Hibria est un groupe brésilien de power-metal. En 2004, le groupe sort la bombe «
Defying the Rules », un album technique et puissant. D’emblée,
Hibria se positionne alors comme un des grands espoirs de la scène power-metal.
Contrairement à beaucoup de groupes du genre,
Hibria a choisi comme thème de cet album les motards.
Pas de combats contre des dragons ici, mais des combats à moto ! L’histoire, bien que basée sur des personnages de facture classique (le méchant, le jeune héros au destin prodigieux), a le mérite d’être originale et de changer un peu des poncifs du genre.
Le thème colle parfaitement à la musique brute de décoffrage d'
Hibria. Loin d’un power-metal symphonique parfois un peu maniéré, «
Defying the Rules » est 100% rock’n’roll.
Pas de synthés, pas de chœurs, pas de violons. Juste un groupe qui joue à 200 à l’heure. Résultat, le tout est très technique de bout en bout. Les riffs sont impressionnants de vélocité, tant à la guitare (« Change your life line », «
Millenium Quest », «
Defying the Rules ») qu’à la basse (« A
Kingdom to Share »). Le côté technique laisserait craindre une musique un peu froide ou sans âme. Ce n’est pas le cas ici. Le chant est accrocheur et mélodique et certaines parties instrumentales sont particulièrement réussies (les solos «
Millenium Quest » et l’intro de «
Defying the Rules » sont magistrales par exemple).
Derrière ce côté rapide et technique se cache quand même une profondeur. Il n’est pas rare que les intro possèdent plusieurs riffs ou une petite partie solo qui complète l’ensemble («
Millenium Quest », «
Steel Lord on Wheels », « A Kindom to Share »). Bien que directe, la musique d’
Hibria n’est pas si simple dans sa construction qu’elle n’y paraît au premier abord. Quelques morceaux plus longs et plus progressifs se montrent à la fin de l’album («
The Faceless in Charge », « Stare at Yourself »). Quelques mid-tempo viennent compléter l’ensemble afin de varier les plaisirs (« A
Kingdom to Share », « Highspeed Breakout »). Toutes ces choses font que lorsqu’on écoute cet album pour la première fois, c’est une véritable claque !
Malgré toutes ses qualités, «
Defying the Rules » peut vite devenir crispant. En effet, le côté rock’n’roll, marque du groupe, est vite fatigante. Sans synthé, sans chœurs, sans pause, sans ballade, sans partie acoustique, l’album manque cruellement d’air. Cela est accentué par le fait que le groupe ne se repose jamais. Même les mid-tempo semblent lancés à 200 à l’heure (« A Kindom to Share »). De même le chant est toujours puissant et poussé à son paroxysme, manquant de passages plus calmes, graves et posés.
Le côté rock’n’roll donne un son très brut à l’ensemble. On appréciera d’entendre aussi distinctement la basse virtuose de Marco Panichi. Je suis plus réservé en revanche sur le traitement de la voix d’Iuri Sanson, boosté à la réverb. Comme il n’est pas soutenu par des chœurs, ni des violons comme d’autres groupe, cela peut se comprendre. Mais il peut en résulter un côté irritant au fur et à mesure des écoutes.
Malgré ses défauts, inhérent à son statut de premier album, «
Defying the Rules » est un album magistral, brut de décoffrage, à découvrir. Il est cependant dommage que le groupe ait réitéré ses erreurs pour son deuxième opus, ratant au passage l’occasion de devenir un des fers de lance du mouvement power-metal.
Le top du top! Cliché mais génial!!
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