Emergent

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17/20
Nom du groupe Gordian Knot
Nom de l'album Emergent
Type Album
Date de parution 2003
Produit par
Style MusicalMetal Progressif
Membres possèdant cet album24

Tracklist

1. Arsis
2. Muttersprache
3. A Shaman's Whisper
4. Fischer's Gambit
5. Grace (Live)
6. Some Brighter Thing
7. The Brook the Ocean
8. Singing Deep Mountain

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Gordian Knot


Chronique @ elfiremi

30 Septembre 2010
Note: 19/20

Gordian Knot n'est pas un groupe comme les autres, de toute évidence. S'il existait un mercato du metal, ce groupe serait à coup sûr une sorte de Real Madrid où la crème de la crème s'adonnerait à la musique... Un groupe où est passé successivement Steve Hackett (Genesis) et Bill Bruford (King Crimson), ça met tout de suite la puce (et on parle d'une très grosse puce) à l'oreille...
Il faut dire qu'on pouvait être inquiet, de tels projets ne brillant pas forcément longtemps dans le firmament, se cantonnant souvent à un seul et unique album comme la promesse d'un monde à peine né et déjà révolu. Et le premier album était déjà un sacré monde, quelque chose de précieux à conserver jalousement dans un coffre.
Et voici le second opus, oui, bien présent: il s'appelle Emergent. Et, autant le dire tout de suite, la promesse de faire aussi bien est tenue.

Sean Malon nous accueille en personne chez lui dès le premier morceau, nous donnant même le privilège d'un tête à tête avec une splendide intro basse fretless. 'Arsis' donne ainsi le ton, et ça commence plutôt bien! Tout à la fois, Emergent n'est pas l'album d'un basse-hero décidé à mettre les autres instruments au rang de simple faire-valoir.
On y retrouve toujours des morceaux d'une richesse extraordinaire, alternant entre éclairci et passages rapides et saturés, entre le calme lunaire et la chute en haute montagne.

On retiendra notamment la piste 'The Brook The Ocean' avec sa basse fretless frénétique et son solo de batterie bien loin de se réduire à une démonstration: pas de solo égotique donc, non juste la technique mis au service de quelque chose qui demeure accessible à l'oreille du profane, et soucieux de rester musical.
Bluffant donc, tout comme 'Fischer's Gambit qui fait apparaître un nouvel élément, soit la présence d'un piano dans les premières mesures dissonant, puis faisant résonner ses accords sur fond de fretless avant de laisser sa place à une guitare classique planante. Encore qu'il est gênant d'utiliser un tel mot: quand mon cousin Kevin fume il plane, planer c'est pour les amateurs, alors que GK s'élève. Planer, c'est stagner, GK évolue sans cesse.
Puis vient l'étonnement puisqu'en plein milieu de l'album se met à résonner un piste que l'on connaît: Grace, un morceau présent sur le premier album, mais en live cette fois-ci. Et le live n'est pas une simple redite...
La fin approche, et 'Surround me' ressemble au dernier gâteau apéritif que tout le monde veut prendre sans oser être celui qui en prive tous les autres. On y retrouve une basse aux sonorités parfois nouvelles, mais aussi des bons vieux fonds fretless à décrocher la lune. Vous croyez écouter un solo de guitare à tendance ufologique au sein de l'album? Loupé! La plupart du temps, ce sont les doigts de Malon qui courent sur les six cordes de sa basse stick piqué dans un des labos d'expérimentation de la NASA.

L'album éponyme travaillait autour d'une question quasi-philosophique: comment, tout en répétant le même code, on peut faire du neuf, on peut progresser? En cela, il ressemblait à ce qu'on retrouve dans toutes les religions, cette prière répétitive, méditative, que les chrétiens appellent la prière du Rosaire, les bouddhistes un mantra.
Cet Album-ci s'élève par d'autres moyens, le fil ne s'enroule plus sur lui-même, le travail de variation est moins présent. On est plus près de l'idée d'un chemin entrain de se faire, d'un voyage initiatique. Il me rappelle le titre d'une œuvre du philosophe allemand Heidegger: 'Les chemins qui ne mènent nulle part'. Ici, le chemin n'est plus asservi à un but, il n'est plus le moyen d'aller vers un point précis où s'effacerait son sens. Il est toujours un chemin entrain d'être fait, un chemin se faisant.

3 Commentaires

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zvlorg - 11 Juin 2011: Je suis épaté par ton article, qui est vraiment admirablement tourné.
Gordian Knot ne s'est pas fait tant remarquer malgré la réunion d'un sacré gratin, et je n'ai croisé ce nom qu'en essayant de savoir ce qu'avaient bien pu fabriquer les membres de Cynic durant les 15 longues années qui séparent Focus et Traced In Air. J'ai découvert avec Emergent une oeuvre inédite, puisant certes énormément sur les acquis de Focus, mais dans un univers nettement plus rêveur, porté par la grâce du jeu toujours aussi fabuleux de Steve Hackett sur les 2 excellents Muttersprache et Some Brighter Thing (on se croirait revenu au temps du magistral Firth Of Fifth), les rythmes complexes imprimés par le patron Sean Malone ainsi que les 2 batteurs Sean Reinert et Bill Bruford, qui lui aussi n'a rien perdu de sa classe depuis le prodigieux et légendaire Close To The Edge, s'offrant un duel rythmique de luxe avec Malone sur The Brook The Ocean. Si on ajoute à ça les riffs toujours aussi affutés de Paul Masvidal et l'épatante envolée accoustique de Jim Matheos sur Fischer's Gambit, on obtient un album qui ne fera sans doute pas grand bruit mais dont la qualité et l'originalité le place parmi les grands moments de la musique progressive et expérimentale. Habituellement assez critique sur ce genre de plateau de stars, je regrette cette fois que cette brillante collaboration n'ait duré que le temps d'un album (mais je me suis depuis consolé avec les derniers albums solo de Steve Hackett et bien-sûr Traced In Air le dernier Cynic).
elfiremi - 17 Juin 2011: Tout d'abord merci!
Tu as raison il me semble: les réunions au sommet peuvent parfois n'être rien d'autre qu'une belle étiquette pour la promotion du CD! Pourtant ici, la magie opère, quelque chose se passe. Et c'est rageant de se dire que la chose fût aussi rare qu'une éclipse, et plus prêt d'arriver (un ami m'a pourtant dit, il n'y a pas si longtemps, qu'il y avait des rumeurs paraît-il du côté de Malone; intox?).
Par contre, j'ai été un peu partagé en écoutant Traced In Air, ne retrouvant pas ce que précisément j'avais trouvé avec les deux précédents.
D'ailleurs, à ce propos, ne préfères-tu pas le premier GK au second?

PS: cela fait plaisir d'entendre parler de Bruford à l'époque de Yes, nom de dieu!!
 
zvlorg - 19 Juin 2011: personnellement j'ai préféré Emergent, que j'ai trouvé plus complet, mais le premier est vraiment très bon aussi, quand à Traced In Air, il faut prendre le temps de s'y mettre et surtout d'accepter la distance prise par rapport à Focus, et là j'y ai découvert une oeuvre de grande qualité, très mélodieuse et très riche
re PS: j'ai connu ce grand Monsieur Bruford avec Yes, qui fait partie de mes groupes de prog préférés, sur Yes Album, Fragile et Close To The Edge Bill s'est imposé comme un tout puissant des caisses, avant une renaissance artistique inattendue sur Lark's Tongue In Aspic avec King Crimson, bref c'est un de mes batteurs fétiches!
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