Le death métal à de nombreuses écoles qui lui sont dédiées partout dans le monde. En effet celles des Pays-Bas, de la Pologne, d'Amérique du Sud, etc … oeuvrent toutes pour son ascencion au trône du métal de la mort. Cependant si notre style favori est aussi développé actuellement, nous le devons à nos « Harvard » et « Yale », ses deux plus vieilles institutions, à savoir les Etats Unis et la Suède. Cette dernière à bien évidemment été le berceau de futurs géants à l’images des Grave,
Entombed,
Dismember et autres
Unleashed. Cependant
Nominon, formation crée en 1993 par le guitariste Juha Sulasalmi n’a pas a être jaloux de ces derniers et ce même si le succès les a un peu laissés de côté. Je m’explique.
Pas moins de six années séparent la création du groupe et son premier album. Mais durant ce laps de temps le formation n’a pas chômé puisqu’au total cinq démos sont sortis entre temps. Ces efforts auront malgré tout permis au combo de faire la première partie de
Dismember ou de
Dissection. Cependant malgré ce manque de renommée nos cinq suédois parviennent à décrocher un concrat avec le label brésilien X-treme Records en 1997. Cette signature débouche en 1999 avec la sortie du premier album de
Nominon,
Diabolical Bloodshed, enregistré au mythique Sunlight Studio (
Entombed,
Dismember,…).
Même si la pochette de Joe Petagno (ayant réalisé les pochettes de groupes aussi divers que Motorhead ou AngelCorpse) apparait comme sanguinaire et brutal, nous n’avons pas à faire ici à des
Cannibal Corpse bis, loin de là. «
Diabolical Bloodshed » appartient bien à la vieille tradition du death old school suédois. Pénétrons maintenant au cœur même de ce premier opus de
Nominon.
L’album s’ouvre sur le terrible « Malicious
Torment » qui démarre tel un moteur en furie. En effet les guitares incisives de la paire Mattson/Sulasalmi ne laissent aucun temps mort sur lesquels Emil Dragutinovic (oui oui, c’est bien le futur batteur de
Marduk et
The Legion) martèle son instrument, le tout accompagné du growl de Niklas, gras et puissant ayant recours à de nombreuses variations dans ses lignes de chant pour un résultat du plus bel effet. Cependant derrière cette bestialité nordique se cache beaucoup de subtilités et de groove. Ainsi les morceaux de «
Diabolical Bloodshed » peuvent côtoyer le black/death avec des titres comme « Sodom’s
Fall » ou « Son of the
Dragon » . D’un autre côté une chanson comme « No Holy
Ghost Shall Rise » fricote avec le death mélodique, proche de
Dismember tandis que «
Cemetery of
Life » fera ressortir un côté résolument sombre et evil plus qu’agréable.
L’hérésie pour un album de « Swedish death metal » pourrait même être atteinte car quelques éléments par ci par là frôle le technique et comble des combles le progressif à l’image du colossal dernier titre « The Sufferer » que l’on pourrait qualifier de « piste à tiroir » tellement les changements de rythmes sont nombreux.
Cet album apparait donc comme un melting-pot de divers influences. Cependant le tout reste résolument fidèle à son berceau, le death metal suèdois, cela étant bien sur grandement aidé par le lieu d’enregistrement et de mixage, le célèbre Sunlight Studio, véritable lieu saint pour les groupes death métal nordiques des nineties.
Injustement méconnu de la grande partie de la scène death métal,
Nominon réalise pourtant une très bonne galette en cette année 1999, nous lâchant un death metal sans compromis dans la plus pure tradition de Stockholm. Cependant onze années ont passées et
Nominon est toujours là, fidèle au poste et à l’école qui les a vu naitre, influencée et lancée dans le grand bain. De ce line up terriblement efficace ne reste désormais plus que le guitariste et fondateur, Juha Sulasalmi qui continue sans cesse de prouver au monde du death metal que
Nominon vaut largement le détour et ainsi obtenir la reconnaissance tant méritée, ce qui aurait dû être chose faite en 2007 avec l’excellent «
Terra Necrosis », mais ça c’est une autre histoire …
15/20
Fabien.
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