Elements

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16/20
Nom du groupe 4th Circle
Nom de l'album Elements
Type Album
Date de parution 28 Octobre 2016
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album6

Tracklist

1.
 Write Your Own Story
 01:48
2.
 Take
 04:49
3.
 Water's Child
 04:36
4.
 These Walls
 06:16
5.
 From Moon
 05:03
6.
 Iron Drops
 04:27
7.
 Signals
 05:44
8.
 Beyond Death
 05:45
9.
 Crossing the Air
 04:07
10.
 In the Dark
 05:42
11.
 Seducing
 04:21
12.
 The Tale
 02:19
13.
 Sleepless Son
 06:44

Durée totale : 01:01:41


Chronique @ ericb4

17 Octobre 2016

Les progrès réalisés par le combo valent à cet effort le statut d'oeuvre de confirmation de son potentiel...

Porté par un vent d'inspiration renouvelé, le groupe metal symphonique français originaire de Thionville revient dans la course, pas moins de 3 ans suite à la sortie de « Lifetimes », premier et encourageant album full length, avec, dans son escarcelle, un second effort de longue durée humblement nommé « Elements », distribué par Dark Tunes Music Group. Ainsi, le combo, mené par la frontwoman Audrey Adornato, à l'empreinte vocale mixant les ondulations magnétiques de Sharon den Adel (Within Temptation), le timbre équilibré de Marjan Welman (Autumn) et le douillet velours d'Amy Lee (Evanescence), nous livre une généreuse galette de 13 titres pour plus d'une heure d'écoute d'un captateur propos de caractère estampé metal mélodico-symphonique inspiré par les grandes signatures de ce registre, à l'image de Nightwish, Epica, Xandria, Delain ou Within Temptation. Ayant déjà laissé quelques traces dans nos âmes, la troupe a souhaité élever d'un cran le niveau de ses prérogatives, imposant ici le respect eu égard à une proposition techniquement et mélodiquement plus aboutie, la production d'ensemble ne souffrant dès lors que de peu de notes résiduelles et jouissant d'un mixage plus équilibré. Mais entrons sans plus attendre dans la danse. Il se pourrait d'ailleurs que l'on ait peu l'occasion de rester lascivement assis sur sa chaise...

Dès les premières mesures, on se rend compte des progrès accomplis par le collectif à la fois sur le plan des harmoniques, de la variété d'ambiances et de rythmiques, des effets de contraste, des prestations instrumentales et vocales et du jeu d'écriture des portées et des textes dispensés. Réservant également quelques surprises, cette seconde offrande est brandie par le combo telle un bâton de maréchal, celui-ci entendant, de fait, élargir sa zone d'influence afin de toucher un auditoire plus hétérogène que par le passé et tenir la dragée haute à ses homologues stylistiques. Si la construction d'ensemble de l'oeuvre paraît classique (entame instrumentale, alternance d'up, mid et low tempos, fresque progressive en outro), sa mise en relief permet de transcender le message musical qu'elle contient.


Comme dit, une classique et brève entame instrumentale progressive drapée de soie synthétique ouvre le bal à l'aune de « Write Your Own Story », où parallèlement et dans l'ombre murmure un duo mixte et bruissent des choeurs en faction. Ce faisant, des arrangements de bonne facture, dans la lignée de Nightwish, répondent déjà présent et la qualité de l'enchaînement avec son vivifiant voisin laisse augurer d'une œuvre ayant pris le temps nécessaire à sa maturité. Par un subtil fondu, se glisse l'entraînant « Take », annonçant clairement la couleur des intentions du collectif lorrain. Celui-ci ne tarde pas à encenser le tympan tant par le calibrage de son riffing que par le tracé mélodique, d'une précision d'orfèvre, dont peut s'enorgueillir le brûlot et que n'aurait certainement pas renié Delain. Ce serait oublier la mise en voix, la belle ayant gagné elle aussi en justesse et en élasticité de son spectre vocal, qui ne manquera pas de retenir plus d'une âme rétive sur une piste aux allures d'un hit en puissance. Non moins saisissant, le virulent et engageant « In the Dark », dans le sillage atmosphérique d'Epica, évolue sur des charbons ardents jusqu'au terme de la mouvementée traversée et sans que l'on n'éprouve le désir de s'en échapper. Puissant, charismatique, techniquement au top, jouissant d'une mélodicité travaillée en profondeur et de lignes de chant veloutées, cet acte est à mettre au rang des pièces maîtresses du méfait.

Sur un mode rythmique alternatif, nos acolytes nous mènent en des contrées tout aussi réjouissantes pour nos tympans. Ainsi, l'organique mid/up tempo « Water's Child », aux riffs rageurs éperonnant une rythmique enflammée, dans le sillage harmonique d'Amberian Dawn (seconde mouture), suit une sente mélodique immersive de bout en bout, à la sauce Within Temptation (première période). Magnifiée par les célestes volutes de la maîtresse de cérémonie, elles-mêmes densifiées par une chorale frelatée s'installant en creux pour ne plus nous lâcher, la mélodicité de l'instant prend tout son sens. Suivant une logique rythmique similaire, une emphatique orchestration se déploie sur « Seducing », dans la veine rythmique et harmonique de Delain, que l'on suit sans encombres. La belle prend alors de faux airs de Charlotte pour nous rallier à sa cause. Force est de constater que l'entreprise de séduction fonctionne à plein, sur une piste aussi enivrante que tumultueuse. Pour sa part, une ample instrumentation samplée nous accueille sur le martial et altier « Signals », vrombissant effort polyrythmique aux riffs crochetés d'inspiration nightwishienne. Un break ralentit le convoi orchestral avant de se faire submerger par la progressive et mordante reprise, réenclenchant, par là-même, un tapping martelant, ajoutant aux brûlures infligées par le diluvien instant.

Nés du désir pour le groupe d'élargir la palette de son offre stylistique, d'autres passages s'avèrent plus nettement calibrés heavy symphonique, chacun à sa manière. D'une part, le sculptural mid tempo « Iron Drops » déroule sa massive rythmique étreinte de riffs crépitants sertie de choeurs en rangs serrés, dans la lignée des dernières réalisations de Leaves' Eyes. Aussi est-on happé par la force des éléments suggérée par moult rampes synthétiques autant que l'on se noie dans une profusion d'effets sur ce titre où se meut une double caisse bodybuildée. Et la magie opère. D'autre part, roulent les tambours sur l'épique « Crossing the Air », titre calé sur une rythmique syncopée et déversant ses pénétrantes coulées synthétiques dans l'ombre harmonique de Nightwish, non sans rappeler « Dark Passion Play ». Sur un tracé mélodique propice à la captation de nos sens, rien ne semble interrompre la marche en avant de la belle, pas même le gorgonesque screamer tentant de s'interposer. Et la sauce prend, ici encore...

Lorsque il ralentit encore la cadence, le valeureux cortège sait trouver les mots bleus qu'il faut pour nous retenir plus que de raison. Ainsi, difficile de passer son chemin à l'aune du frissonnant appel de la sirène sur « These Walls », ballade romantique aux airs d'un slow qui emballe sur fond de soyeuses nappes synthétiques, laissant échapper çà et là quelques délicieux accords à la guitare acoustique et de superbes arpèges au piano. Un refrain catchy dans la veine d'un Delain de la première heure achève son entreprise de séduction tout en déclenchant le doux sentiment d'avoir à faire à un projet qui a pris de la bouteille. D'autre part, si la mise en route de la graveleuse power ballade « Beyond Death » est un peu lente, elle ne nous octroie pas moins de saisissants refrains, mis en exergue à la fois par les câlinantes patines oratoires de la déesse et d'enveloppantes et oscillantes nappes synthétiques. Surtout, l'esthétique mélodique de cette plage la rend éminemment accessible et fondante.

Dans un même mouvement, la séquence de fin en deux temps est à appréhender dans son unité, révélant au passage les talents d'arrangeurs de nos compères et ceux de la sirène eu égard à un spectre vocal qui semble s'être élargi et dont les inflexions enchantent aujourd'hui plus qu'hier. Ce faisant, un récitatif en voix féminine claire nous est conté sur l'apaisant et laconique « The Tale », agréable et opportun interlude semi-instrumental où volètent de papillonnants violons dans un bain orchestral aux doux et suaves remous. Un serein enchaînement nous propulse dans les entrelacs de la fringante et reluisante fresque de l'opus « Sleepless Son », ultime souffle du propos à cheval entre les habiles accords de Xandria (dernière mouture), les efficaces arrangements d'Epica et l'imparable empreinte mélodique de Delain. Ce foisonnant et rayonnant titre mélodico-symphonique progressif dissémine un tapping martelant le long d'une jouissive traversée en eaux bouillonnantes, que se plait à instiller la princesse de ses angéliques envolées, témoignant ici d'insoupçonnées impulsions semi-lyriques, s'autorisant même à toucher du doigt la note qui tue. Raison de plus pour remettre le couvert...

Mais, là n'est pas encore la fin du voyage. Ce serait oublier une dernière friandise à laquelle on ne s'attendait pas. Aussi, le saillant et flamboyant « From Moon », titre électro gothique à la façon d'Amaranthe, nous installe prestement sur le dance floor, provoquant dès lors un vigoureux déhanché surmonté d'un irrépressible headbang. On se plait alors à évoluer sur des braises incandescentes au gré des déambulations libertines de la princesse, dont les puissantes et chatoyantes impulsions répondent en écho aux exigeantes lignes d'écriture des portées. Sémillant instant s'il en est.


Si plusieurs passages semblent requis pour en déceler la substantifique moelle, ce second et joufflu bébé est rendu aussi accessible que stimulant, affichant une totale santé harmonique et mélodique. Encore imprégnés de leurs sources d'influence, il faudra à nos acolytes gagner en épaisseur artistique, personnaliser davantage leurs gammes et rendre identifiables leurs arpèges, pour espérer faire partie de la fine fleur du metal symphonique à chant féminin. Pour l'heure, les aficionados des grandes signatures de ce registre y trouveront de quoi se sustenter, caressés par le doux sentiment d'avoir affaire à une formation qui en a sous le pied et ayant désormais de quoi tenir la concurrence en respect. Bref, une formation à suivre de près, de très près...

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