile à prendre en défaut. Mais entrons sans plus attendre dans les arcanes de ce second épisode...
A l'instar de son prédécesseur, ce nouvel arrivage ne tardera pas à nous immerger au cœur d'un soyeux et enveloppant paysage de notes, susceptible de trouver un débouché favorable auprès de l'aficionado du genre. Ainsi, passée la brève et fluide entame instrumentale atmosphérique et cinématique, « La Promenade », c'est non sans grâce ni délicatesse, mais sans réelle surprise, que se poursuivra la traversée. Et ce, à l'aune des mid tempi rock'n'metal symphonique gothique « Ad Gloriam » et «
Equilibrium », deux enivrants condensés d'un
Nightwish et d'un
Visions Of Atlantis de la première heure, mis en habits de lumière par un duo mixte en voix claires bien habité, les cristallines oscillations de la sirène trouvant leur pendant dans les limpides patines de son alter ego masculin.
C'est, par ailleurs, au cœur d'un espace d'expression à la fois énigmatique et enjoué que nous plonge le combo transalpin, preuve s'il en est que s'il a plus volontiers opté pour un message musical à la cadence tempérée, il ne s'y est pas réduit exclusivement. Ce qu'illustre, d'une part, le ''xandrien'' mid/up tempo « Rings of
Destiny », un intrigant mais seyant effort pourvu d'un refrain immersif à souhait mis en exergue par les angéliques inflexions de la déesse, que l'on retiendra également au vu de la soudaineté des montées en régime de son corps orchestral. On ne saurait davantage éluder le mid/up tempo symphonico-folk « Timbers of
Heaven » eu égard à la jovialité de son ambiance, la fluidité de sa sente mélodique, ses grisantes accélérations rythmiques et son bref mais fringant solo de guitare.
Quand ils nous mènent en d'apaisantes contrées, en dépit d'arpèges d'accords des plus convenus, nos acolytes se muent en véritables bourreaux des cœurs en bataille. Ce qu'atteste « Cavatina alla
Luna », une frissonnante ballade opératique et a-rythmique aux portées satinées, dotée d'une mélodicité aux fines nuances et de sensibles gammes au piano, où les envolées lyriques de la maîtresse de cérémonie prennent toutes leurs lettres de noblesse. A réserver toutefois aux seuls aficionados du genre intimiste à la colorature classique.
On ressort de l'écoute de la menue rondelle avec l'étrange sentiment d'avoir effectué une traversée plutôt agréable et sans encombres mais sans réelle surprise ni une quelconque pointe d'originalité. Dans la lignée atmosphérique de son prédécesseur, ce second opus témoigne toutefois d'une diversification de ses lignes de chant et de séries d'accords inédites et du plus effet. Pourtant servi par de grisantes lignes mélodiques et une qualité de production de bon aloi, d'aucuns auraient sans doute espéré un message musical un poil plus saillant et moins convenu qu'il n'apparaît et un panel plus large en matière d'exercices de style. C'est dire que pour espérer inquiéter la concurrence galopante dont ce registre fait l'objet, le trio devra consentir à l'une ou l'autre prise de risque mais aussi se départir de l'empreinte parfois pesante de ses maîtres inspirateurs. Bref, un second mouvement troublant et satiné mais empreint de frilosité...
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