Je ne vous ai pas chroniqué le premier EP d’
Abbygail sans raison, surtout qu’il commençait à dater… Il m'a permis de découvrir un groupe ayant un du potentiel et m'a aussi servi de support pour mieux apprécier l’évolution de notre groupe made in «
Pas-De-Calais », fier de nous présenter sa seconde œuvre : « Electyric
Lady ».
Presque 4 ans séparent les deux skeuds du groupe, stand-by qui aura permis à la p’tite de grandir, affinant son savoir-faire grâce aux nombreux concerts donnés, permettant d’entrevoir chaque soirs des queues de plus en plus longues au guichet, de quoi rendre envieuses les caissières de chez Auchan, preuve que son cercle d’amateur s’élargit et se convertit même en fidèles supporters.
Plus que le bouche à oreille, c'est la qualité de ses prestations et de ses compositions qui lui assurent une bonne promotion. Il était temps de proposer un matériel qui diffèrent du mini… mais pas trop quand même.
Comme toute évolution, celle d’
Abbygail a été ponctuée de changements, à commencer par le remaniement du line up. Non seulement la p’tite a usé son batteur, dont le remplaçant reste encore inconnu, et s’est vue abandonnée par
Jeremy Singer, qui avait pourtant écrit la majorité des textes d'
Electric Lady. Ce dernier a été remplacé au pied levé par Bertrand Roussel, et l’homme de la situation ne manque pas d’expérience scénique, ayant évolué dans de nombreux groupes locaux. Les amateurs du premier cd ne seront pas trop désappointé car les deux chanteurs possèdent la même tessiture, la même tonalité vocale et la même énergie, le chant de Bertrand Roussel dépasse toutefois son prédécesseur en terme de puissance.
Voilà pour la présentation d'une demoiselle ayant toujours plus de kilomètres au compteur, et, avant de s’intéresser au contenu quasi tout neuf, attardons nous quelques secondes sur l’écrin dans lequel «
Electric Lady » nous est présenté : un Digipack de toute beauté, sobre, simple et efficace. Le produit fini ne fait que renforcer l'idée qu’
Abbygail est bien décidé à enclencher la vitesse supérieure.
On retrouve ainsi la musique d’
Abbygail, dans toute son efficacité, mais aussi dans ses influences
Hard rock 70’S/ début 80’S qui sont chères au groupe . «
Dying Petal » annonce la couleur et va droit à l’essentiel : très lourd et puissant, carré, soigné sans artifices pompeux, rappelant les charges d’un
Led Zeppelin au sommet de sa forme. Le côté Heavy, qui manquait peut être sur le premier Ep est usité sur plus d’un titre, notamment sur le compact « Snakebit », ce n’est pas sans renier un goût pour la variété et la mixité des genres.
Abbygail continue à nous gratifier de compositions aux accents bluesy et gras, nous surprenant avec un « Give Another Shot » qui s’établit directement dans la lignée de nos barbus texans. Voici notre jeune demoiselle capable de créer des compositions à la fois imparables, éclectiques et surtout ouvertes, musicalement parlant, capable de rassembler le plus grand nombre. Le superbe « Whisperer » reste l’un des titres emblématiques de l’album, groovy avec un refrain dynamique qui vous restera dans le bulbe toute la journée et l’égayera très certainement. «Rock and Roll Man » reste également inscrit dans un
Hard Rock Vintage avec une couleur terriblement sucrée.
Seul rescapé du premier mini, le morceau « Something
Wrong In Your
Head », ici présenté en deux version, une première très peu remaniée et une seconde réarrangée en version acoustique peut être un peu plus dispensable… Cette power ballad directe reste le carton du groupe, mid-tempo, mature et puissante.
Les musiciens récemment recrutés semblent avoir pris très rapidement leur marque. Luke Debruyne guitariste de la formation et membre fondateur du groupe est toujours aussi à l’aise et étale sa virtuosité sur plus d’un solo, sans pour autant tomber dans le piège du déballage de plans totalement superficiels. Comme à l’image de chaque membre, il dédie entièrement son jeu au service des compositions et de leur cohérence sans se mettre trop en avant.
Le son, en particulier celui des guitares de Luke Debruyne et Guillaume
Rue, adopte un mordant très British. Le mixage et la production rendent enfin justice au groupe même s’il est encore perfectible, évitant le piège de la sur-production qui aurait probablement été préjudiciable à l’aspect vintage.
La personnalité d'
Abbygail s’affirme ainsi, se détachant foncièrement de se influences pour donner un contenu de plus en plus personnel. Pari réussi pour un groupe qui sait désormais varier les tempos et apporter un dynamisme qui faisait un peu défaut sur le premier Ep.
Pourquoi acheter le cd d’
Abbygail ? Parce qu’il redonne le sourire aux gens du Nord accablés par la tristesse environnante d’un paysage marqué au fer rouge par le destin et par la pluie. Et ce bonheur communicatif pourra également être transmis aux habitants du sud qui font souvent la tronche sans qu’on comprenne franchement pourquoi…
Electric Lady, Electric forcément,
Lady car finalement séduisant pour un second essai, à moins d’être relativement allergique au hard rock sous sa forme des plus traditionnelle et vintage.
Très bonne chro qui donne envie d'y jeter une oreille
Merci camarade. N'hésite pas c'est sympa comme tout, ils tournent pas mal au Nord de Paris.
belle chronique, depuis ils ont sorti un 2 ième album "gun control" qui est aussi bien sympas a écouter
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