Dans le sillage des
Immortal,
Burzum,
Darkthrone ou encore
Satyricon, une cohorte de groupes norvégiens s’engagent dans la voix du Black
Metal, mais là où la mode est à la surenchère dans la vitesse, les corpse paints outranciers ou la provocation pure et simple,
Dismal Euphony évolue dans un registre atmosphérique, teinté d’influences
Gothic.
Rapidement leur démo
Spellbound tape dans l’œil de Markus Riedler et de son écurie montante
Napalm Records (
Abigor,
Nastrond,
Setherial,…), qui décide de represser l’objet sous la forme d’un EP sobrement intitulé
Dismal Euphony (1995).
Constitué de deux hommes et deux femmes,
Dismal Euphony joue sur cette ambivalence et propose un Black sombre mais subtile, guidé par le chant susurré de Keltziva et le clavier envoûtant de la regrettée Elin Overskott. Sous des atours Black symphonique / atmosphérique, A
Winter’s Tale développe un thème épique où le chant hargneux de Falkvor répond aux murmures de Keltziva.
Le chant féminin s’est par la suite démocratisé à grande échelle avec l’avènement des
The Gathering /
Theatre Of Tragedy /
Tristania, mais chez
Dismal Euphony c’était quasiment une première, à ce titre on peut d’ailleurs considérer qu’avec
Gehenna, ce sont les deux groupes qui ont semé les graines du Black
Metal atmosphérique.
Enregistré au Soundsuite Studio de Terje Refsnes (qui vient d’accueillir
Gehenna pour leur MCD First
Spell), cet EP est doté d’une production particulièrement fine, permettant de distinguer les instruments sans gommer le caractère authentique du son, la basse virevoltante est d’ailleurs un atout majeur de ce 3 titres. Loin d’être une entité expérimentale, le combo de Stavanger a déjà mûrement réfléchi sa musique, les titres composés entre février et décembre
1994 délivrent une musique mêlant brillamment atmosphère glacée Black
Metal et mélancolie
Gothic. Même si ces 17 minutes sont un peu courtes,
Dismal Euphony est un concentré d’émotion,
Spellbound possède même un côté
Dark / Folk, entraînant l’auditeur dans un voyage nocturne qui fourmille de dangers dès lors que l’on quitte les chemins éclairés…
Sorti de nulle part, ce remarquable EP possède simultanément une candeur et une force originelle profonde, un petit plus capable de charmer les oreilles. Non seulement
Dismal Euphony a essuyé les plâtres du
Gothic / Black, mais il en a extrait la quintessence dès ce premier 3 titres. La suite de leur carrière ne retranscrira hélas que partiellement ces atmosphères envoûtantes, avant un enterrement de première classe chez
Nuclear Blast quelques années plus tard.
BG
All Little Devils je le supporte pas celui-là, c'est la période la plus aseptisée du groupe, même Python Zero est meilleur, c'est dire....
Concernant Soria Moria Slot je l'avais en k7 originale mais n'ai jamais vraiment réussi à rentré dedans, pour Python Zero il faudra que je le réécoute mais je l'ai trouvé moins inspiré (-:
Dismal Euphony, ça fait partie de ces "rattrapages" pour lesquels il faut que je remonte le temps.
J'avais découvert le groupe avec le mini Lady Ablaze (assez intéressant dans un registre moderne avec touches ambient / electro et de bonnes idées) et le full-length All Little Devils chiant et sans saveur, j'étais pas allé plus loin.
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