Jamendo est vraiment une mine d’or en matière de metal. On a quantité de groupes assez moyens (la plupart d’entre eux sont des projets qui mûrissent sur place) mais de temps en temps, si on cherche bien, on tombe sur des pépites. C'est ce qui m'est arrivé quand j’ai découvert
Elysian d’
Obsidian Shell, dont les chansons sont en langue originale, le hongrois - ce qui ne court pas les rues.
L’idée du nom vient de Henrik. Il écoutait la musique de leur groupe dans le métro, et elle le mettait à l’aise, elle lui donnait l’impression de le protéger du monde extérieur, comme un bouclier. Il lui a suffi d’ajouter une matière à ce bouclier. Il a choisi l’obsidienne, qui est une pierre noire aux reflets violets. Ainsi est né
Obsidian Shell, dont le concept est de jouer une musique qui protège ceux qui l’écoutent, qui les met en confiance.
A l’origine, le groupe était composé de cinq membres et l’album était en plein travail quand deux d’entre eux l’ont quitté. De toute façon même si le combo n’est plus composé que par un guitariste, un bassiste et une chanteuse, on a la présence d’un clavier pour jouer les parties ‘orchestrales’ puisque Henrik se tape également le synthé.
Je ne sais pas grand chose des influences du groupe, mais elles doivent être très variées pour nous offrir un metal aussi riche : speed comme base (légèrement thrashy par moments), symphonique - même s’il n’est pas atteint - comme orientation principale, ajoutez-y une forte dose de pop et vous avez une vague idée de leur style.
Obsidian Shell est vaguement l’enfant spirituel d’
ADX et
Nightwish.
Elysian commence fort sur ‘Ezer Ev’, qui donne matière à s’échauffer la nuque. Le rythme est rapide, le riff cadencé. Cette rapidité est malheureusement rare, on ne la retrouve que sur ‘Elveszett Lelkek’ et ‘Farkaskönny'.
Les riffs sont tantôt saccadés pour servir de rythmique, tantôt acérés pour apporter de l'énergie : Henrik ne voulait pas reproduire le sempiternel couplet/refrain/couplet/solo, raison pour laquelle il a essayé de ne pas mettre de soli partout et de surtout travailler sur les variations d'accords de la guitare de façon à ce qu'
Obsidian Shell ait son propre style.
Trois morceaux nous montrent l'originalité du groupe. Le premier, ‘Misanthropia’ (long de 10 minutes) nous dévoile un speed thrashy, bien technique. Il est constitué de deux parties, une première assez lourde qui met l'accent sur le chant, la deuxième étant plus rapide et plus axée sur la technique. Les deux autres, ‘Vermocsar’ et ‘Emlekmas’, évoluent en crescendo et mettent bien en avant les orchestrations pour accompagner leur développement.
A côté de ces petites perles, 'Farkaskönny' et 'Csendes Kaosz' énervent un peu l'album et sont plus calibrées pour les concerts. Autre surprise notable, 'Megtört Álom', instrumentale au solo Satrianesque qui met bien le guitariste en valeur.
En ce qui concerne la chanteuse, même si sa voix est jolie, d’un timbre similaire à celui de Sharon Janny Den Adel de
Within Temptation (d’où ma comparaison)... je ne sais pas si c'est parce qu'elle ne force pas assez sur sa voix ou si elle ne met pas assez de conviction dans son chant, le fait est qu'elle a du mal à s’imposer.
Ce détail mis à part, sa présence n’est pas à remettre en question car elle apporte un souffle épique aux titres par des airs recherchés, peut-être un peu trop techniques par moments - comme le refrain de ‘Ezer Ev’ qui lui laisse à peine le temps d’articuler ses syllabes.
Mais le point sur lequel j'aimerais terminer, c'est qu'
Elysian est un album blindé de ballades dans la pure tradition "metal symphonique". La première est vraiment mal placée - juste après 'Ezer Ev’ qui vient de nous mettre le punch - ‘Jevirag’, que l’on retrouve en version orchestrale à la fin de l’album.‘Alomcsapda’ et ‘Bucsuszo’ devraient ravir les amateurs de pop : on n'essaierait pas de nous faire passer Alexandra pour une Hélène Segara ? Sinon, ‘Vadon Rejteke’ est un bon compromis entre ballade "symphonic-like" et speedmetal.
Pour un premier album,
Obsidian Shell nous prouvent qu'ils sont bien au-dessus de la moyenne. On ne peut souhaiter qu’une chose, c’est qu'ils soient plus connus autre part que sur Jamendo et fassent des tournées ailleurs qu’en Hongrie et pays limitrophes. Vivement aussi qu’ils se procurent un véritable orchestre car, pour le moment, même si c’est un jeune groupe bourré de talent avec de l’énergie à revendre, il leur manque quand même du "vrai" symphonique et de l'expérience. D'un autre côté, au vu du nombre d'écoutes sur Jamendo, je pense qu'ils ne devraient pas tarder à faire parler d'eux un peu partout.
Si tu veux, la plupart des albums que je chronique sont de bonnes découvertes Jamendo :D
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