Eifur

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17/20
Nom du groupe Fejd
Nom de l'album Eifur
Type Album
Date de parution 29 Octobre 2010
Style MusicalFolk Metal
Membres possèdant cet album65

Tracklist

1.
 Drängen och Kråkan
 03:58
2.
 Farsot
 04:13
3.
 Jungfru i Hindhamn
 04:37
4.
 Alvas Halling
 02:43
5.
 Arv
 06:57
6.
 Eifur
 03:46
7.
 Ledung
 04:42
8.
 Gryning
 04:45
9.
 Vårstäv
 01:43
10.
 Äring
 04:47
11.
 Yggdrasil
 03:16
12.
 Trollfard
 04:39

Durée totale : 50:06


Chronique @ AlonewithL

26 Octobre 2010
S’aventurer dans les bois, marcher là où les feuilles sont tombées, toucher l’écorce des arbres et y caresser sa mousse verdâtre. S’imprégner des sons de la forêt pour en devenir un élément intégrant. Chercher de vue la pointe des cimes et les rayons de lumière pénétrants dans cet environnement.
Pardonnez ce moment de divagation. C’est-ce qui peut arriver lorsque l’on écoute un peu trop souvent du « Fejd ». Je vais être moins rébarbatif, et m’étendre plus sérieusement sur le sujet que voici.

Pour ceux qui ne connaissent pas encore, « Fejd » est une jeune formation suédoise de musique folklorique, qui ne joue essentiellement qu’avec des instruments traditionnels suédois, dont l’origine remonte au lointain Moyen-âge. On y retrouve principalement le bouzouki (genre de luth à manche long dont on dispose plusieurs versions, en Grèce, en Irlande, mais aussi en Suède), mais également la nyckelharpa, instrument étrange et plus traditionnel de la Suède; un instrument à mi-chemin entre la vièle et le violon. Toujours pas de trace « métallique », à part peut être la basse (tout juste perceptible) et la batterie.

Le combo suédois le plus « folk » du moment nous arrive donc avec un 2ème opus, "Eifur", faisant suite à "Storm", particulièrement captivant pour les amoureux de chant rupestre et d’instruments folkloriques. Si "Storm" nous a fait découvrir une musique vibrante, « tourbillonnante » et aérée; "Eifur" est davantage feutré, presque confiné dans une clairière à l‘abris des arbres. Ceci en gardant l’insatiabilité magique de l’œuvre de 2009. IL faudra donc une écoute un peu plus attentive avant de directement succomber à l’enchantement. Pourtant on sent bien au fur et à mesure des pistes, que le groupe a indéniablement gagné en maturité et bénéficie au surplus d’une bien meilleure qualité de production.

A l'égal de la mise en éveil de "Storm", le Hurdy-Gurdy (vielle à roue) ouvre cette nouvelle séance de la nature. Premiers titres à l’écoute et premier constat: Le chant de Patrik Rimmerfors ainsi que la musique ont adopté ensemble un ton plus serein que sur le précédent opus.
Patrik, également multi-instrumentiste, gagne en assurance. Le chant est bien plus limpide, tout en conservant un côté tout aussi rupestre, à faire rouler les « r » et à jouer sur les excès d’intonations, prononçant ses paroles en petites vagues successives.
Le chant se rangera à une marche lente et solitaire sur l’énigmatique « Varstäv », prémices du titre suivant « Äring ». Un chant semi-essoufflé interrompu par les sifflements de flute, qui pourraient s’apparenter à celui d’un oiseau du fin fond des bois.
Chant et instruments à corde chercheront soigneusement à s’éviter, s’interrompant mutuellement au grès des pistes. Le refrain sera l’instant de coordination, un concentré vif de féerie, où les sons sont prélevés à chaque recoin, offrant un socle inébranlable au chant qui pourra librement et ouvertement ressortir. Plus fameux encore sur « Gryning » que sur les autres pistes.
Le chant ne sera pas confié au seul Patrick Rimmerfors. Niklas Rimmerfors, le frère, lâchera temporairement et successivement sa nyckelharpa pour chanter quelques passages de sa voix sèche et rude sur la cavalcade « Yggdrasil ».

Il n’y a plus autant de bourrasques de notes que l’on pouvait préalablement entendre sur "Storm". Le groupe misera plus sur l’approfondi et sur la mélodie. On convie à ce sentiment avec un titre comme « Drängen och Krakan »; un sens inégalé de l‘harmonie, contrôlant la moindre fougue. Le bouzouki et la nyckelharpa vont le plus souvent se relayer aux côtés des autres instruments (notamment des sons de flutes sur « Eifur ») , se croiser lors de petits passages instrumentaux prédéterminés. La nyckelharpa s’occupera de la partie mélodique avec ses sonorités graves frottées et le bouzouki de la partie rythmique.
Un instrument « classique » diront nous, fait une grosse impression. Il s’agit de la batterie, qui fait claquer avec force ses coups, plus du tout comme un point de repère, mais bel et bien comme un membre à part entière de cet orchestre de la nature. Son côté brutal, bestial dirons nous. Elle est éminemment perceptible et mis au premier plan sur le tonifiant « Jungfrau i Hundhamn », un trésor véritablement, où la puissance de tous les éléments en action emporte tout.
La batterie s’illustrera encore par la suite, dans une approche différente, à la baguette et à la discipline, par un simple battement primaire en accompagnement du chant sur les couplets de « Arv » et de « Äring », juste avant que les mélodies de nyckelharpa et de bouzouki ne se déversent littéralement sur les pistes.
A cela s’ajoutera un léger fond au synthé, agissant momentanément pour « moderniser », ou plus exactement pour harmoniser le produit. Une ambiance cristalline, une nappe d’eau souterraine qui ressource discrètement la forêt ainsi que les refrains de « Farsot ».

Un deuxième instrumental, bien après le luxuriant et sauvage « Alvas Halling » en guise de fermeture: « Trollfärd », qui malgré la multitude et la vie qui s’en dégagent, nous adresse un triste adieu. Un dernier chant d’oiseau, dernier son de flute avant de tourner le dos au monde végétal, au refuge animal, de rejoindre les lumières artificielles et proliférantes de la civilisation.

"Eifur" est la confirmation du premier album, sans être pour autant son prolongement. Le groupe est en réussite et ne cesse de progresser dans ses arrangements, semblant même avoir su calibrer un son qui aurait pu paraitre un peu trop indomptable dans ses tous débuts.
Cet album pose le cadre qu’il manquait à ce paysage dessiné, coloré et peint par des instruments en partie antédiluviens, dont on découvre une nouvelle fois la richesse inexploitée.

16/20

25 Commentaires

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SarahC - 28 Octobre 2010: bravo pour ta prose, ça donne envi de découvrir!!!
AlonewithL - 29 Octobre 2010: Je te félicites pour cette ouverture.
 
mariosmash - 19 Décembre 2010: Un bel album, tout comme storm que j'écoute depuis un momment^^ belle chronique en tout cas.
sadchimaira - 18 Avril 2011: GG Sioutepy continue!
AWL : j'ai eu la même réaction quand j'ai écouté Eifur, j'avais déjà Storm depuis un moment
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