Seth Ect est un véritable ovni dans le monde du metal, que ce soit en Occident ou en Orient, osant l’impensable en mélangeant deux styles antinomiques et peu exploités, à savoir le cyber metal, symbole même du futur et du synthétique, et l’oriental metal, représentatif de l’authenticité, du folklore et de la chaleur moyen-orientale. L’album «
Godspeak » sorti en 2011 dépassait les limites en livrant une musique à la croisée des mondes et des styles, entre black, death, cyber et oriental, originale et expérimentale à souhait. Cette année,
Seth Ect ne met pas de côté son identité mais va encore plus loin dans l’expérimentation avec son nouvel EP « DimyéthrilTriptamine » portant le nom d’une substance psychotrope puissante.
Les nouvelles compositions des Turcs peuvent nous apparaître comme de véritables hallucinations tant elles semblent venir d’un autre monde. Distordues, mythologiques, futuristes, aériennes, écrasantes, colorées, grises, les ambiances vont et se dilatent à travers le temps et l’espace. Nous découvrons une fusion très aboutie d’éléments traditionnels orientaux (comme les percussions, les mélodies, les chœurs, les sitars, oud, bouzouki et autres instruments du genre) et d’éléments électroniques (technoïdes, cybernétiques, dubstep…). D’ailleurs, ce sont vraiment ces deux styles qui ressortent le plus des morceaux de
Seth Ect, les musiciens mettant de côté les parties metal. En cela, l’Ep peut se découper en deux parties.
La partie metal, tout d’abord, à savoir les deux premiers titres «
Warning » et « Orison III ». C’est indéniablement extrême mais il est beaucoup plus difficile de discerner un style précis. Ce n’est ni vraiment death, ni vraiment black, ni vraiment –core d’ailleurs. Le chant se situe entre le cri black et le scream et les guitares sont beaucoup moins agressives par rapport à «
Godspeak ». Ici, elles se contentent d’apporter une touche puissante et tranchante, et suivent de façon prioritaire tous les éléments électroniques et ethniques. Les riffs se mélangent donc à l’électro syncopée et saturée très dubstep et aux percussions et autres mandolines. Le rythme manque légèrement de vélocité mais avec son style cassé et déstructuré, il permet à l’auditeur de ne pas trop s’ennuyer. Il faut aimer ça…
La seconde partie est plus atmosphérique, entre world music et electro ambient. Peu de guitares donc mais une expérimentation reposante nous emmenant à la fois dans le passé et dans le futur. Le côté oriental, avec ses chants traditionnels féminins, ne fait qu’un avec les mélodies électro hypnotiques. Et lorsque le rythme s’accélère, c’est pour mélanger beat électro et percussions arabisantes, nappes ambiantes et bidouilles étranges, ainsi que des réminiscences du metal que
Seth Ect affectionne, à savoir la basse et la distorsion des guitares.
« DimethrylTriptamine » est un Ep très particulier et assez éloigné de l’album «
Godspeak ». On reconnaît malgré tout l’identité de
Seth Ect et sa fusion réussie d’electro-cyber et de metal oriental, sauf que les Turcs (désormais Allemands) en rajoutent une couche niveau atmosphères et expérimentations, attirant d’une part les aficionados de musiques étranges et repoussant, d’autres part, les inconditionnels de metal pur et dur…un EP à double tranchant donc.
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