Et bien, ça alors, pour une surprise !...
Je n'attendais pas grand chose (voire rien du tout), de ce nouvel album des finnois de
Twilight Ophera, que j'avais toujours considéré comme une formation de seconde zone.
Il faut dire qu'après un "Midnight Horror" calamiteux, sorte de vulgaire ersatz de
Cradle Of Filth et
Children Of Bodom répétitif, à l'inspiration inexistante et à la production minable (ah, ces fameux sons de claviers Bontempi …), suivi d'un "
The End of
Halcyon Age" bien mieux produit, plus efficace, mais manquant terriblement de personnalité et les faisant honteusement passer pour les Iznogoud du black symphonique (du genre : "je veux être
Dimmu Borgir à la place de
Dimmu Borgir"), il aurait été pure folie de miser ne serait-ce qu'un kopeck sur cet espèce de canasson boiteux que l'on croyait destiné à demeurer un éternel tocard (et encore, je ne peux émettre d'avis sur le premier album "Shadows Embrace the
Dark" que je n'ai jamais eu l'occasion d'écouter, mais qui n'a apparemment laissé de souvenir impérissable à personne).
Je pensais franchement que ce groupe était en train de creuser sa propre tombe et allait finir par s'enterrer tout seul… Monumentale erreur !
Car le pauvre vieux canasson a fini par en avoir assez de sa condition de tocard et a travaillé dur, s'est acharné à bosser comme un malade pour devenir un pur-sang fougueux, à la puissance herculéenne et à la hargne sans borne.
Epaulé par "
The Order of the
Sanguine Diadem" (une sorte de congrégation rassemblant de nombreux musiciens finnois, dont notamment
Lord Heikkinen, officiant chez
Gloomy Grim et
Soulgrind, ainsi que H.J. Villberg, chanteur du génial
Diablerie),
Twilight Ophera fait preuve sur ce "
Descension" d'une imagination et d'une inspiration que personne, mais alors absolument personne, ne leur soupçonnait.
Dès les premières secondes, la machine de guerre fait parler la poudre : point d'intro orchestrale superflue sur "Charagma", ça tranche directement dans le vif avec un fulgurant black/death/heavy alternant passages rapides et lourds, doté d'une diversité vocale étonnante (du chant extrême au chant clair), sublimé par des claviers démesurément symphoniques et des chœurs grandioses. Le ton est donné et la tension ne tombera jamais au cours des neuf autres titres constituant cet excellent album.
La suite présente globalement tous les ingrédients décrits précédemment, à des dosages plus ou moins prononcés selon les morceaux.
Pas grand chose qui n'ait déjà été entendu, certes, mais les compositions sont tellement bien réalisées, avec le bon arrangement, le bon timbre de voix tombant systématiquement au bon moment et des structures progressives captivantes, que l'on ne peut qu'être séduit. D'autant que
Twilight Ophera parvient à apporter sa touche personnelle au travers de certaines voix claires énigmatiques voire troublantes (comme sur "
Mirage of Moira", "
Born of
Brimstone Womb" et "SYN"), et surtout par ce sens symphonique démesuré, se déclinant en orchestrations furieuses ou en nappes envoûtantes, et qui trouve son apothéose sur le bouquet final "Silhouettes of
Paradox Craft" d'une rare intensité. Pour retrouver une telle ampleur, il faut remonter aux premières œuvres de
Limbonic Art et
Emperor, ou aller chercher celles des (injustement) méconnus
Obsidian Gate et
Bishop Of Hexen. Et je ne peux que saluer le travail titanesque réalisé par le claviériste Timo Puranen (le même bonhomme qui jouait encore du Bontempi sur "Midnight Horror" il y a de cela quelques années… Que de progrès !).
Une seule écoute est loin d'être suffisante pour capter et assimiler les innombrables détails que comporte cette œuvre riche, dense et impeccablement enregistrée (je pense notamment au mixage qui a du être un sacré casse-tête).
Une véritable claque, qui fait d'autant plus mal qu'on ne l'a pas vu venir !
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