Edge of the Obscure

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Nom du groupe The Interbeing
Nom de l'album Edge of the Obscure
Type Album
Date de parution 01 Mai 2011
Produit par
Enregistré à Hansen Studio
Style MusicalCyber Metal
Membres possèdant cet album20

Tracklist

1. Elusive Atmosphere 01:20
2. Pulse within the Paradox 04:52
3. Tongue of the Soiled 04:42
4. Face Deletion 05:01
5. Fields of Grey 05:28
6. Shadow Drift 04:44
7. Swallowing White Light 05:29
8. In the Transcendence 03:07
9. Celestial Flames 04:25
10. Rhesus Artificial 04:33
11. Ledge of Oblivion 03:14
Total playing time 46:55

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The Interbeing


Chronique @ Matai

05 Juillet 2011

La révélation cybernétique danoise

Formé en 2001 par Dara Toibin, Torben Pedersen et Jacob Aa Hansen, The Interbeing n'était juste qu'un élément de plus dans la sphère du metal danois, avant la sortie de leur première démo et l'obtention de plusieurs prix, dont le Danish Metal Awards, l'Underground Music Awards ou le Royal Metal Grand Prix. Dix ans plus tard, la formation devenue quintette arrive sur le devant de la scène afin de développer un son déroutant, influencé par différents styles musicaux.

En effet, dès les premières écoutes, nous retrouvons facilement à l'intérieur de ces onze morceaux, les riffs syncopés et polyrythmiques de Meshuggah, des mélodies à la Soilwork, des parties industrielles à la Fear Factory voire Sybreed, ainsi que de forts relents metalcore. Du neo-thrash à tendance metalcore donc ? On pourrait dire ça, même si l'album et la musique de The Interbeing restent riches et ne se limitent pas qu'à cette étiquette-ci...

Car à travers ce style particulier, ce genre de metalcore industriel moderne, nous nous retrouvons en plus avec de forts accents cybernétiques, la faute aux nombreux éléments indus aux claviers, à cet aspect froid, mécanique et futuriste, à l'alternance chant crié/clair/synthétique, à ces ambiances déshumanisées, sombres et perdues...The Interbeing, même si piochant dans différents styles, originalise le cyber metal en cette année 2011, lui donnant plus de force, d'intensité et d'agressivité...

Ici, comme une majorité de groupes cyber, la musique suit un concept et un certain type de parole. « Edge of the Obscure » n'est autre que l'arrivée d'une nouvelle ère pour les personnes les plus décharnées...le concept met en avant une entité de fiction, mi machine-mi humaine (la pochette la représente bien), entité que nous suivons du début à la fin de l'album. « Ledge of Oblivion », dernier titre, n'est autre que le passage de la créature de « l'autre côté », après que nous l'ayons suivi dans la dystopie et des mondes distincts. Le côté obscur donc, n'est autre que le passage vers ce monde sombre et oublié, dans lequel règne une imposante et perpétuelle éclipse de soleil.

Cela ne vous dit rien ? Un certain groupe français, Fractal Gates, bien qu'officiant dans un melodic death, avait exploité ce genre de concept avec un « Altered State of Consciousness » (le livret en est le plus belle exemple) grâce à une production signée Jacob Hansen dans ses propres studio. La relation ? Rien à voir avec le bassiste Jacob Aa Hansen (il y a de quoi se tromper avec un patronyme presque identique!) mais le sieur a produit ce "Edge of the Obscure" ainsi que des groupes tels que Volbeat, Mercenary, Clonecircle ou Hatesphere...

Jetons maintenant une oreille plus attentive à la musique, attachée par de solides chaînes à ce concept atypique. Dès l'introduction « Elusive Atmosphere », l'auditeur se retrouve plongé dans un monde obscur et étouffant, les claviers en arrière plan et les bruits étranges ne pouvant être qu'un pas de plus. Cette intro cybernétique est suivie de près par un « Pulse Within the Paradox », résultat de la fornication de Fear Factory, Meshuggah et de Trivium version cyber. Étonnant mais pas si original que ça, rien que le passage aux alentours de 03:05 aurait pu apparaître dans le « Chaosphere » de Meshuggah, tandis que le reste est du FF tout craché.

Toutefois, ce morceau est sans doute le seul à approcher de près les frontières de ces groupes, le reste étant tout de même plus personnel, malgré les riffings du même acabit. Brutal, ambiancé, synthétique, électronique, futuriste, apocalyptique...les morceaux s'enchaînent avec une violence inouïe et décapante, tels des lames de rasoir, à la manière d'un Sybreed en plus poussé, comme en témoigne « Tongues of the Soiled » . Ne vous attendez donc pas à un metalcore niais et peu original comme on en a l'habitude d'entendre ces derniers temps. La facette core est exploitée à bon escient, sans atteindre l'over dose, au sein de ce cyber neo thrash.

Si un « Fields of Grey » et son intro futurico-mécanique émotive nous propulse dans une déflagration étonnante de riffs syncopés, et de cris déshumanisés jusqu'à un refrain fort et poignant, « Swallowing the Light » n'est autre que l'approche continue vers les terres sombres précédemment évoquées. Ce titre marque la moitié de l'album et montre une approche beaucoup plus sombre et torturée, plus robotique et déstructurée. The Interbeing se fiche donc des codes et mélange encore et encore ses influences avec des éléments beaucoup plus personnels et originaux. « Celestial Flames » marque un véritable contraste avec son riffing syncopé, ses éléments electro, et son refrain destructeur. Remarquez...nous sommes avec cette créature, près de ce monde et de cette éclipse salvatrice.

L'aventure se termine en douceur et en ambiance avec un « Ledge of the Oblivion » torturé. Les cris décharnés et presque étouffés en fond renforcent l'aspect mélancolique et désolé (« oblivion » étant l'oubli), les riffs sont continu et désorientés, aseptisés, procurant un aspect technologique, et les mélodies et les arrières plan, si on élude les parties guitares (comme au début et à la fin du morceau), peuvent évoquer un « Oxygene » d'un certain Jean-Michel Jarre...

Une très bonne révélation danoise dans le domaine du cyber metal, un genre qui s'étend, s'étend, s'étend...Ce « Edge of the Obscure » signé chez Target Distributions/Mighty Music reste un album puissant et monstrueux, fait aux petits oignons, où la fusion des instruments, du concept et des styles est des plus réussie, même si les influences sont là. A découvrir donc, et à suivre de très près !

14 Commentaires

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Dark_Acid - 31 Juillet 2011: Sans aucun doute un des melleurs album (de métal) de l'année 2011 que j'ai écouté avec ceux de Essence (DK) et Grievers
Apophis2036 - 21 Septembre 2011: J'ai finalement commandé un exemplaire de cet album, il devrait à coup sûr ravir une personne aussi éclectique que moi s'il t'a autant plu :)
Matai - 21 Septembre 2011: Je l'espère! =)
Beus - 17 Fevrier 2014: Féru de Thrash et Death en tout genres, j'avoue avoir bien accroché à cet album dès les premières notes. Riffs syncopés, gros son, un timbre de voix accrocheur, une ambiance que je qualifierai de "fraîches" et porteuse... Bref, ça fait un moment que cet album fait partie intégrante de ma cdthèque. Metal Way!
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Chronique @ Satanistar

06 Septembre 2013

The Interbeing pousse le concept du cyber metal dans ces retranchements.

S'il est un talent que The Interbeing possède dans son esprit refroidi par la moiteur industrielle et les tempêtes d'acides chlorhydriques, c'est celui d'embarquer le voyageur interstellaire au cœur d'une nova et d'un monde post apocalyptique décadent, où la machine a pris le pouvoir avec une complaisance surprenante. Sombre destin que de se mettre dans la peau volatile d'un homme traqué et détruit par cette vulgaire enzyme mécanique qu'est l'évolution.

Les danois signent donc leur retour dans un concept album que beaucoup salueront comme le chaînon manquant d'un cyber metal aux atmosphères apathiques ; autrement dit un croisement bâtard entre la polyrythmie de Meshuggah et les funestes abstractions d'un Sybreed conquérant. Nous suivons ainsi le passage de l'autre côté du miroir (de la dimension ?) d'un John Doe mi-homme mi-machine, une entité humanoïde dénué d'émotions et s'en allant vers les méandres tortueuses de l'inconnu. Un voyage simiesque, dont le destin a d'ores et déjà été inscrit dans le manuscrit de l'univers, se fera sur le pont de l'obscur.

Embarquons...

L'introduction bruitiste s'empare de la créature et active son cortex préfontal afin d'illuminer sa conscience gelée par les affres d'une vie tourmentée. Les premières pulsions se font ressentir (« Pulse Within the Paradow ») dans une espèce de metalcore survitaminée. Un cataclysme rondement bien produit et coulée au milieu de samples et sonorités cybernétiques fusionne pour un final que n'aurait pas renié Meshuggah. Ça y est, la démarche est encore timide, mais le pas se fait de plus en plus certain au fil des minutes. L'électronique se fait plus présente, sans toutefois dénaturé le mur de son imposé par les guitares et les imposants vocaux de Dara Toibin. Hurlant et déchirant à la fois, la voix conditionne notre être, la domine de la façon la plus infâme qui soit. Presque aisément, elle pourrait être l'élocution dépersonnalisée de l'ordinateur central, celui qui contrôle la moindre parcelle de ferraille robotique (« Tongue of The Soiled » et son atmosphère « fear factorienne »).

Comprenons...

La peur et l'ignorance sont venus à bout de notre espèce. L'homme a certes toujours eu peur de l'avenir, mais surtout et avant tout de lui même. Un sentiment de crainte véhiculé par une cohorte d'avancée technologique provoqua irrémédiablement la chute d'une nation qui se croyait indestructible et immortelle. Le monde a changé, la créature continue sa marche inéluctable et contemple l'anarchie (tel le héros de la fresque de Hord]) à travers une vision sanguinolente, preuve que la robotisation n'est pas totale. The Interbeing se retrouve ainsi bien souvent sur le fil du rasoir entre styles différents et climax sombres et étouffants, presque insupportables par moments (le pénible instrumental « In the Transcendance »). Il sait toutefois réagir et redonner une nouvelle jeunesse à notre quidam automatisé pour l'emmener au bout de son périple ( le refrain plein de désespoir de « Celestial Flames », le neurasthénique et inquiétant « Ledge of Oblivion » ).

Abdiquons...

Ceci étant, l'expédition prend fin et la souffrance s'estompe. La part d'humanité de notre John Doe a vraisemblablement disparu, simplement condamné à ne plus rien ressentir. Qu'il en soit ainsi pour une humanité pervertie qui finira par tomber dans un gouffre profond, celui de l'éloignement et du conditionnement. The Interbeing pousse le concept principal du cyber metal dans ces derniers retranchements et assoie son contrôle sur les masses. Il va de soi qu'avec un premier album aussi bien maîtrisé l'attente d'une prochaine mécanisation sera longue.

Si vous lisez ceci c'est que je suis déjà... robotisé.

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